Le bloc anticyclonique responsable de cette vague de chaleur – historique par sa précocité, son intensité et sa durée – devrait enfin s’évacuer en début de semaine prochaine. Presque tous les indices vont dans ce sens, à commencer par la température vers 1500 m en atmosphère libre, que l’on peut visualiser ci-dessus. La carte de droite montre un net gradient de température dimanche déjà à l’ouest de la Suisse, avec des températures de plus de 20 °C au-dessus des Alpes, et moins de 12 °C sur la façade Atlantique. Ce gradient de température est la marque d’un front froid attendu chez nous pour lundi.
Comment peut-on être certain que ce scénario se produira ? Réponse : on ne peut pas ! En revanche, on peut jeter un coup d’œil aux différents membres de la prévision d’ensemble pour voir combien d’entre eux ont une version similaire. Et voici ce que cela donne :

Sur les 51 membres de la prévision d’ensemble, une immense majorité montre une rapide baisse des températures durant la journée de lundi, puis une nouvelle baisse pour mercredi. Les rares outsiders qui se font un peu prier finissent également par se résoudre à la baisse, au plus tard mercredi. Si l’on traduit cela en termes probabilistes, la probabilité que la température à 1500 m soit supérieure à 20 °C lundi en fin de journée est pour ainsi dire nulle au nord des Alpes :

Les températures déterministes que l’on retrouve sur l’App MétéoSuisse se font l’écho de cette rupture des températures entre dimanche et lundi pour toutes les régions de Suisse romande :

Avant d’en arriver là, il reste toutefois un dernier écueil à surmonter. En effet, à l’avant de la perturbation de lundi, le courant s’orientera au sud-ouest, faisant affluer vers la Suisse de l’air toujours très chaud, voire un peu plus, mais nettement plus humide. Cela aura pour effet d’augmenter encore l’inconfort, notamment en diminuant la capacité du corps à lutter contre la chaleur par la transpiration, mais également en augmentant les températures minimales nocturnes. De fait, les valeurs maximales de températures attendues entre samedi et dimanche font froid dans le dos, si l’on peut dire…

L’augmentation de l’humidité et l’approche de la perturbation auront également pour effet d’augmenter progressivement le risque d’orages. D’abord cantonné dans les Alpes et les Préalpes, ce dernier concernera à terme également les autres régions, en particulier dimanche et lundi. Dans un premier temps, ces orages d’abord quasi-stationnaires pourront donner d’importants cumuls de précipitations, notamment en Valais ; avec le courant de sud-ouest, ils deviendront plus dynamiques et pourront éventuellement produire des rafales tempétueuses, voire de la grêle. En revanche, en diminuant l’ensoleillement et en entraînant vers le sol de l’air plus frais, ils seront en mesure de diminuer – temporairement – les effets de la canicule, et cela relativement loin de leur lieu de formation. En effet, en situation caniculaire, les courants descendants des orages se propagent loin à la ronde dans de l’air surchauffé, et par conséquent très peu dense et léger.

La canicule prendra fin selon toute vraisemblance durant la journée de lundi. D’ici là, les températures vont encore s’élever d’un cran, tout comme l’humidité, laquelle augmentera l’inconfort – notamment nocturne – ainsi que le risque d’orages. Ces considérations ont mené MétéoSuisse à généraliser le degré 4 (le plus élevé pour les vagues de chaleur) à une grande partie des régions de plaine. Un préavis d’orage de degré 3 a également été émis pour ce jeudi après-midi et soirée dans les Alpes.

