Comme déjà expliqué dans le blog du 13 juin, un anticyclone subtropical va progressivement s’étendre en direction de l’Europe depuis l’Afrique du Nord au cours de la semaine. Il est visible sur l’animation ci-dessous (figure 1) en violet ; celle-ci montre l’altitude du géopotentiel à 500 hPa, ce qui illustre la pression en altitude (vers 5800 m). Il entraînera de l’air particulièrement chaud dans notre direction.

L’évolution de la masse d’air est illustrée par la température vers 1500 m dans l’animation ci-dessous (figure 2). La barre des 20 °C en air libre devrait être franchie en fin de semaine.
Lorsqu’on parle de température en air libre, il s’agit d’une température qui n’est pas influencée par le réchauffement diurne de la surface terrestre. Cette température (que l’on mesure notamment à l’aide de ballons-sondes) permet de qualifier la masse d’air. Il est donc, par exemple, possible que la température en air libre à 1500 m soit plus élevée la nuit que la journée. Lors d’une journée ensoleillée, cette température ne correspond pas à la température mesurée, par exemple, à la même altitude à Montana ou Davos. La température de l’air mesurée aux stations de mesure au sol est directement influencée par le réchauffement diurne et le refroidissement nocturne de la surface terrestre. La température à 850 hPa est souvent utilisée pour illustrer la température de la masse d’air. 850 hPa est un niveau de pression qui correspond en moyenne à une altitude de 1500 m.

Dans tous les cas, il va faire chaud, mais l’intensité de cette période de chaleur est encore quelque peu incertaine. Les prévisions de la température de la masse d’air varient encore de quelques degrés. Une température en air libre à 1500 m de 20 °C provoquerait des températures comprises entre 32 et 34 °C en plaine, voire localement 35 °C. S’il fait 23 °C à 1500 m, comme cela est envisagé par certains scénarios, des températures de 35-36 °C seraient généralisées, avec des pointes à 37 °C localement. À noter que la température en plaine dépend aussi d’autres facteurs, comme le vent. Selon les scénarios les plus chauds, on dépasserait par endroits les records de température pour un mois de juin.

L’incertitude est nettement plus marquée pour ce qui est de la durée de cette période de chaleur. Certains scénarios envisagent une petite baisse de température autour du 23 juin à la faveur d’une zone dépressionnaire qui passerait au nord de la Suisse. Cette baisse ne pourrait toutefois être que temporaire avant un retour de l’anticyclone subtropical. Selon d’autres scénarios, l’anticyclone serait trop puissant pour une quelconque incursion d’air moins chaud et les conditions caniculaires pourraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois. Il s’agit d’un scénario qui provoquerait une canicule extrêmement longue et intense.
La figure 4 ci-dessous montre l’évolution de la température vers 1500 m au niveau de Genève. Les courbes montrent les 51 scénarios du modèle IFS. Jusqu’à dimanche, les courbes sont très proches les unes des autres, ce qui indique une bonne fiabilité. À partir de lundi, les courbes commencent à diverger.

Un troisième point incertain concerne la journée de vendredi. La chaleur pourrait être temporairement atténuée par de l’activité orageuse. Une zone légèrement plus instable et humide en provenance du sud-ouest est attendue vendredi. Elle augmentera l’instabilité de la masse d’air et favorisera le développement d’orages. Ils devraient principalement concerner les reliefs, mais pourraient aussi déborder en plaine. Les températures pourraient rapidement descendre dans l’après-midi en cas d’orage. Cela serait toutefois temporaire, avec des conditions plus sèches attendues dès samedi.
À ce stade, un avis de canicule de niveau 3 semble probable, mais la durée est incertaine. Un préavis, puis un avis seront émis ces prochains jours lorsque la durée de cet événement sera mieux cernée. Les seuils de canicule (température journalière moyenne ≥ 25 °C) devraient probablement être atteints à partir de jeudi.
