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Brouillard d’évaporation


Le brouillard est défini météorologiquement par une réduction de la visibilité en dessous de 1 km causée par la présence de goutelettes d’eau ou de cristaux de glace en suspension dans l’atmosphère. En gros un nuage, et quand on est dedans, on ne voit pas grand-chose. Pour que du brouillard se forme, il suffit d’amener une masse d’air à son niveau de condensation. Cela peut se faire de deux manières (ou un mélange des deux) : refroidir la masse d’air jusqu’à atteindre la saturation en vapeur d’eau ou ajouter de la vapeur d’eau. En effet, l’air peut contenir une certaine quantité de vapeur d’eau avant d’atteindre la saturation, moment auquel l’eau sous forme gazeuse va se condenser sous forme liquide, formant des gouttelettes. C’est un peu comme une éponge que l’on peut remplir d’eau jusqu’à qu’elle soit saturée et dégouline. Plus l’air est froid, moins il peut contenir de vapeur d’eau, c’est pourquoi on peut atteindre la saturation simplement en refroidissant une masse d’air.
Le brouillard peut donc se former de différentes manières. Ce que l’on peut observer sur ces lacs en Engadine se nomme brouillard d’évaporation. L’eau relativement « chaude » des lacs s’évapore en partie dans de l’air froid juste au-dessus, suffisamment pour saturer cet air et créer du brouillard. Ce phénomène est le mieux observé au petit matin, quand la température de l’air est à son minimum. Cela tombe bien, car c’est à ce moment que le soleil rasant vient éclairer les plus hauts sommets, rajoutant une touche d’esthétisme à ce paysage matinal.

Brouillard d’évaporation sur le lac de Silvaplana ce matin (Photo : Observations météo, App MeteoSwiss).
Brouillard d’évaporation sur le lac de Silvaplana ce matin (Photo : Observations météo, App MeteoSwiss).

Conditions de ce matin


Les conditions ce matin étaient réunies pour avoir du brouillard d’évaporation : les lacs d’Engadine sont encore relativement chauds (environ 14 °C, voir la figure ci-dessous), alors que la température de l’air proche du sol était légèrement négative (voire 2e figure ci-dessous). La température relativement élevée des lacs favorise un taux d’évaporation plus important, alors que l’air froid au-dessus ne peut pas contenir toute cette vapeur et en condense donc une partie formant ce brouillard. Cette forte différence de température entre le lac et l’air au-dessus créée une instabilité qui favorise un brassage vertical de l’air ; c’est pourquoi on a l’impression que le lac « fume ». Bien évidemment, il ne s’agit pas de fumée, puisqu’il n’y a pas de combustion.
Il y aussi une ambiguïté en français sur le mot vapeur : au sens scientifique, il s’agit d’un état gazeux, on ne peut donc pas voir la vapeur d’eau. Ce qui créé le brouillard, ce sont les gouttelettes d’eau liquide. En anglais, on fait la distinction entre « vapour » et « steam », ce dernier décrivant justement des gouttelettes d’eau en suspension dans l’air.

Température des lacs en Engadine le 15 septembre 2025. Source : https://www.alplakes.eawag.ch/
Température des lacs en Engadine le 15 septembre 2025. Source : https://www.alplakes.eawag.ch/
Du gel au sol a été mesuré en Engadine ce matin avec -0.3 °C à Samedan et Segl-Maria. Source : réseau de mesure SwissMetNet.
Du gel au sol a été mesuré en Engadine ce matin avec -0.3 °C à Samedan et Segl-Maria. Source : réseau de mesure SwissMetNet.
Schéma illustrant le brouillard d’évaporation. Le profil vertical de température à gauche montre qu’il existe une forte différence de température entre le lac et l’air au-dessus. De plus, l’air un peu plus haut (vers 2 m) est plus chaud, formant ainsi une inversion de température qui maintient l’humidité dans la couche d’air la plus proche du lac.
Schéma illustrant le brouillard d’évaporation. Le profil vertical de température à gauche montre qu’il existe une forte différence de température entre le lac et l’air au-dessus. De plus, l’air un peu plus haut (vers 2 m) est plus chaud, formant ainsi une inversion de température qui maintient l’humidité dans la couche d’air la plus proche du lac.