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Exceptionnellement chaud, sec et ensoleillé depuis le début de l’année

MétéoSuisse-Blog | 11 août 2022
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Le temps ensoleillé et sec se poursuit cette semaine encore. Pour Genève et Neuchâtel, il s’agit de la période janvier-juillet la plus chaude, sèche et ensoleillée depuis le début des mesures en 1864. Cette situation s’explique par des conditions anormalement anticycloniques.

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Une semaine ensoleillée

Depuis le début de la semaine, le temps est généralement ensoleillé et sec. Cela se poursuivra jusqu’en fin de semaine. Des orages pourront revenir à partir de dimanche après-midi et cette prévision devra être affinée à plus court terme.

Un début d’année exceptionnellement chaud et sec à Genève

Dans le blog du 23 juillet, il avait été rédigé que jamais Lugano n’avait connu une période janvier-juillet aussi chaude et sèche que celle de cette année.

Cela a aussi été le cas à Genève.  Depuis le début de l’année 2022, seul le mois d’avril a connu une température légèrement inférieure à la norme 1991-2020 de 0,1 °C. Tous les autres mois ont affiché un net excédent thermique. Moyenné sur 7 mois, de janvier à juillet, l’écart à la norme 1991-2020 est de 1,7 °C. Aucun début d’année entre janvier et juillet n’a été aussi chaud. La précédente période janvier-juillet la plus chaude date de 2020 avec un écart à la norme de 1,5 °C.

En plus de l’excédent thermique, cette période janvier-juillet est également sèche à Genève. Tous les mois depuis le début de l’année 2022 ont accusé un déficit pluviométrique, le plus important s’étant produit en juillet avec seulement 6 % de la norme 1991-2020. Finalement, il n’est tombé que 230 mm de pluie, soit l’équivalent de 46 % de la norme 1991-2020. Seule la période janvier-juillet 1870 avait été encore plus sèche avec 201 mm, soit l’équivalent de 40 % de la norme 1991-2020. En revanche, cette période a accusé un déficit thermique de 1,4 °C par rapport à la norme 1991-2020.

La Figure 1 montre très clairement ce qui s'est passé depuis le début de l'année jusqu'à fin juillet. Sur l'axe horizontal sont rapportées les précipitations totales de la période de l'année janvier-juillet ; sur l'axe vertical, la température moyenne de la même période. Les deux quantités sont représentées comme des anomalies par rapport à la norme 1991-2020 et se réfèrent à la station de Genève-Cointrin.

Les différents points montrent chaque année de 1864 à aujourd'hui. Les points dans la partie supérieure droite du graphique, en jaune, correspondent aux années où les précipitations ont été plus abondantes et la température plus douce que la moyenne 1991-2020 ; ceux dans la partie inférieure droite, en bleu foncé, correspondent aux années plus froides et plus riches en précipitations que la normale. Les années plus froides et plus sèches que la normale sont celles représentées dans la partie inférieure gauche bleu clair, tandis que les années plus douces et plus sèches que la normale 1991-2020 se trouvent dans la partie supérieure gauche rouge.

2022 est le point entouré en rouge : avec une température de 1,7 °C au-dessus de la norme et 46 % des précipitations normalement attendues, une combinaison de températures aussi élevées et de précipitations aussi faibles entre le 1er janvier et le 31 juillet ne s'était jamais produite à Genève.

Un début d’année exceptionnellement chaud et sec à Neuchâtel aussi

Le constat est le même à Neuchâtel, bien que le manque de pluie soit un peu moins important qu’à Genève. Depuis le début de l’année, la température affiche un excédent thermique de 1,6 °C et les précipitations correspondent à 66 % de la norme 1991-2020.

Index SPEI largement négatif

L’index normalisé de précipitations-évapotranspiration (Standardized Precipitation Evapotranspiration Index, SPEI) décrit l’écart du bilan hydrique (précipitations moins l’évapotranspiration potentielle) durant une période écoulée par rapport à la moyenne calculée sur une longue période de mesures.

Le SPEI sur les 6 derniers mois est largement négatif dans toutes les stations suisses (état au 10 août 2022). En Suisse romande, il est de -2,4 à Genève (Figure 3), Pully et Sion, -2,2 à Delémont, La Brévine et Château-d'Oex, -2,1 à Neuchâtel, -2 à La Chaux-de-Fonds et Payerne.

On parle de conditions sèches lorsque le SPEI est entre -1 et -1,5, très sèches entre -1,5 et -2 et extrêmement sèches avec une occurrence inférieure à 50 ans lorsqu’il est plus bas que -2.

Retrouvez tous les indices de sécheresse sur le site internet de MétéoSuisse.

Un ensoleillement record depuis le début de l’année

Du 1er janvier au 31 juillet 2022, le soleil a brillé pendant 1612 heures à Genève et 1575 heures à Neuchâtel. Il s’agit du début d’année le plus ensoleillé pour ces deux villes depuis le début des mesures. La précédente période de janvier à juillet la plus ensoleillée s’est manifestée en 2020 avec 1462 heures à Genève et 1477 heures à Neuchâtel.

Anomalie anticyclonique au-dessus de l’Europe occidentale

Ce temps chaud, sec et ensoleillé s’explique par la présence de conditions anticycloniques souvent présentes au-dessus de l’Europe occidentale, matérialisées par une forte anomalie de géopotentiels à 500 hPa (vers 5500 m). L’anomalie a même été la plus marquée au-dessus de la France et de la Suisse romande (Figure 4). Ainsi, il n’est pas étonnant que la France connaisse aussi des conditions exceptionnellement ensoleillées et sèches depuis le début de l’année.

Cette configuration atmosphérique particulière est liée à la variabilité naturelle de la position des centres d’action (anticyclones et dépressions) et ne se répètera donc pas forcément l’année prochaine.

Nous nous sommes arrêtés au 31 juillet pour établir cette analyse, car il est un peu plus simple de travailler sur des mois complets. Cependant, cette première quinzaine d’août poursuit cette tendance chaude, ensoleillée et souvent trop sèche.  Du 1er janvier au 10 août, l’anomalie thermique à Genève est passée à 1,8 °C, les précipitations ne représentent plus que 42 % de la norme et nous sommes déjà à 1726 heures d’ensoleillement.