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Février et l’hiver les plus doux depuis le début des mesures

MétéoSuisse-Blog | 28 février 2024
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La Suisse a connu le mois de février le plus doux depuis le début des mesures en 1864. Au Sud des Alpes, ce mois de février a régionalement été largement plus doux que le précédent mois de février record. Si l'on ajoute à cela un mois de décembre doux et un mois de janvier très doux, on obtient l'hiver le plus doux depuis le début des mesures.

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La moyenne nationale de la température en février devrait atteindre 2,7 °C (état au 27.02.2024). Cette température moyenne mensuelle correspond à un mois de mars très doux, la température moyenne du mois de mars étant de 1,3 °C. La Suisse a ainsi connu le mois de février le plus doux depuis le début des mesures en 1864. Le mois de février le plus doux jusqu'à présent, qui date de 1990, a atteint 2,1 °C. En troisième position, figure février 2020, avec une moyenne nationale de 1,6 °C.

Avec une moyenne mensuelle de 2,7 °C sur l'ensemble du pays, février a dépassé de 4,6 °C la norme 1991-2020. Sur l'ensemble des mois, il s'agit du deuxième écart mensuel positif le plus élevé depuis le début des mesures en 1864. Seul juin 2003, avec 4,7 °C au-dessus de la norme 1991-2020, a présenté un écart positif à la norme légèrement plus élevé. Le troisième rang est occupé par avril 2007, avec 4,2 °C au-dessus de la norme 1991-2020.

En Suisse, le mois de février s’est réchauffé de 2,7 °C entre la période de référence préindustrielle 1871-1900 et aujourd’hui (tendance climatique en rouge dans la Figure 1). Depuis la période de référence 1991-2020, le réchauffement est de 1,6 °C. MétéoSuisse a rédigé un blog sur la courbe de tendance climatique nouvellement introduite.

Au Sud, un mois de février localement extrême

Au Sud des Alpes, la douceur en février a localement dépassé, de manière nette, les valeurs connues jusqu'à présent. Ainsi, à Poschiavo (GR), le mois se situe actuellement près de 2 °C au-dessus de l'ancien record de février 2020. Le foehn du nord a certainement contribué à cette douceur exceptionnelle en février. Du 2 au 5 février, il a apporté des conditions très douces dans certaines régions du Sud.

Vagues de douceur à répétition

Pendant la majeure partie du mois, la température moyenne journalière a été supérieure de plus de 3 °C à la norme dans tout le pays. Pendant près de la moitié des jours, la température moyenne journalière a régionalement dépassé la norme 1991-2020 de plus de 5 °C.

Une première vague de douceur a concerné le Sud des Alpes du 1er au 5 février et les régions de montagne du 2 au 6 février. Lors des journées les plus douces, les moyennes journalières au Sud ont été de 10 à 13 °C supérieures à la norme.

La deuxième vague de douceur s'est propagée du 7 au 11 février sur le Nord des Alpes et le Valais. Sous l'influence du foehn, les moyennes journalières les plus élevées ont dépassé localement la norme de 10 à 12 °C dans les vallées des versants nord des Alpes et en Valais.

La troisième vague de douceur a touché toute la Suisse du 14 au 19 février. Les moyennes journalières ont souvent dépassé la normale de 6 à 9 °C. En montagne, les 15 et 16 février, on a également enregistré des valeurs de 10 à près de 12 °C au-dessus de la norme.

Nuit de février la plus douce

Certains sites ont mesuré la nuit de février la plus douce depuis le début des mesures. A Bad Ragaz (SG), la température n'est pas descendue en dessous de 12,6 °C dans la nuit du 8 au 9 février, grâce au foehn. La précédente nuit la plus douce en février s’était produite du 6 au 7 février 2001 avec une valeur minimale de 10,9 °C. La série de mesures des températures minimales débute en 1938 à Bad Ragaz.

Neige dans le Sud-Est du pays

A partir du 22 février, une situation de sud-ouest qui a duré plusieurs jours a apporté de la neige en abondance dans les montagnes tessinoises et grisonnes. San Bernardino (1639 m) et Segl-Maria (1804 m) ont reçu près d'un mètre de neige fraîche en l'espace de 3 jours. A Santa Maria dans le Val Müstair (1386 m), on a enregistré 70 cm de neige fraîche et à Arosa (1878 m), près de 50 cm.

Un mois de février arrosé au Sud

Le Sud des Alpes et l'Engadine ont reçu des quantités de précipitations largement excédentaires en février. Certains sites ont mesuré l’équivalent de plus de 300 % de la norme 1991-2020, et même plus de 350 % de la norme à Stabio.

Dans le Nord et le Nord-Est de la Suisse, les sommes mensuelles se sont situées à certains endroits entre 100 et 125 %, voire localement autour de 160 % de la norme. Les autres régions de Suisse ont enregistré des quantités généralement déficitaires.

Floraison très précoce des noisetiers

Avec l'arrivée des températures douces à partir du 24 janvier, les chatons du noisetier ont fleuri dans toute la Suisse. Dès fin janvier et début février, des chatons du noisetier en fleurs ont été observés en montagne à 1000 m d'altitude. La majorité des observations de plaine ont été faites jusqu'au 10 février, tandis qu'en altitude, la floraison des noisetiers a également été observée jusqu'à la mi-février. Par rapport à la moyenne 1991-2020, la floraison du noisetier a eu cette année une avance de 3 semaines. La floraison des noisetiers a surtout été en avance de plus de 30 jours au-dessus de 800 m environ, ce qui est à mettre sur le compte du mois de février exceptionnellement doux.

La floraison du pas-d’âne a été observée à partir de la deuxième semaine de février dans plusieurs sites de plaine. Sur ces sites, la floraison du pas-d’âne s’est produite près de 4 semaines plus tôt que la moyenne 1991-2020. Habituellement, la floraison du pas-d’âne commence début mars à basse altitude et seulement mi-avril en montagne.

Les plantes à floraison précoce ont profité de la douceur en février pour se développer très tôt. Dans les forêts, on a pu observer des scilles à deux feuilles, des nivéoles du printemps et des feuilles d'ail des ours. Dans les jardins, les jonquilles, les perce-neige et les crocus ont fleuri.

Le bulletin définitif de février 2024 sera disponible à partir du 11 mars 2024 dans la rubrique Publications

L'hiver le plus doux depuis le début des mesures

La moyenne nationale de la température en hiver (décembre 2023 à février 2024) est actuellement de 0,9 °C (état au 27.02.2024). L'hiver se situe ainsi actuellement 2,8 °C au-dessus de la norme 1991-2020 et au premier rang depuis le début des mesures. L'hiver 2019/20 s'était presque montré aussi doux avec 2,6 °C au-dessus de la norme.

En Suisse, l'hiver s'est réchauffé de 2,9 °C entre la période de référence préindustrielle 1871-1900 et actuellement. Depuis la période de référence 1991-2020, le réchauffement est de 1,0 °C.

Les trois mois de l’hiver très doux

Décembre 2023 a dépassé de 2,0 °C la norme 1991-2020 et a été le cinquième mois de décembre le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. Janvier 2024 s'est également montré très doux avec 1,6 °C au-dessus de la norme. Localement, il s’agit de l'un des mois de janvier les plus doux depuis le début des mesures. Plusieurs sites ont mesuré des records de températures maximales journalières. La température en février 2024 a atteint un nouveau record avec 4,6 °C au-dessus de la norme 1991-2020.

Un début d’hiver extrêmement humide

En Suisse, le mois de décembre a enregistré des sommes de précipitations souvent largement excédentaires. Sur plus de 90 sites de mesure, décembre 2023 a fait partie des cinq, voire des trois mois de décembre les plus arrosés depuis le début des mesures. Localement, certains sites ont également enregistré le mois de décembre le plus arrosé depuis le début des mesures.

En janvier, le Nord des Alpes a de nouveau reçu des quantités de précipitations souvent excédentaires. En revanche, ailleurs, les quantités sont restées déficitaires, surtout dans le Haut-Valais, au Tessin et dans les Grisons.

En février, le Sud des Alpes a reçu des quantités de précipitations souvent largement excédentaires. Dans le Nord et le Nord-Est de la Suisse, les sommes mensuelles ont été légèrement supérieures à la norme à certains endroits. Les autres régions de Suisse ont enregistré des quantités généralement déficitaires.

Sur l'ensemble de l'hiver 2023/24, les sommes de précipitations ont souvent atteint l’équivalent de 130 à 160 % de la norme 1991-2020. En Engadine, les valeurs se sont situées entre 170 et 180 % de la norme. Au Sud des Alpes, des cumuls hivernaux représentant plus de 180 % de la norme ont également été enregistrés localement.

Un soleil hivernal discret

En décembre, mois riche en précipitations, l’ensoleillement est souvent resté inférieur à la norme 1991-2020, surtout dans les Alpes et le Jura. Des valeurs supérieures à la norme ont été enregistrées dans de vastes régions de basse altitude au Nord des Alpes ainsi que dans le Sud du Tessin.

En janvier, l’ensoleillement au Sud des Alpes a été proche de la norme ou légèrement excédentaire. Dans les autres régions de Suisse, il a généralement oscillé entre 80 et 100 % de la norme 1991-2020.

En février, l’ensoleillement n'a souvent atteint que 60 à 90 % de la norme. Aucune région n'a signalé des valeurs excédentaires.

Dans l'ensemble, l'hiver 2023/24 a connu un ensoleillement inférieur à la moyenne dans de nombreuses régions de Suisse. Les valeurs ont généralement oscillé entre 80 et près de 100 % de la norme 1991-2020. Ce n'est que dans quelques sites isolés que l’ensoleillement hivernal a atteint 100 % de la norme, voire légèrement plus.

Le bulletin définitif de l’hiver météorologique 2023/24 sera disponible à partir du 11 mars 2024 dans la rubrique Publications.