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Les scénarios climatiques nationaux actuels constituent une base importante pour les secteurs public et privé afin de planifier et de concevoir des mesures d'adaptation et d'atténuation. Les estimations régionales ou locales du changement climatique futur sont donc un service climatique important.

Le projet "Climat CH2025" se base sur le mandat donné par le Conseil fédéral à l'Office fédéral de météorologie et de climatologie MétéoSuisse de mettre régulièrement à disposition des scénarios climatiques actualisés dans le cadre de la stratégie d'adaptation de la Confédération. Les scénarios climatiques sont élaborés en collaboration avec le partenaire principal, l’ETH, ainsi qu'avec d'autres institutions sous l'égide du National Centre for Climate Services (NCCS).

Situation initiale

Depuis la publication des scénarios CH2018 en 2018, tant la science que les besoins des utilisateurs ont évolué. De nouvelles connaissances scientifiques, telles que celles documentées dans le rapport du GIEC (AR6), ont été publiées et de nouveaux modèles climatiques à haute résolution et permettant la convection ont été développés. Grâce à l'implication continue des utilisateurs dans la conception des scénarios, MétéoSuisse et l’EPFZ ont pu se faire une idée détaillée des exigences en matière d'informations sur le climat et les changements climatiques à venir.

Les scénarios climatiques sont régulièrement mis à jour.
Les scénarios climatiques sont régulièrement mis à jour.

Objectifs de Climat CH2025

Le projet Climat CH2025, qui a démarré en mars 2023, s’est attaqué aux lacunes identifiées dans les scénarios climatiques existants et aux exigences supplémentaires. Comme les générations précédentes de scénarios climatiques, le projet est le fruit d'une collaboration entre MétéoSuisse, l'EPFZ et d'autres partenaires scientifiques et administratifs. 

Deux points scientifiques principaux ont été mis en avant : 

  1. Comment mieux combiner les observations et les scénarios climatiques basés sur des modèles afin de fournir aux utilisateurs des informations cohérentes et transtemporelles adaptées à leurs besoins ?

  2. Quelle est l'évolution future attendue des extrêmes climatiques en Suisse et quels sont les processus sous-jacents ?

Qu’est-ce qui a changé depuis CH2018 ?

Les scénarios climatiques CH2018 présentaient déjà des tendances climatiques claires : davantage d’extrêmes de chaleur, des précipitations intenses plus fréquentes, des étés plus secs et des hivers avec moins de neige. Alors que les déclarations qualitatives ne se sont pas modifiées, les évaluations quantitatives ont été mises à jour.

En Europe occidentale et centrale, la température a augmenté plus fortement depuis 1980 que ce qui a été simulé par les modèles climatiques régionaux qui constituent la base de CH2018. Il y a deux explications principales à cela.  D'une part, la qualité de l'air - dans le monde entier, mais aussi en Europe - s'est nettement améliorée depuis les années 1980, ce qui signifie que la concentration d'aérosols dans l'air est en baisse. En conséquence, moins de lumière solaire est rétrodiffusée, ce qui réchauffe davantage l'atmosphère (Brightening Effect). Cet effet n'était pas directement pris en compte dans les modèles précédents (p.ex. Wild, 2012). D'autre part, les variations naturelles du climat peuvent jouer un rôle important.

Dans les nouveaux scénarios Climat CH2025, les observations et les modèles sont désormais mieux combinés, et la tendance des températures modélisée est ajustée à l’évolution réelle. Ainsi, les scénarios climatiques Climat CH2025 montrent un réchauffement plus élevé que les projections précédentes. Dans un monde à +3 degrés, cela correspond à un réchauffement environ 10 à 15 % plus fort que dans CH2018.

Climat CH2025 s’appuie sur CH2018 et l’enrichit par des séries de mesures plus longues, une meilleure compréhension des processus ainsi que des informations issues de nouvelles simulations climatiques à haute résolution et permettant la convection. De plus, la période de référence actuelle de MétéoSuisse, 1991–2020, a été utilisée. Par ailleurs, il a été possible d’élaborer, entre autres, des informations détaillées sur les précipitations extrêmes ainsi que sur les épisodes de chaleur en milieu urbain. Avec l’introduction des niveaux de réchauffement global, un lien direct entre les objectifs climatiques politiques et les impacts climatiques devient possible.

Références :
Schumacher, D.L., Singh, J., Hauser, M. et al. Exacerbated summer European warming not captured by climate models neglecting long-term aerosol changes. Commun Earth Environ 5, 182 (2024). https://doi.org/10.1038/s43247-024-01332-8
Wild, M. (2012). Enlightening global dimming and brightening. Bulletin of the American Meteorological Society, 93(1), 27-37.