Dimanche 20 juillet 2025, un front froid lié à une zone dépressionnaire bien structurée et centrée entre le Royaume-Uni et la Manche s'est approché de la région alpine par l'ouest (Fig. 1). Il a traversé la Suisse dans la nuit de dimanche à lundi 21 juillet 2025, puis s'est éloigné de notre pays en direction de l'est (Fig. 2). À l'approche de ce système frontal, les courants du sud-ouest se sont renforcés, acheminant progressivement vers les Alpes de l'air de plus en plus humide et chaud, d'origine subtropicale.


Dans un premier temps, sous l'effet de l'afflux d'air chaud en altitude, la masse d'air le long du versant sud des Alpes n'était que modérément instable. Mais en deuxième partie de la journée du dimanche 20 juillet 2025, et particulièrement durant la soirée, le soulèvement de la masse d'air provoqué par les montagnes a déclenché les premières précipitations sous forme d'averses, certaines orageuses, mais cependant peu intenses. Au cours de la nuit de dimanche à lundi, en raison de l'arrivée d'air plus froid en altitude, la masse d'air s'est encore déstabilisée, entraînant une intensification des averses et des orages. Au Sud des Alpes, un fort courant du sud s'est également mis en place dans les basses couches (low level jet). Sans être particulièrement intense, il a atteint tout de même 35 à 45 km/h à 1500 mètres (radiosondage Novara Cameri) et 50 à 60 km/h au-dessus de 2000 mètres d'altitude environ (radar VAD, voir fig. 3).

La région comprise entre le front froid en altitude et le front froid dans les basses couches (dont l'avancée est ralentie par la présence d'une orographie complexe), appelée zone humide peu profonde, est caractérisée par la présence d'air encore chaud d'origine subtropicale dans les basses couches et l'afflux d'air plus froid en altitude avec une divergence dans les couches supérieures à 5000 mètres (Fig. 4). Cette situation provoque souvent des conditions de forte instabilité avec la formation d'orages, parfois violents. Souvent, des zones de convergence très marquées se forment également dans cette région, à l'origine de lignes orageuses avec régénération continue de cellules orageuses. En fonction de la vitesse de déplacement du front froid en altitude et à basse altitude, ces lignes peuvent se déplacer plus ou moins rapidement sur le territoire : elles sont parfois très lentes ou stationnaires (voir l'événement de Vallemaggia du 29 au 30 juin 2024), parfois en mouvement rapide d'ouest en est. En plus de l'apport d'humidité et l'instabilité thermodynamique présente, l'accumulation de précipitations sur une région donnée dépend également de la vitesse de déplacement de ces lignes. Dans le cas présent, la vitesse d'avancement des fronts a entraîné un déplacement progressif de la ligne de convergence vers l'est. Son déplacement s'est accéléré lorsqu'elle a atteint le Sottoceneri, en particulier le Luganese et le Mendrisiotto. La durée limitée de la phase de régénération des cellules orageuses sur ces deux régions a entraîné, malgré des intensités de pluie instantanées élevées, des accumulations de pluie globalement plus faibles.


Pendant toute cette période, les valeurs d'instabilité atmosphérique se sont révélées plutôt modestes compte tenu du potentiel que la saison peut offrir. Le CAPE-MU n'a pas dépassé 1000-1200 J/kg, même dans les régions les plus méridionales. Les valeurs de cisaillement du vent étaient également faibles. En revanche, les valeurs de précipitations (30-40 mm) étaient significatives, indiquant la présence d'une masse d'air très humide d'origine subtropicale.

Dans la deuxième partie, qui sera publiée ces prochains jours, l'évolution des précipitations et les accumulations relevées seront analysées en détail. Dans la troisième partie, le contexte climatologique de l'événement sera présenté.