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Une longue période anticyclonique jusqu’au 19 octobre

Du 1er au 19 octobre, la Suisse a été dominée par des conditions globalement anticycloniques. La séquence a juste été interrompue par une brève période perturbée les 4 et 5 octobre avec le passage de la tempête Amy.  A partir du 20 octobre, le temps a radicalement changé avec le passage de plusieurs perturbations. Les précipitations ont été quasi-quotidiennes. Par ailleurs, le 23 octobre, le passage de la tempête Benjamin a engendré un fort coup de vent au Nord des Alpes et dans les Alpes.

Alternance de périodes fraîches et douces

La Figure 1 montre l’évolution de la température moyenne journalière en octobre à Genève-Cointrin et à Château-d’Oex. Les séquences fraîches et douces ont alterné. Début octobre a plutôt été frais. Il y a un pic de douceur les 21-22 octobre et de nouveau les 30-31 octobre.

Aucun record particulier de température n’a été mesuré en octobre. En Suisse romande et en Valais, la température maximale journalière la plus élevée du mois a été mesurée le 4 octobre à Delémont avec 22,0 °C, tandis que la température minimale la plus basse du mois a été mesurée le 26 octobre au Gornergrat (3129 m) avec -12,0 °C. A La Brévine, la température n’est pas descendue en dessous de -5,1 °C le 2 octobre, ce qui n’a rien d’exceptionnel en octobre.

Evolution de la température moyenne journalière en octobre 2025 à Genève-Cointrin (en haut) et à Château-d’Oex (en bas). Les barres rouges (bleues) indiquent les valeurs supérieures (inférieures) à la norme 1991-2020, représentée par la ligne noire continue. Les lignes pointillées indiquent l'écart-type et les barres grises les extrêmes pour la période 1865-2024 (1879-2024 pour Château-d’Oex).
Figure 1. Evolution de la température moyenne journalière en octobre 2025 à Genève-Cointrin (en haut) et à Château-d’Oex (en bas). Les barres rouges (bleues) indiquent les valeurs supérieures (inférieures) à la norme 1991-2020, représentée par la ligne noire continue. Les lignes pointillées indiquent l'écart-type et les barres grises les extrêmes pour la période 1865-2024 (1879-2024 pour Château-d’Oex). (Source : MétéoSuisse)

Un mois d’octobre autour de la période de référence 1991-2020

Sur l’ensemble du mois d’octobre, l’écart à la période de référence 1991-2020 a varié entre -1,0 °C à Chaumont et à La Frétaz et +0,7 °C à Aigle. Les régions de montagne ont souvent connu des températures un peu déficitaires, tandis que les régions de plaine ont enregistré des températures plus ou moins proches de la moyenne à long terme.

En moyenne suisse, l’écart à la norme 1991-2020 a été de -0,3 °C. Ce mois d’octobre un peu plus frais au niveau national a fait suite à 3 mois d’octobre chauds. En effet, la Suisse a connu son mois d’octobre le plus chaud en 2022, le deuxième le plus chaud en 2023 et le septième le plus chaud en 2024.

Ecart à la période de référence 1991-2020 de la température moyenne en octobre 2025.
Figure 2. Ecart à la période de référence 1991-2020 de la température moyenne en octobre 2025. (Source : MétéoSuisse)

Un mois d’octobre frais dans le contexte du changement climatique

Même s’il s’agit du 45e mois d’octobre le plus doux depuis le début des mesures en 1864, ce mois est apparu frais par rapports aux précédents mois d’octobre, notamment dans le contexte du changement climatique où l’on constate que les mois d’octobre se sont fortement réchauffés depuis les années 1980 (Figure 4).

Evolution de la température moyenne mensuelle pour octobre, représentée par les écarts par rapport à la moyenne glissante sur 30 ans.
Figure 4. Evolution de la température moyenne mensuelle pour octobre, représentée par les écarts par rapport à la moyenne glissante sur 30 ans. (Source : MétéoSuisse)

Un mois d’octobre souvent arrosé

Si les précipitations étaient largement déficitaires au 19 octobre, la situation a ensuite radicalement changé. Il a fréquemment plu à partir du 20 octobre avec des quantités parfois copieuses, même si aucun record particulier n’a été mesuré.

Finalement, l’ensemble de la Suisse romande a connu une pluviométrie excédentaire. C’est la station de Sion qui a présenté l’excédent pluviométrique le plus marqué avec l’équivalent de 225 % de la référence 1991-2020. Loèche-les Bains et Montana suivent avec 220 % de la normale. Avec 175,8 mm, le poste pluviométrique de Loèche-les-Bains a même connu son 5e mois d’octobre le plus arrosé depuis le début des mesures en 1884.

En revanche, à l’instar du Sud des Alpes qui n’a pas pratiquement pas connu de situation de barrage du sud, habituelle en octobre, cela a également engendré une pluviométrie déficitaire sur une grande partie du Haut-Valais avec l’équivalent de 41 % à Binn ou 45 % à Simplon-Dorf.

Les autres régions de la Suisse romande ont connu une pluviométrie généralement excédentaire, en particulier dans le Jura vaudois et neuchâtelois, ainsi que dans les Préalpes. Toutefois, une partie des cantons de Fribourg et du Jura ont connu une pluviométrie conforme à la norme (régions en blanc sur la Figure 5), voire légèrement déficitaire comme à Fribourg/Grangeneuve (92 %), à Delémont (87 %) et à Mervelier (82 %).

Octobre 2024 avait également été plus arrosé que la période de référence 1991-2020. Cela avait été particulièrement le cas en Valais.

Répartition spatiale des sommes de précipitations en octobre 2025, représentée en % de la période de référence 1991-2020.
Figure 5. Répartition spatiale des sommes de précipitations en octobre 2025, représentée en % de la période de référence 1991-2020. (Source : MétéoSuisse)

Un ensoleillement excédentaire en montagne, déficitaire en plaine

La longue période anticyclonique jusqu’au 19 octobre s’est traduite par des conditions particulièrement ensoleillées en montagne. Du 6 au 18 octobre, l’ensoleillement relatif en Valais et au sommet du Moléson a été de 100 % presque tous les jours, ce qui a contribué à l’excédent d’ensoleillement. En revanche, sur le Plateau, le stratus a été souvent présent durant cette période et il ne s’est parfois guère dissipé autour du Léman du 11 au 17 octobre. La période du 20 au 27 octobre a été généralement sombre. Les quatre dernières journées du mois ont été un peu plus ensoleillées.

Sur l’ensemble du mois, l’ensoleillement en Suisse romande et en Valais a varié de 56 % de la période de référence 1991-2020 à La Frétaz à 128 % à Ulrichen. Comme la limite supérieure du stratus était relativement élevée, les sites de La Frétaz dans le Jura vaudois et de Planfayon dans les Préalpes fribourgeoises se sont souvent retrouvés dans le brouillard. Le reste de l’Arc jurassien a connu un ensoleillement légèrement en dessous de la période de référence, à l’exception du sommet de La Dôle qui a mesuré un ensoleillement excédentaire. Tous les sites du Plateau, ainsi que la plaine du Chablais ont enregistré un ensoleillement déficitaire. Le Moléson et l’ensemble du Valais ont mesuré un ensoleillement excédentaire. La Figure 6 fait très bien ressortir ces différences d’ensoleillement par rapport à la période de référence 1991-2020.

A quelques exceptions près, le soleil a davantage brillé en octobre 2025 qu’en octobre 2024 avec une différence flagrante pour les Alpes.

Répartition spatiale de l’ensoleillement en octobre 2025, représentée en % de la période de référence 1991-2020.
Figure 6. Répartition spatiale de l’ensoleillement en octobre 2025, représentée en % de la période de référence 1991-2020. (Source : MétéoSuisse)

Tempête Benjamin

L’élément marquant du mois est la tempête Benjamin qui a frappé la Suisse pendant la journée du 23 octobre. Le vent a soufflé jusqu’à 128 km/h au Bouveret, 126 km/h à Planfayon, 125 km/h à Bière, 111 km/h à Nyon/Changins, 103 km/h à La Brévine, 98 km/h à Fribourg.

A Bière, il s’agit de la rafale de vent la plus forte depuis le début des mesures en 1993. Au Bouveret, il s’agit de la quatrième rafale de vent la plus forte depuis le début des mesures en 1993, la rafale la plus forte ayant été mesurée le 18 juillet 2005 avec 161 km/h.

Pour un aperçu du mois d’octobre 2025 sur l’ensemble de la Suisse, voir le bulletin climatologique correspondant.

Pourquoi parle-t-on de la Suisse romande ET du Valais dans nos bulletins ?

Il arrive que l’on nous demande pourquoi nous parlons de la Suisse romande et du Valais et pas seulement de la Suisse romande (étant donné qu’une bonne partie du Valais en fait partie).

Pour des raisons linguistiques, le centre régional ouest de MétéoSuisse, basé à Genève, est responsable de la prévision pour la Suisse romande. Il l'est toutefois aussi pour l'ensemble du Valais (y compris le Haut-Valais, germanophone) pour des raisons climatologiques : le Valais (en amont de Martigny) a un climat spécifique, car cette région se situe entre les crêtes septentrionales (Alpes bernoises) et méridionales (Alpes valaisannes) des Alpes. Ceci nous amène à préciser que climatologiquement, le Chablais valaisan, en aval de Martigny, ne fait donc pas partie du Valais et que ses habitants doivent donc se référer aux prévisions pour la Suisse romande (et non à celles pour le Valais, lorsque celui-ci est spécifié séparément). Une carte des régions de prévision est disponible sur notre site internet.