La première quinzaine de juin a été rythmée par un courant d’ouest plus dynamique que d’habitude à cette saison. Cela est illustré par la carte de gauche de la figure 1 ci-dessous. Elle montre les anomalies de géopotentiel à 500 hPa, en d’autres termes, la différence de pression en altitude par rapport à la situation moyenne à cette saison. Les pressions ont été plus basses qu’en moyenne entre le Groenland et l’Europe du Nord et l’anticyclone des Açores plus puissant et étendu qu’en moyenne. Entre-deux, le courant d’ouest s’est trouvé renforcé sur la Suisse avec à la clé des précipitations par moments et des températures de saison.
Durant la deuxième moitié du mois (carte de droite), un puissant anticyclone s’est établi sur l’Europe avec des pressions nettement plus élevées qu’en moyenne sur l’Europe du Nord. Le temps a donc été sec et exceptionnellement chaud en Suisse et sur une grande partie de l’Europe.

Après une alternance entre journées douces et fraîches, les températures ont atteint un niveau caniculaire en plaine, avec une température moyenne journalière supérieure à 25 °C et même à 27 °C durant plusieurs jours. Plusieurs records journaliers de température moyenne ont été battus (indiqués par les petits cercles sur la figure 2 ci-dessous). En Suisse romande, c’est à Delémont que la température maximale la plus élevée a été enregistrée avec 38,2 °C, devant les 38,1 °C de Neuchâtel et Payerne. Les stations de Fahy, Delémont, Chaumont, Neuchâtel, Payerne, Fribourg, Planfayon, La Dôle, Nyon, Genève, Pully, Aigle, Sion, Zermatt et Viège ont enregistré un nouveau record de température maximale pour un mois de juin. Pour les stations de Fahy, Delémont, Chaumont, Neuchâtel et Viège, il s’agit même d’un record absolu de température, tous mois confondus. Plusieurs records de température minimale élevée ont été battus avec de nombreuses nuits tropicales.

La station de Genève-Cointrin a enregistré 13 jours consécutifs de canicule, c’est-à-dire avec une température moyenne journalière égale ou supérieure à 25 °C. C’est seulement la deuxième fois que plus de 10 jours consécutifs de canicule sont observés à Genève depuis le début des mesures en 1864. La première fois, c’était en août 2003, avec 13 jours également. Et c’est seulement la quatrième fois, après 2003, 2015 et 2023, que l’on observe 3 jours consécutifs ou plus avec une température moyenne journalière d’au moins 27 °C, ce qui correspond à une alerte de niveau 4. Plus d’informations sur la canicule de juin sont disponibles dans les blogs du 23 juin et du 30 juin.
En moyenne suisse, juin 2026 a été le troisième mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures en 1864, derrière juin 2003. En Suisse romande, il s’est en revanche classé deuxième dans la plupart des stations de basses altitudes, derrière 2003 et devant 2025. En montagne, juin 2026 s’est le plus souvent classé troisième, derrière juin 2003 et 2025. Avec une anomalie de 4,4 °C par rapport à la température moyenne de juin sur la période de référence 1991-2020, les stations de Fahy et de Chaumont ont été les plus chaudes de Suisse romande (en relatif).

Ce mois de juin 2026 s’inscrit dans le contexte du réchauffement climatique avec une hausse de température importante depuis les années 1990. Il s’agit tout de même d'un mois chaud dans le climat actuel (illustré par la moyenne glissante sur 30 dans les graphiques ci-dessous).
En raison des conditions anticycloniques persistantes durant la deuxième moitié du mois, les cumuls de précipitations ont été déficitaires dans la quasi-totalité des régions. C’est à Sion qu’il a le moins plu, avec seulement 17,4 mm, cette valeur correspond à 36 % de ce qui tombe en moyenne durant un mois de juin (période de référence 1991-2020). En relatif, c’est à Payerne que le mois a été le plus sec, avec un cumul de précipitations de 23,7 mm, correspondant à 27 % de la moyenne. Ce mois de juin est donc le troisième le plus sec depuis le début des mesures en 1965 à cette station, derrière juin 1976 et 2023. En Suisse romande et en Valais, seule la station de Mottec dans les Alpes valaisannes a enregistré un excédent hydrique avec un cumul de 116,4 mm, correspondant à 130 % de la moyenne 1991-2020.

L’ensoleillement relatif a été excédentaire dans toutes les régions en juin. Le maximum a été mesuré à La Dôle avec 145 % (274 h) de l’ensoleillement relatif moyen en juin. En plaine, l’ensoleillement à atteint 130 % à Genève (321 h), c’est même le 5e mois de juin le plus ensoleillé depuis le début des mesures en 1901 à cette station. L’ensoleillement a été un peu moins important en Valais avec 110 % de la moyenne à Viège, ce qui correspond tout de même à 270 h d’ensoleillement.

Il arrive que l’on nous demande pourquoi nous parlons de la Suisse romande et du Valais et pas seulement de la Suisse romande (étant donné qu’une bonne partie du Valais en fait partie).
Pour des raisons linguistiques, le centre régional ouest de MétéoSuisse, basé à Genève, est responsable de la prévision pour la Suisse romande. Il l'est toutefois aussi pour l'ensemble du Valais (y compris le Haut-Valais, germanophone) pour des raisons climatologiques : le Valais (en amont de Martigny) a un climat spécifique, car cette région se situe entre les crêtes septentrionales (Alpes bernoises) et méridionales (Alpes valaisannes) des Alpes. Ceci nous amène à préciser que climatologiquement, le Chablais valaisan, en aval de Martigny, ne fait donc pas partie du Valais et que ses habitants doivent donc se référer aux prévisions pour la Suisse romande (et non à celles pour le Valais, lorsque celui-ci est spécifié séparément). Une carte des régions de prévision est disponible sur notre site internet.