Commençons d’abord par revenir sur l’origine de ces fabuleux ascenseurs atmosphériques tant prisés des pilotes de planeur et du vol libre.
De jour, le rayonnement solaire chauffe le sol. Toutefois, cet échauffement diffère en fonction de la nature du sol et du relief. En montagne, ce sont les versants exposés au soleil et non recouverts de neige qui s’échauffent le plus. Sur ces versants, le sol, plus chaud, transfère davantage de chaleur à l’air, ce qui crée des bulles d’air localement plus chaudes que l’air environnant. Etant plus chaudes, ces bulles sont moins denses, et s’élèvent (principe du ballon à air chaud). En s’élevant, cet air se refroidit. Si la bulle d’air qui monte se refroidit moins vite que l’air qui l’environne, alors elle continue son ascension tant qu’elle est plus chaude. La bulle d’air peut poursuivre son ascension et, si elle se refroidit suffisamment jusqu’à atteindre la température du point de rosée, la condensation se produit et un cumulus apparaît.


La masse d’air en place sur les Alpes ces derniers jours permettait justement aux thermiques de se développer jusqu’à très haute altitude. Avec des températures très élevées près du sol et qui diminuent régulièrement en altitude, comme le montre le radiosondage de Payerne annoté ci-dessous, les thermiques sont montés à plus de 4500 m, localement encore plus. Ils n’étaient bloqués que par une faible inversion autour de 5300 m.

En témoignent les nombreux planeurs et parapentes qui se sont hissés aussi haut au-dessus des plus hauts reliefs, parfois même à plus de 5000 m !

Chaque jour, ce sont des centaines de milliers de kilomètres parcourus à l’énergie des thermiques, et indirectement, du soleil ! En témoigne la carte des traces de vols en planeur déposés sur une plateforme en ligne sur la seule journée du 10 août ci-dessous.
