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Un mois de mai et un printemps globalement anticycloniques 

Le mois de mai a été marqué par des conditions globalement anticyclonique sur l’Europe occidentale et centrale (figure 1a). Des conditions plus dépressionnaires que la moyenne ont régné sur le sud-est de l’Europe, ainsi qu’au nord-ouest de la Scandinavie.

Le printemps s’est montré plutôt anticyclonique sur l’ensemble de l’Europe, à l’exception de l’Islande et de la Méditerranée orientale (figure 1b). Cela s’est traduit par le printemps le plus chaud depuis le début des mesures en France, en Angleterre, au Pays de Galles, mais aussi en Finlande et en Norvège. 

Deuxième décade de mai très fraîche, dernière décade très chaude 

La figure 2 montre l’évolution de la température moyenne journalière en mai à Genève-Cointrin, à Château-d’Oex et à Sion.

La première décade de mai a été proche de la normale. La deuxième décade a été remarquablement fraîche, mais sans record de froid pour autant. La troisième décade a été exceptionnellement chaude avec plusieurs records de chaleur. Cette dernière décade a complètement compensé la fraîcheur de la deuxième décade. Les anomalies chaudes ont été plus importantes que les anomalies fraîches. Ainsi, le mois de mai s’est terminé par un excédent thermique.

Des records de chaleur pour un mois de mai ont été relevés aussi bien sur les températures maximales, moyennes et minimales.

Au chapitre des températures maximales, la plupart des records sont tombés le 26 mai avec une majorité de stations de montagne. On pourra citer la valeur de 25,4 °C mesurées à Grächen (début des mesures en 1968) à 1605 m.

Concernant les températures moyennes journalières, le seuil des 25 °C a été atteint en mai pour la première fois depuis le début des mesures à Sion le 27 mai et à Nyon/Changins le 28 mai. C’est le seuil qui est habituellement défini pour lancer une alerte canicule. En Suisse romande et en Valais, ce seuil n’a été atteint que pendant une journée. 

Enfin, s’agissant des températures minimales, jamais la température n’était restée au-dessus de 20 °C (seuil de la nuit tropicale) en mai à Neuchâtel jusqu’au 28 mai 2026 où une valeur minimale de 20,1 °C a été mesurée (début des mesures en 1864). Le précédent record pour un mois de mai était de 18,4 °C le 24 mai 2009. Un record dépassé de 1,7 °C pour une station disposant d’une très longue série de mesures est tout à fait remarquable.

Figure 2. Évolution de la température moyenne journalière en mai 2026 à Genève-Cointrin (en haut), à Château-d’Oex (au milieu) et à Sion (en bas). Les barres rouges indiquent les valeurs supérieures à la période de référence 1991-2020, représentée par la ligne noire continue. Les lignes traitillées indiquent l’écart-type et les barres grises les extrêmes pour la période 1864-2024 (1879-2024 pour Château-d’Oex). Les cercles signifient un record journalier pour la température moyenne journalière.
Figure 2. Évolution de la température moyenne journalière en mai 2026 à Genève-Cointrin (en haut), à Château-d’Oex (au milieu) et à Sion (en bas). Les barres rouges indiquent les valeurs supérieures à la période de référence 1991-2020, représentée par la ligne noire continue. Les lignes traitillées indiquent l’écart-type et les barres grises les extrêmes pour la période 1864-2024 (1879-2024 pour Château-d’Oex). Les cercles signifient un record journalier pour la température moyenne journalière. (MétéoSuisse)

Sur l’ensemble du printemps, les principales périodes fraîches se sont produites du 14 au 16 mars, du 25 mars au 3 avril et du 11 au 19 mai. Sinon les périodes normales à chaudes ont dominé. 

 

Huitième mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures 

En mai, l’écart à la période de référence 1991-2020 a varié entre +0,8 ° C à La Brévine et +2,0 °C à Grächen. Les régions de montagne ont souvent connu des anomalies de températures plus prononcées que les régions de plaine.  En moyenne nationale, mai 2026 a été 1,5 °C plus chaud que la période de référence 1991-2020. Il s’agit du huitième mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. 

Sur l’ensemble du printemps, l’écart à la période de référence 1991-2020 a varié entre +0,9 ° C à La Brévine et à Delémont et +2,0 °C à Grächen et à La Dôle. Comme en mai, les régions de montagne ont souvent connu des anomalies de températures plus prononcées que les régions de plaine. En moyenne nationale, le printemps a été 1,5 °C plus chaud que la période de référence 1991-2020. Il s’agit du troisième printemps le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. Le printemps le plus chaud reste celui de 2011, suivi de 2007.

Au niveau local, il s’agit du 7e mois de mai le plus chaud à Neuchâtel (figure 4b) et à Château-d’Oex (figure 4d), du 8e mois de mai le plus chaud à Sion (figure 4c) et au col du Gd-St-Bernard (figure 4e) et du 9e mois de mai le plus chaud à Genève-Cointrin (figure 4a) depuis le début des mesures en 1864 (depuis 1901 pour Château-d’Oex).

Un des printemps les plus chauds en Suisse romande et en Valais

Il s’agit du 2e printemps le plus chaud à Neuchâtel (figure 5b), au Chaumont, à Sion (figure 5c) et à Grächen, du 3e le plus chaud au col du Gd-St-Bernard (figure 5e) et du 4e le plus chaud à Genève-Cointrin (figure 5a) et à Château-d’Oex (figure 5d). Parmi toutes ces stations, c’est le printemps 2011 qui s’est avéré le plus chaud.

Un grand nombre de journées tropicales 

La première journée tropicale (température maximale journalière de 30 °C ou plus) de l’année a été enregistrée à Viège le 22 mai, ce qui est relativement précoce, mais pas exceptionnel. Ensuite, Viège aligne une série de journées tropicales jusqu’à la fin du mois avec un total de 10 journées. Jamais un tel nombre de journées tropicales n’avaient été mesurées en mai depuis l’ouverture de la station en 1980. A Sion, 8 journées tropicales ont été comptabilisées en mai 2026, ce qui est également un nombre exceptionnel. A Neuchâtel, 5 journées tropicales ont été mesurées en mai 2026, ce qui est un record depuis le début des mesures homogénéisées en 1864. Jusqu’à cette année, seules 7 journées tropicales avaient été comptabilisées en mai à Neuchâtel depuis 1864. En mai 2026, on en a ajouté 5 d’un coup ! 

Figure 6. Nombre de journées tropicales pour chaque printemps de 1864 à 2026 à Neuchâtel.
Figure 6. Nombre de journées tropicales pour chaque printemps de 1864 à 2026 à Neuchâtel. (MétéoSuisse)

Un mois de mai globalement sec

Même s’il a souvent plu au cours des deux premières décades de mai, la pluviométrie est restée déficitaire presque partout. Seuls 7 postes pluviométriques ont connu un léger excédent : les trois postes du canton de Genève avec un maximum de 118 % de la période de référence à Genève-Cointrin, La Cure (112 %), Morgins (105 %), Les Avants (104 %) et Fahy (101 %). Ailleurs, le déficit s’est parfois montré important, notamment en Valais. Par exemple, à Montagnier, Bagnes, il n’est tombé que l’équivalent de 34 % de la norme 1991-2020.

En valeur absolue, Brigue a été l’endroit le plus sec du Valais avec 26,7 mm. Quant à l’endroit le plus arrosé en mai en Suisse, il a été relevé aux Avants (VD) avec 180,2 mm.

La pluviométrie sur l’ensemble du printemps 2026 est restée partout déficitaire (Figure 6b) avec des valeurs variant entre 41 % de la norme 1991-2020 à Sion et 93 % à Saas Fee. Sur une bonne partie du Plateau romand, le déficit atteint souvent 50 % de la norme. La région genevoise a reçu un peu plus d’eau avec un déficit n’atteignant que l’équivalent d’un tiers de la norme. Sur l’ensemble de la Suisse, il s’agit du huitième printemps le plus sec depuis le début des mesures en 1864. 

Un ensoleillement largement excédentaire en mai et sur l’ensemble du printemps

Grâce à une dernière décade pleinement ensoleillée, l’ensoleillement en mai a présenté un excédent dans toute la Suisse. L’ensoleillement en Suisse romande et en Valais a varié de 114 % de la période de référence 1991-2020 à Viège à 137 % au col du Gd-St-Bernard. En valeur absolue, c’est à Sion que le soleil a le plus brillé en mai 2026 avec un total de 273,3 heures.

Le printemps 2026 s’est montré l’un des plus ensoleillé depuis le début de mesures, atteignant 120 à 135 % de la période de référence 1991-2020. A Genève, avec 732,5 heures (131 % de la norme 1991-2020), il s’agit du deuxième printemps le plus ensoleillé depuis le début des mesures en 1901. Le printemps le plus ensoleillé reste celui de 2011. A Pully, il s’agit même du printemps le plus ensoleillé depuis le début des mesures en 1901 avec 747,5 heures (figure 8c). La Chaux-de-Fonds et Sion ont mesuré leur troisième printemps le plus ensoleillé, tandis que Neuchâtel a enregistré son quatrième printemps le plus ensoleillé. Toutes ces stations disposent de données homogénéisées d’ensoleillement depuis 1901.  

Figure 8c. Ensoleillement à Pully pour chaque printemps de 1901 à 2026. Le printemps 2026 a été le plus ensoleillé.
Figure 8c. Ensoleillement à Pully pour chaque printemps de 1901 à 2026. Le printemps 2026 a été le plus ensoleillé. (MétéoSuisse)

Pourquoi parle-t-on de la Suisse romande ET du Valais dans nos bulletins ?

Il arrive que l’on nous demande pourquoi nous parlons de la Suisse romande et du Valais et pas seulement de la Suisse romande (étant donné qu’une bonne partie du Valais en fait partie).

Pour des raisons linguistiques, le centre régional ouest de MétéoSuisse, basé à Genève, est responsable de la prévision pour la Suisse romande. Il l'est toutefois aussi pour l'ensemble du Valais (y compris le Haut-Valais, germanophone) pour des raisons climatologiques : le Valais (en amont de Martigny) a un climat spécifique, car cette région se situe entre les crêtes septentrionales (Alpes bernoises) et méridionales (Alpes valaisannes) des Alpes. Ceci nous amène à préciser que climatologiquement, le Chablais valaisan, en aval de Martigny, ne fait donc pas partie du Valais et que ses habitants doivent donc se référer aux prévisions pour la Suisse romande (et non à celles pour le Valais, lorsque celui-ci est spécifié séparément). Une carte des régions de prévision est disponible sur notre site internet.