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Prévision des pluies et baromètre, quelques précisions

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La pluie est-elle forcément précédée d'une baisse de pression sur un baromètre? Telle est la question posée par un de nos fidèles lecteurs de blogs à laquelle nous tenterons de répondre ici.

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Le lien entre une détérioration météorologique et la baisse de la pression

Les enseignements de bases en météorologie nous expliquent qu'il existe des "centres d'actions" nommés anticyclones et dépressions. Nous apprenons qu'au sein des premiers l'air s'affaisse, se réchauffe par compression et occasionne une hausse de la pression atmosphérique proche du sol lorsqu'ils se rapprochent. Cet affaissement de l'air et ce réchauffement en altitude font évaporer les nuages, raison pour laquelle les anticyclones sont le plus souvent synonymes d'un temps ensoleillé et sec (hormis les situations de brouillard en plaine en saison froide, bien sûr).

Pour les dépressions, on apprend qu'au sein de celles-ci l'air s'élève, se refroidit par décompression et occasionne une baisse de la pression atmosphérique au sol lorsqu'elles se rapprochent. Ce soulèvement de l'air et ce refroidissement en altitude favorisent la condensation de l'humidité présente dans l'air, la formation des nuages et des précipitations, raison pour laquelle les dépressions sont le plus souvent synonymes d'un temps nuageux, pluvieux et en fonction du gradient de pression, venteux, voire tempétueux.

Mais les pluies sont-elles forcément précédées d'une baisse du baromètre ?

Fort des considérations précédentes et avec l'aide d'un baromètre mesurant la pression atmosphérique, il est possible de déterminer si les pressions sont à la hausse ou à la baisse et ainsi se renseigner si un centre d'action (anticyclone ou dépression) est en train de se rapprocher. C'est précisément la raison pour laquelle les baromètres prévoient de la pluie et du vent plus les pressions sont à la baisse et du temps ensoleillé et sec plus les pressions sont à la hausse... seulement voilà... tout n'est jamais aussi simple dans un monde compliqué... et la réponse à la question posée dans le titre est NON...

Pourquoi et dans quelles situations ?

Voici ci-dessous au moins trois situations où les pluies ne sont pas forcément précédées d'une baisse de la pression atmosphérique :

1. Situations de champs de pressions plates (dites de marais barométrique) : lorsque le champ de pression varie très peu comme ces jours derniers et que l'instabilité de la masse d'air est relativement importante, cela tend à favoriser les développements orageux. Cela a été notamment le cas durant la journée du mardi 30 août, journée où la pression atmosphérique était particulièrement élevée (supérieure à 1020 hectopascals au niveau de la mer) et n'a que très peu varié sur 24 heures mais où pratiquement toutes nos stations au sol ont enregistré des précipitations orageuses mesurables, voire pour certaines, localement plus de 20 à 50 mm. Dans ce cas précis, de petites "ondes courtes" en altitude ont également aidé à déstabiliser la masse d'air davantage et ont contribué à généraliser l'activité orageuse.

2. Situation de barrage de précipitations contre le versant d'une chaîne montagneuse : dans ce genre de situations, l'arrivée des précipitations est même le plus souvent accompagnée d'une hausse de la pression atmosphérique. En effet, lorsqu'une masse d'air vient buter contre le relief d'une chaîne montagneuse (par exemple contre le versant nord des Alpes ou contre le versant sud des Alpes), celle-ci subit une compression et donc une surpression est mesurée "au vent" de ce versant. Cette compression de la masse d'air contre le relief la force également à s'élever, à se refroidir et ainsi à former des nuages et des précipitations.

3. Situation de foehn sous le vent d'une chaîne montagneuse : dans ce genre de situations, une baisse de pression atmosphérique est bel et bien le plus souvent constatée mais n'est accompagnée que rarement de précipitations. En effet, l'air s'affaissant sous le vent du relief, il tend à se réchauffer et à évaporer les nuages et les précipitations, si bien qu'il ne pleut que très rarement par effet de foehn. En revanche, ce vent par définition sec et chaud peut souffler assez fort et créer une tempête de foehn, résultat de la différence de pression de part et d'autre de la chaîne montagneuse (surpression du côté "au vent", sous-pression du côté "sous le vent").

Conclusion

Bien que les pluies soient souvent précédées d'une baisse de la pression atmosphérique (à l'approche d'une dépression), cela n'est pas gravé dans le marbre et n'est pas toujours le cas. Des pluies peuvent parfois survenir sans baisse de la pression (situation de marais barométrique instable en été avec risque orageux plus ou moins marqué) et peuvent même être accompagnées dans certains cas d'une hausse de la pression (barrage de précipitations contre une chaîne montagneuse). De même, une baisse de la pression ne sera pas toujours accompagnée de précipitations, même lorsque les pressions sont basses (situation de foehn). Donc, fiez-vous à votre baromètre, mais pas trop... et soyez conscient du contexte météorologique dans lequel vous vous trouvez... ;)