Après plusieurs semaines de douceur en montagne, depuis le 30 décembre les températures sont véritablement sous les normes de saison, en plaine comme en montagne. L’afflux d’air polaire a même encore refroidi l’atmosphère en moyenne montagne en ce début 2026. Pour évaluer le caractère chaud ou froid de la masse d’air, on peut regarder les stations situées sur des pics, représentatives de la masse d’air sans influence du sol, comme au Moléson. Le graphique suivant présente l’évolution de l’écart à la norme de la température journalière au Moléson au cours des 12 derniers mois : on constate que décembre a été particulièrement doux en montagne avant la chute de température du 30 décembre.

En plaine, la tendance n’est pas la même et le graphique précédent pour les stations du Plateau montre des écarts chauds, mais moins importants qu’en montagne où la douceur était très marquée.
Avec l’air polaire froid actuellement sur les Alpes, on observe des températures particulièrement basses en plaine et même bien inférieures à ce qu’on peut mesurer à 3500 m au Jungfraujoch. Cette apparente contradiction (l’air ne se refroidit-il pas en altitude ?) résulte du refroidissement du sol par rayonnement qui conduit localement à des températures remarquablement basses dans certaines régions. Ce rayonnement nocturne est favorisé par :
Ainsi, au petit matin ce lundi, on a relevé des températures minimales de :

Ces valeurs, sans être exceptionnelles, sont de plus en plus rares dans un climat qui se réchauffe.
Ce froid, combiné à des vents faibles voire nuls, est propice au gel des lacs. C’est ainsi que l’on peut actuellement marcher et patiner sur le lac de Champex en Valais ou le Lac Noir dans les Préalpes fribourgeoises. Le bulletin des sports d’hiver publié quotidiennement par Schwarzsee Tourismus indique que les pistes de patinage sur le lac sont praticables sans neige. Idéal pour les amateurs et amatrices de glisse qui y étaient nombreux aujourd’hui !


Mais il n’en est pas ainsi de tous les lacs. Le lac de Joux ou encore le lac de Tseuzier en Valais ne sont pas du tout gelés. Il faudra encore du froid pendant un temps prolongé afin que les plus grandes surfaces puissent geler. On est d’ailleurs très loin d’un gel complet des lacs du Plateau suisse, qui devient de moins en moins possible dans le contexte d’hivers plus doux.
Evidemment, ces conditions peuvent rapidement changer en cas de redoux et de pluie. Si vous souhaitez aller patiner ou marcher, il faut donc systématiquement consulter en amont les informations fournies pour chaque lac.