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Douceur ininterrompue

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Nous en parlons depuis plusieurs jours et tout le monde l’aura remarqué, la Suisse baigne dans une douceur inhabituelle depuis le 20 décembre. Le passage à l’année 2023 ne semble pas vouloir changer cette tendance, si bien que cela fait 15 jours de suite qu’une température maximale journalière supérieure à 10 °C a été enregistrée à Genève, une première depuis le début des mesures.

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Maximales supérieures à 10 °C

La douceur qui s’est installée sur le Suisse fin décembre semble vouloir se prolonger cette première semaine de 2023. Alors que des températures records ont été mesurées dans le nord du Jura, sur le Plateau et dans certaines vallées à foehn, à Genève les températures maximales journalières ne sont pas descendues en dessous de 10 °C depuis le 19 décembre. Une série de 15 jours consécutifs qui n’a jamais été observée en hiver (décembre à février) depuis le début des mesures en 1864. Les précédents records de 14 jours (en 1867 et 2019) avaient été mesurés fin février lorsque le Soleil, plus haut dans le ciel, favorise davantage la hausse des températures. Ces 15 jours consécutifs sont donc remarquables car ils s’étendent entre fin décembre et début janvier.

Cette série devrait prendre fin ce mardi. À l’heure où nous publions ce blog (14 h), la température maximale à Genève a atteint 9,1 °C et ne devrait plus beaucoup monter. Par contre, des températures maximales supérieures à 10 °C sont à nouveau attendues ces prochains jours.

Absence de froid

Cette série de 15 jours ne fait que confirmer ce que l’on sait déjà. La période actuelle est particulièrement douce et elle s’inscrit dans une tendance au réchauffement avec des hivers de plus en plus doux avec parfois des redoux faisant fondre la neige jusqu’à 2000 m.

Par conséquent, le froid se fait rare. En plaine sur le Plateau romand, des températures inférieures à -10 °C n’ont plus été observées depuis plusieurs années. Les deux graphiques ci-dessous montrent le nombre de jours avec une température minimale égale ou inférieure à -10 °C par hiver à Genève et Neuchâtel. À Neuchâtel, le thermomètre est descendu à une reprise sous les -10 °C en 2017 ainsi qu’en 2018. À Genève, il faut remonter à 2013 pour trouver une telle valeur. Avant cela, on identifie 2012 avec la vague de froid de février (5 et 7 jours), mais il faut remonter à 1985 pour trouver plus de 10 jours. L’hiver 1962/1963 ainsi que la vague de froid de 1956 ressortent également sur ces graphiques.

Pour l’hiver en cours, l’absence de froid a plusieurs conséquences. On peut notamment citer le manque de neige en montagne, l’apparition des premiers pollens ou une diminution de la demande en énergie pour le chauffage. L’absence de froid a également des conséquences pour les lacs. Un refroidissement suffisant de l’eau permet un brassage qui apporte de l’oxygène en mélangeant les eaux de surface et les eaux profondes. Avec la hausse des températures hivernales, les brassages sont de moins en moins profonds et, par exemple, le dernier brassage complet des eaux du Léman date de l’hiver 2011/2012 (avec la vague de froid de février).

Bien entendu, les valeurs pour l’hiver 2022/2023 dans les graphiques ci-dessus sont provisoires. Rien de très hivernal n’est attendu jusqu’à mi-janvier, mais pour la fin janvier et février, tout reste possible.