Dans ce genre de situation, le vent de sud-ouest qui souffle sur le Plateau amène de l’air très chaud depuis le sud de la France, la Suisse romande se retrouve ainsi davantage exposée. Le 7 juillet 2015, une température de 39,7 °C avait été mesurée à Genève-Cointrin, la température la plus élevée jamais mesurée au nord des Alpes par le réseau officiel de MétéoSuisse.
Quel lien entre la masse d’air en altitude et la température au sol ?
La circulation atmosphérique joue un rôle dans les températures mesurées en plaine, mais ce n’est pas le seul élément qui intervient. L’humidité du sol et de la végétation est déterminante dans le niveau des températures maximales. Lors des canicules avec une masse d’air exceptionnellement chaude en moyenne montagne, par exemple en juillet 1983 et en juin 2019, l’absence de vent de sud-ouest combinée à des sols très humides avait limité la hausse des températures en plaine.
Pour illustrer ces différences, nous avons calculé, pour quelques canicules, la différence entre la température journalière maximale mesurée à 850 hPa (vers 1500-1600 m) par le radiosondage de Payerne et la température journalière maximale mesurée (à 2 m du sol) à la station de Payerne à 490 m d’altitude. Les canicules de 1983 et 2019 ressortent clairement avec une différence de température de seulement 10 °C. Ce sont également les canicules avec l’humidité relative moyenne la plus élevée (>60 %). La plupart des records de chaleur en montagne ont été mesurés lors de ces deux canicules. À l’inverse, les canicules de 2026 présentent la différence la plus importante, avec près de 14 °C pour celle de juin.