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Prévisions pour l’été 2024 – Partie 2 : analyse des tendances

MétéoSuisse-Blog | 25 mai 2024
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Après avoir analysé les conditions météorologiques de ce mois de mai et fait une petite introduction aux prévisions saisonnières, nous nous intéressons aux prévisions actuelles pour l’été 2024 dans cette deuxième partie d’article.

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Tendances pour juin, juillet, août

Maintenant que nous avons expliqué comment les prévisions saisonnières sont calculées (partie 1), nous pouvons regarder les cartes proposées par le Centre Européen de Prévision (ECMWF) pour l’été (juin, juillet, août). De nombreuses cartes représentant différents paramètres sont proposées. Nous allons nous concentrer sur quelques cartes de température à 2 mètres.

La figure 1 ci-dessous montre l’anomalie de température moyenne prévue sur tout l’été (moyenne des 50 scénarios), c’est-à-dire la différence par rapport à la norme calculée sur la période 1993-2016. La Suisse se situe dans une fourchette d’anomalie comprise entre +0,5 et +1 °C. L’été serait donc plutôt chaud en moyenne.

Comme expliqué dans l’article précédent, il est possible de calculer des probabilités. La figure 2 ci-dessous montre la probabilité que l’été 2024 soit parmi les 20 % des étés les plus chauds (toujours par rapport à la période 1993-2016). Cette probabilité est d’environ 40 % sur la Suisse romande. On remarque que sur la France, cette probabilité est un peu plus faible (entre 30 et 40 %). Cela pourrait par exemple être, sur une partie des scénarios, le résultat de conditions plus dépressionnaires et humides sur une partie de l’été qui limiterait une hausse trop importante de la température. On pourrait l’interpréter comme un signe d’un prolongement des conditions actuelles en juin.

Toujours dans les probabilités, l’histogramme de la figure 3 illustre la probabilité que l’été 2024 soit plus frais, dans ou plus chaud que la norme (1991-2020) en Suisse romande. Ce graphique est également basé sur les données du Centre Européen de Prévision. La probabilité d’avoir un été frais est faible (~10 %) alors que la probabilité d’avoir un été chaud est d’environ 50 %. Pour la Suisse alémanique, cette probabilité se rapproche de 60 % et pour le Sud des Alpes, elle dépasse même les 60 %. Dans ce cas, un été chaud signifie qu’il serait parmi les 33 % des étés les plus chauds. Ces graphiques peuvent être consultés sur notre site internet.

Du côté des précipitations, il n’y a actuellement aucun signal pour l’été 2024. Cela veut dire que la probabilité d’avoir un été sec, humide ou normal est la même. Les cartes peuvent être consultées sur le site du ECMWF.

Influence des conditions actuelles sur l’été

Les conditions actuelles sont un élément à prendre en compte pour les prévisions saisonnières. Bien qu’il n’y ait pas de corrélation directe dans la circulation atmosphérique d’une saison à l’autre, les conditions actuelles pourraient avoir une influence sur le début de l’été. Si des conditions anticycloniques accompagnées d’air chaud (et donc propices aux canicules) venaient à s’établir sur la Suisse en juin, les sols et la végétation très humides actuellement pourraient jouer un rôle. En effet, l’évapotranspiration de cette eau pourrait limiter la hausse des températures, car l’évaporation nécessite de l’énergie. C’est ce qui s’était produit en juin 2019 lorsqu’une canicule était survenue après une période très humide. La masse d’air très chaud avait provoqué quelques records de température en montagne, mais la hausse des températures avait été limitée en plaine par l’évapotranspiration (et les lacs encore frais). Nous en parlions dans un blog le 26 juin 2019, il peut être téléchargé en PDF. Des explications sur l’évapotranspiration sont également disponibles sur le site de l’Office National des Forêts français. Toutefois, cet effet ne serait que temporaire si plusieurs canicules venaient à se produire avec des conditions sèches durables.

Conclusion

Dans un climat qui se réchauffe, la probabilité d’avoir une saison avec une température sous la norme d’une période passée est très faible. Cela se vérifie dans toutes les prévisions saisonnières récentes où la probabilité d’être au-dessus de la norme est systématiquement plus élevée. C’est donc à nouveau le cas pour l’été à venir où des conditions fraîches signifieraient probablement une température moyenne dans la norme 1991-2020 (à l’image de l’été 2021). La probabilité d’avoir un été très chaud (à l’image de 2022 et 2023) n’est également pas négligeable. Pour début juin, un maintien des conditions actuelles plutôt fraîches et humides semble possible.

Il est encore important d’ajouter qu’il existe d’autres modèles de prévisions saisonnières qui peuvent être consultés sur le site du programme Copernicus. La moyenne de tous ces modèles montre néanmoins un signal similaire à celui du ECMWF.

Un dernier élément important à relever est la fiabilité encore limitée de ces prévisions, notamment pour l’Europe, comme le montrent les vérifications. De plus, il est important de se souvenir qu’une moyenne sur 3 mois cache les subtilités météorologiques qui se jouent à l’échelle de quelques jours. L’été 2023 est un bon exemple. Bien qu’il s’agisse du 5e été le plus chaud depuis le début des mesures, cela n’a pas empêché d’observer quelques jours relativement frais entre fin juillet et début août et de la neige en moyenne montagne fin août. Une raison de plus de ne pas prendre les prévisions saisonnières au pied de la lettre et d’être préparé à toutes les conditions possibles durant l’été.