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Redoux sensible durant les prochains jours

MétéoSuisse-Blog | 22 janvier 2024
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Alors que la saison des tempêtes hivernales bat son plein au nord de l’Europe, un puissant anticyclone gagne du terrain du côté de la péninsule ibérique. Au milieu, la Suisse est impactée par les deux phénomènes, mais de manière marginale.

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Tempêtes au nord, anticyclone au sud

La fin du week-end a été relativement agitée au nord de l’Europe au passage de la tempête Isha. Des rafales maximales dépassant les 150 km/h ont été enregistrées par le UK met office et la situation restera délicate durant les prochains jours au passage de la tempête Jocelyn.

Plus au sud, les conditions anticycloniques de ces derniers jours se pérennisent. Les hautes pressions, déjà bien installées sur la péninsule ibérique, ont limité l’afflux d’air humide de l’Atlantique, favorisant un temps plus sec et clair vers le sud.

Durant les prochains jours, le contraste sera encore plus marqué avec un puissant courant d’ouest sur le nord de la région alors que les pressions continueront à monter au sud. La Suisse sera ainsi impactée, bien que marginalement, par ces deux centres d’action.

Températures en hausse

Après quelques journées plutôt hivernales, le changement de régime sera bien perceptible cette semaine. Alors que la question de la limite pluie-neige à basse altitude se posait encore la semaine dernière, la hausse de températures des prochains jours réglera, en tout cas temporairement, la question. L’animation ci-dessous présente l’évolution de la température au niveau 850 hPa.

Alors que la Suisse se retrouve en position marginale, toute juste dans la moitié la plus chaude de l’Europe, les teintes de vert et de jaune sur le sud-ouest de l’Europe sont plus impressionnantes. Les températures maximales prévues pour mercredi au Portugal, en Espagne et au sud de la France sont ainsi, sans grand étonnement, plutôt printanières.

Chez nous, la tendance sera moins marquée. Cependant, avec des maximales pouvant atteindre les 14 °C mercredi alors que la température n’a pas dépassé les 6 °C en plaine ce dimanche, le redoux sera sensible.

Anomalie de températures

Les images ci-dessous présentent l’anomalie de température en Europe jusqu’à jeudi. On constate ainsi que cette dernière est plus marquée sur le sud de l’Europe, bien qu'elle concerne une grande partie du continent.

Chez nous, les quelques jours plus froids de ces dernières semaines n’auront pas suffi à inverser la tendance en matière de température saisonnière. On découvre ainsi, sur les vignettes ci-dessous, que la température saisonnière à Genève, à la Chaux-de-Fonds et à Sion est restée plus élevée que la moyenne en comparaison à la norme climatique 1991-2020. De plus, une hausse persistante pourrait classer l’hiver 2023-2024 parmi les plus chauds jamais enregistrés comme l’indique la partie tout à droite du graphique correspondant à la prévision probabiliste.

Prévisions à moyenne échéance

La question se pose dès lors de savoir si les conditions anticycloniques qui favorisent cette hausse de températures jusque chez nous persisteront et si ces dernières se maintiendront dans des valeurs plus synonymes de printemps que de ski en moyenne montagne.

D’après le centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), la tendance en matière d’anomalie de géopotentiel à 500 hPa pourrait perdurer. Comme l’indiquent les vignettes ci-dessous, le signal en matière d’anomalie positive sur l’Europe se maintient jusqu’à mi-février. Une telle configuration atmosphérique favoriserait des conditions anticycloniques au niveau du sol et limiterait donc l’apport d'air plus humide et froid au centre du système.

Le signal en matière de température pour la Suisse romande reflète cette tendance. Le météogramme ci-dessous présentent la prévision probabiliste en matière de températures minimales et maximales pour Genève. On découvre ainsi que le modèle européen IFS tend à maintenir les températures minimales au-dessus de 0 °C, en considérant la médiane représentée par la barre noire au centre des boites à moustaches, alors que les maximales restent au-dessus de 9 °C jusqu’au 5 février.

Il paraît clair que tant que les hautes pressions réussiront à s’imposer sur nos régions, il ne faudra pas compter avec un retour à des conditions hivernales froides.