L’année 2025 avait commencé dans la douceur et s’est terminée avec un enchaînement de perturbations d’ouest qui ont apporté de belles quantités de neige sur le Valais, au Sud et en Engadine. Le mois de janvier s’est achevé sur un excédent de précipitations en Suisse romande, à l’exception de la vallée de Conches.

Deux longues séquences anticycloniques ont permis aux régions de montagne de bénéficier d’un généreux soleil et de douceur tandis que les régions de basse altitude du Nord des Alpes étaient recouvertes d’une épaisse couche de stratus parfois tenace.

Le printemps a fait son apparition dans la première décade du mois de mars, avec beaucoup de soleil et des températures très douces. Vers la mi-mars, un intermède hivernal a apporté de la neige jusqu'à basse altitude. Tout au long du mois, le foehn a fréquemment soufflé en Valais et sur le versant nord des Alpes, offrant parfois de jolis nuages lenticulaires au-dessus des Alpes. Et pour compléter la palette météorologique de ce mois très changeant, un épisode de poussières sahariennes a temporairement ensablé le ciel.

Mi-avril, des précipitations abondantes par barrage du sud se sont produites en Valais et ont même débordé jusqu’aux bernoises. Cette situation très dynamique faisait l’objet d’avis de danger de degré 5, niveau d’avertissement très rare. Par effet d’isothermie, la limite des chutes de neige s’est abaissée jusque dans la plaine du Rhône, avec des cumuls exceptionnels à toutes les altitudes.


Le mois de mai 2025 a débuté avec un temps ensoleillé et très chaud. Ces conditions estivales sous l’influence d’une zone de haute pression s’étaient déjà installées dans les derniers jours d’avril et se sont maintenues jusqu’au 2 mai. Les températures maximales journalières ont atteint 25 à 26 °C dans de nombreuses localités des deux côtés des Alpes le 1er mai. Localement, on a même enregistré plus de 27 °C. Bâle a enregistré 27,7 °C et Biasca 27,5 °C. S’en est vuiei une période plus humide avec le retour de pluies, bienvenues pour compenser le un déficit à la suite d’une période de 3 mois particulièrement sèche. En conséquence, le développement de la végétation a été très rapide, avec les foins les plus précoces depuis le début des observations en 1956.

Le 28 mai, l’effondrement du glacier du Birch a enseveli le village de Blatten dans le Lötschental. Notre station de mesure météorologique relativement récente qui s’y trouvait s’est éteinte plusieurs jours après, noyée dans le lac qui s’était créé en amont de l’éboulis.

Le 15 juin, une ligne d’orages violents a mis fin à la première vague de chaleur de l’été 2025. Sur son passage à travers le nord des Alpes, cette ligne a provoqué fortes rafales et grêle. A Neuchâtel, une rafale de 140 km/h a été relevée, signant un nouveau record pour cette station. Le site de Festi’neuch avait été évacué à l’approche de cette structure orageuse particulièrement menaçante.

Mais où est passé l’été ? C’est la question que beaucoup ont posé en juillet 2025. En effet, un temps perturbé a dominé avec par moments des bouffées de fraicheur et d’humidité. Le différentiel de température entre les eaux relativement chaudes des lacs et l’air plus froid affluant au-dessus a fait ponctuellement apparaître de jolis phénomènes, comme des orages par effet de lac ou encore des trombes lacustres.
Le mois d’août a été globalement chaud en toutes régions. Une vague de chaleur s’est produite du 7 au 19 avec des alertes de canicule de niveau 3 émises pour toutes les régions de plaine de Suisse romande. Le retour des orages a mis fin à cette vague de chaleur. A la fin du mois, une dégradation orageuse plus généralisée a déversé des pluies intenses, en particulier au Sud des Alpes et dans les Alpes orientales.

Fin septembre, un front froid actif a provoqué des précipitations orageuses intenses au Sud des Alpes et en particulier au Tessin où des cumuls entre 120 et 190 mm ont été observés en 24 heures. Des cours d’eau ont localement débordé de manière impressionnante, comme à Chironico dans la Leventine.

L’événement marquant du mois est incontestablement la tempête Benjamin qui a frappé la Suisse le 23 octobre. Des rafales tempétueuses ont été relevées en plaine : 128 km/h au Bouveret, 126 km/h à Planfayon, 125 km/h à Bière, 111 km/h à Nyon/Changins, 103 km/h à La Brévine, 98 km/h à Fribourg. A Bière, il s’agit de la rafale la plus forte depuis le début des mesures en 1993.

Le dernier mois de l’automne météorologique peut être celui de toutes les surprises… Il n’a en tout cas pas déçu les amateurs de neige avec un défilé de fronts froids sur la deuxième quinzaine du mois qui a permis à la neige de tomber jusqu’en plaine, localement très généreusement par effet de lac.
Pour terminer l’année, un mois de décembre très sec et marqué par la persistance d’une haute pression sur la région alpine avec à la clef des grisailles tenaces en plaine et un radieux soleil en montagne !

Le stratus s’est même invité en Valais à plusieurs reprises, notamment le 24 décembre en s’infiltrant jusque dans la vallée de Conches. Situation inédite qui méritait bien quelques images...
Nous espérons que ce récapitulatif météorologique de 2025 vous a plu.
Nous vous remercions pour vos précieuses contributions dans les observations météo et pour les splendides photos envoyées pour notre premier calendrier de l’Avent participatif.
Bon réveillon à toutes et à tous, et à l’année prochaine pour de nouvelles aventures météorologiques !