Changement climatique
Outre les perturbations locales liées à l'activité humaine - comme le trafique maritime lié à l'exploitation des minéraux - le changement climatique altère également la polynie et introduit de nouvelles menaces.
Si la banquise du détroit de Nares ne se forme pas, les icebergs envahissent la polynie, réduisant ainsi la pénétration de la lumière et la floraison du phytoplancton. Cet effet domino compromet l'ensemble de l'écosystème marin. Des épisodes de ce type se sont produits à plusieurs reprises au cours des deux dernières décennies et pourraient devenir plus fréquents avec le réchauffement continu de l'Arctique.
En 2017, la Commission Pikialasorsuaq a publié le rapport People of the Ice Bridge: The Future of the Pikialasorsuaq (Les peuples du pont de glace : l'avenir du Pikialasorsuaq), formulant des recommandations pour la conservation et la gestion de la région après un vaste processus de consultation avec les communautés du Nunavut et du Groenland. Depuis lors, le Conseil circumpolaire inuit (ICC) – Canada et Groenland – s'efforce de promouvoir la mise en œuvre de ces recommandations et de soutenir les négociations régionales et nationales en vue d'un régime de gestion dirigé par les Inuits.
Une étape importante a récemment été franchie : le Canada et le Groenland ont signé un accord de coopération pour la protection de la polynie, avec un comité directeur comprenant des représentants inuits des deux côtés. « Les aires marines protégées sont un outil simple et efficace pour préserver la biodiversité et renforcer la résilience », a déclaré Jenseeraq Poulsen, directeur exécutif de l'ONKN. Dans un contexte de changement climatique rapide, Oceans North Kalaallit Nunaat soutient la création d'un régime de gestion qui reflète la vision des Inuits pour la protection de Pikialasorsuaq.
Conséquences à large échelle
Une perturbation de l'équilibre du NWP pourrait également avoir des répercussions difficiles à prévoir sur les courants océaniques atlantiques, tels que le Gulf Stream. Son affaiblissement éventuel pourrait modifier considérablement le climat européen, entraînant des hivers plus rigoureux et des changements dans la répartition des précipitations.