Une dynamique complexe
Plusieurs éléments ont permis la formation de cet épisode Cévenol :
- Forçage d'altitude : un axe dépressionnaire quasiment stationnaire (Talweg stationnaire) entre l’Espagne et l’ouest de la France a généré un courant du sud de la Méditerranée aux Cévennes et même jusque dans les Alpes.
- Forçage convectif et orographique : apport d’une masse d’air humide et instable propice aux orages (forçage convectif) en provenance d’une Méditerranée encore chaude (évaporation). Cette masse d'air poussée par les vents de sud à sud-est a été soulevée sur le versant sud des Cévennes (forçage orographique).
- Combinaison de ces forçages: l’intrusion d’air sec d’origine stratosphérique (zone orange sur l’image satellite vapeur d’eau, appelée aussi tropopause dynamique) associée au talweg, évoluant peu à peu en "goutte froide" (cut-off), a permis d'accentuer le soulèvement de la masse d’air chaude, humide et instable en provenance de Méditerranée (voir les deux schémas ci-dessous).
Ce soulèvement est associé l'approche d'un fort tourbillon cyclonique (PV =potential vorticity) au-dessus de la masse d'air chaude, humide et instable, avec pour conséquence le développement d'une convection orageuse profonde, elle-même accentuée sur le versant sud des Cévennes.
- Système stationnaire : Tout le système étant quasi-stationnaire, ces pluies orageuses ont ainsi déjà pu accumuler plus de 500 mm en 24 heures.
Voir aussi l'article de Copernicus : "The role of large-scale dynamics in an exceptional sequence of severe thunderstorms in Europe May–June 2018"