Juillet 2026 s’est montré historiquement chaud, sec et ensoleillé en Suisse romande et en Valais avec de nombreux records à la clé.

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Climat
Juillet 2026 s’est montré historiquement chaud, sec et ensoleillé en Suisse romande et en Valais avec de nombreux records à la clé.

Les pressions sont restées plus élevées qu'en moyenne tout au long de ce mois de juillet au large de l’Irlande avec un anticyclone qui s’est souvent étendu jusqu’en Méditerranée occidentale (figure 1).
L’Europe occidentale a connu des conditions généralement sèches et chaudes. Ainsi, l’Angleterre et le Pays de Galles ont connu leur mois de juillet le plus sec depuis le début des mesures en 1836.
La France a connu son mois le plus chaud tous mois confondus depuis le début des mesures fiables en 1945.

La figure 2 montre l’évolution de la température moyenne journalière en mai à Genève-Cointrin, à Château-d’Oex et à Sion.
Seule la journée du 26 juillet s’est montrée légèrement plus fraîche que la normale. Autrement, toutes les journées ont montré des anomalies positives, parfois très importantes, notamment du 8 au 14 juillet et de nouveau à partir de la fin du mois. Cela correspond aussi aux périodes où des alertes canicules ont été émises pour les régions de plaine.
Tout comme en juin déjà, quelques records de température pour un mois de juillet ont été enregistrés. La journée la plus chaude a été enregistrée le 30 juillet. Les records ont été nombreux en Suisse alémanique et au Sud des Alpes. En Suisse romande, la station de Fahy a mesuré une valeur de 36,5 °C. Cette station avait déjà mesuré une valeur de 36,7 °C le 27 juin dernier. Il est remarquable que les deux valeurs les plus élevées de la série de mesures disponibles 1981 ait été relevées la même année, à 33 jours d’intervalle.
Au sommet du Moléson, il a fait jusqu’à 27,4 °C le 30 juillet, un nouveau record de chaleur tous mois confondus.
Parmi les températures minimales, la station de Fribourg a relevé 20,9 °C le 14 juillet, un nouveau record de chaleur pour ce paramètre.

En juillet, l’écart à la période de référence 1991-2020 a varié entre +2,5 °C à Viège et +4,7 °C à La Dôle. Les anomalies thermiques ont été plus importantes dans l’Arc jurassien et sur le Plateau.
En moyenne nationale, juillet 2026 a été 3,2 °C plus chaud que la période de référence 1991-2020 et 5,1 °C de plus chaud que la moyenne préindustrielle 1871-1900. Il s’agit du deuxième mois de juillet le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. Cependant, la marge est infime entre le mois de juillet 2015 et celui de 2006, si bien que la différence n’est pas considérée comme significative.

Au niveau local, il s’agit du mois de juillet le plus chaud dans les stations suivantes :
Fribourg (début des mesures en 1959)
Château-d’Oex (à égalité avec juillet 2015, début des mesures 1879, figure 4d)
Moléson (début des mesures en 1983)
Planfayon (début des mesures en 1972)
Payerne (début des mesures en 1965)
La Frétaz (début des mesures en 1978)
Neuchâtel (début des mesures en 1864, figure 4b)
Chaumont (début des mesures en 1864)
Chasseral (à égalité avec juillet 1983, début des mesures en 1981)
Ulrichen (début des mesures en 1959)
Zermatt (début des mesures en 1959)
Grächen (début des mesures en 1864)
Montana (à égalité avec juillet 2015, début des mesures en 1959)
Evolène/Villa (début des mesures en 1987)
Pully (début des mesures en 1959)
La Dôle (début des mesures en 1973)
Nyon/Changins (début des mesures en 1965)
La Chaux-de-Fonds (début des mesures en 1901)
Fahy (début des mesures en 1981)
À l’exception des stations du Moléson, de La Frétaz, du Chasseral et de Fahy, il s’agit même du mois le plus chaud, tous mois confondus.
Parmi les stations illustrées dans les figures, Genève-Cointrin (figure 4a) a connu son deuxième mois de juillet le plus chaud depuis le début des mesures en 1864, juste derrière juillet 2015. Sion (figure 4c a enregistré son troisième mois de juillet le plus chaud depuis le début des mesures en 1864, juste derrière juillet 2022 et juillet 2015. Enfin, au col du Gd-St-Bernard (figure 4e), il s’agit du troisième mois de juillet le plus chaud depuis le début des mesures en 1864, derrière juillet 2015 et juillet 2022.
À noter que les températures relevées à Neuchâtel en juillet 2026 correspondent à ce qui est habituellement mesuré à Rome au cours d’un mois de juillet normal.
En juillet, le nombre de journées tropicales (température maximale journalière de 30 °C ou plus) a été très élevés. La station de Neuchâtel a comptabilisé 20 journées tropicales, du jamais vu sur un seul mois, le précédent record étant de 17 journées en juillet 2015, juillet 2006 et juillet 1983. Depuis le début de l’année, le nombre de journées tropicales a déjà nettement dépassé les records de 2003 et 1947 (34 journées), alors que d’autres journées tropicales sont encore attendues (figure 5).
À Fahy également, la station a comptabilisé 13 journées tropicales en juillet, du jamais vu sur un seul mois depuis le début des mesures en 1981.

La chaleur de ce mois de juillet n’a pas seulement concerné les températures maximales, mais elle s’est aussi manifestée sur les températures minimales avec un grand nombre de nuits tropicales (température minimale journalière supérieure ou égale à 20 °C). Les stations situées au bord des lacs romands ont comptabilisé passablement de nuits tropicales en juillet 2026 : 10 au Bouveret et à Neuchâtel, 14 à Pully et 18 à Vevey. Pour la station de Neuchâtel qui dispose d’une longue série de données, le nombre de nuits tropicales depuis le début de l’année constitue déjà un net record depuis 1864 (figure 6).

À l’exception de la vallée du Rhône entre Sion et Brigue, toutes les stations ont affiché des précipitations largement déficitaires. L’anomalie pluviométrique a varié entre 13 % à La Brévine et 120 % de la période de référence 1991-2020 à Viège.
Plusieurs sites en Suisse romande ont connu leur mois de juillet le plus sec depuis le début des mesures, essentiellement dans le canton de Fribourg et une partie du canton de Vaud : Marsens, Planfayon, Guglera, Courtepin, Villars-Tiercelin, La Frétaz, La Brévine, Payerne/Ville, Valeyres-sous-Rances, Orbe, Chavornay, Yverdon-les-Bains, Orzens et Chanéaz.
Le Valais a été copieusement arrosé pendant la journée du 16 juillet et dans une moindre mesure pendant la journée du 25 juillet, ce qui explique ces excédents pluviométriques enregistrés localement.
En valeur absolue, Châbles (FR) a été l’endroit le plus sec de Suisse romande avec 11,2 mm. Quant à l’endroit le plus arrosé en juillet en Valais, il a été relevé à Derborence avec 117,1 mm.

L’ensoleillement relatif a été excédentaire dans toutes les régions en juillet. Le maximum a été mesuré au Moléson avec 166 % (328,6 h) de la période de référence 1991-2020. Les anomalies d’ensoleillement ont été un peu moins importantes en Valais avec 120 % de la référence 1991-2020 à Sion, ce qui correspond tout de même à 326,7 heures d’ensoleillement.
En valeur absolue, c’est à Oron que le soleil a le plus brillé en juillet 2026 avec un total de 344,7 heures.
On notera encore que les stations du Moléson et du Chasseral ont connu leur mois le plus ensoleillé, tous mois confondus, depuis le début des mesures (1983 au Moléson, 1981 au Chasseral).
Enfin, parmi les stations disposant de longues séries de mesure, Genève (début des mesures en 1897) a enregistré son troisième mois de juillet le plus ensoleillé, derrière juillet 2022 et juillet 1911, et Pully (début des mesures en 1901) son quatrième mois de juillet le plus ensoleillé.

Il arrive que l’on nous demande pourquoi nous parlons de la Suisse romande et du Valais et pas seulement de la Suisse romande (étant donné qu’une bonne partie du Valais en fait partie).
Pour des raisons linguistiques, le centre régional ouest de MétéoSuisse, basé à Genève, est responsable de la prévision pour la Suisse romande. Il l'est toutefois aussi pour l'ensemble du Valais (y compris le Haut-Valais, germanophone) pour des raisons climatologiques : le Valais (en amont de Martigny) a un climat spécifique, car cette région se situe entre les crêtes septentrionales (Alpes bernoises) et méridionales (Alpes valaisannes) des Alpes. Ceci nous amène à préciser que climatologiquement, le Chablais valaisan, en aval de Martigny, ne fait donc pas partie du Valais et que ses habitants doivent donc se référer aux prévisions pour la Suisse romande (et non à celles pour le Valais, lorsque celui-ci est spécifié séparément). Une carte des régions de prévision est disponible sur notre site internet.