Les modèles ont certes considérablement progressé ces dernières années et représentent aujourd’hui correctement la plupart des évolutions météorologiques à l’échelle régionale et même locale lorsque le relief est homogène. En revanche, la résolution des modèles, de 1 et 2 km respectivement pour ICON-CH1-EPS et ICON-CH2-EPS développés à MétéoSuisse, ne permet pas de représenter tous les phénomènes météorologiques de petite échelle. Il suffit de comparer la grille représentant le relief d’un modèle de résolution kilométrique au relief réel pour concevoir que le modèle n’est qu’une représentation lacunaire de la réalité, surtout dans le terrain complexe des Alpes.

Ainsi, plus les phénomènes météorologiques se développent à petite échelle, moins le modèle sera performant pour les représenter. En été, ce sont surtout les orages qui posent problème, engendrent de grandes incertitudes et péjorent la qualité des prévisions sur le semestre estival. Pendant le semestre d’hiver, les grisailles et les lacs d’air froid, régulièrement mal modélisés, font l’objet de plaintes au service client.
Malgré les méthodes de traitement statistiques appliquées a posteriori pour générer des prévisions locales sur des points particuliers et améliorer les prévisions, des erreurs subsistent. Généralement repérées en amont par les prévisionnistes, elles ne peuvent pas être corrigées car la chaîne de production totalement automatisée ne permet pas d’intervention humaine. Des travaux d’amélioration à la fois des modèles et des techniques de post-traitement sont à l’œuvre afin de tenter de combler les lacunes résiduelles des prévisions.

Rappelons que toutes les prévisions fournies dans l’App et sur le site internet sont générées de façon automatique, à l’exception :
des bulletins texte ;
des avertissements ;
et des articles de blogs.
Afin que vous puissiez identifier les prévisions de moindre qualité, voici un bref aperçu des situations qui donnent des erreurs récurrentes dans nos régions :
Les modèles, pas seulement ceux développés par MétéoSuisse, tendent à systématiquement dissiper le stratus trop rapidement, ce qui conduit à des surestimations d’ensoleillement et des températures maximales sur le Plateau. La comparaison des prévisions disponibles dans l’App pour Genève aux observations présentée ci-dessous l’illustre bien au cours du mois de décembre 2025.

Les habitants et habitantes de La Brévine l’ont maintes fois expérimenté en situation de haute pression hivernale par ciel dégagé : les températures minimales sont souvent largement surestimées au petit matin dans les vallons où se forment des lacs d’air froid. En cause, la capacité limitée du modèle à représenter le refroidissement par rayonnement, une mauvaise prise en compte de l’état d’enneigement actuel et un manque de stations de mesure utilisables pour entraîner les algorithmes de post-traitement.

Le post-traitement statistique des prévisions brutes des modèles est pour certains paramètres basé sur un entraînement sur des archives météorologiques du passé. Ainsi, les situations rares (dont font partie les situations extrêmes comme les tempêtes violentes ou les abondantes précipitations) sont peu représentées et les algorithmes ont une moindre capacité à prévoir des extrêmes. C’est particulièrement le cas des supercellules orageuses qui peuvent déployer une puissance colossale très localement.

Si la qualité des prévisions automatiques varie autant, comment faire alors pour y voir plus clair ? Le plus simple et le plus efficace, c’est de consulter des produits issus de l’expertise humaine des prévisionnistes comme le bulletin de prévision. Elaboré manuellement et mis à jour quotidiennement pour vous, il ne faut pas hésiter à le lire chaque fois que nécessaire ! Lorsqu’il y a une incohérence entre prévisions automatiques et bulletin, c’est évidemment au bulletin qu’il vaut mieux faire confiance.
Dans l’exemple récent des erreurs de prévision du stratus sur le Plateau, il était tout à fait possible d’anticiper la non-dissipation du stratus en consultant les bulletins de prévision, dont les archives sont affichées ci-dessous. Le 24 décembre au petit matin, alors que les pictogrammes pour les localités du Plateau promettaient un grand soleil, la situation générale décrite dans le bulletin faisait déjà état de « grisailles tenaces ». En plongeant dans la description quotidienne plus détaillée, on retrouvait chaque jour la mention du stratus sur le Plateau.



Cet exemple montre que seule la lecture du bulletin ou votre expérience personnelle dans votre région vous permettent de prendre le recul nécessaire pour interpréter correctement les prévisions.
N’oubliez jamais que certaines situations marginales et/ou extrêmes resteront hors de portée des modèles. Dans les cas de potentielles sévères intempéries, une prudence supplémentaire est de mise dans la lecture des prévisions et la consultation des avertissements est indispensable.
Désormais parés de ces bonnes pratiques, nous vous souhaitons de fructueuses prévisions, combinant toujours l’automatique à l’expertise humaine !