Durant le week-end de l’Ascension, la température se situait généralement 7 à 8 degrés en dessous de la norme pour un mois de mai. La Pentecôte pourrait à l’inverse être très chaude, avec des températures maximales en plaine 7 à 8 degrés au-dessus des normales saisonnières.
Entre jeudi et samedi derniers, un couloir dépressionnaire s’est creusé depuis la Scandinavie, traversant peu à peu l’Europe en direction des Balkans. Il entraînait de l’air humide d’origine polaire vers nos régions. Cela nous a valu des températures maximales en plaine entre 11 et 13 °C en Suisse romande et de la neige par moments jusque vers 1000 m, comme le relatait notre blog de vendredi 15.
Si des chutes de neige à des altitudes entre 1000 et 1200 m ne sont pas exceptionnelles en mai, elles sont devenues relativement rares ces 20 dernières années. On notera l’exemple de la station de la Cure, à 1185 m dans le Jura vaudois, où il est tombé 2 cm le 11 mai dernier, puis 6 cm le 14 mai et encore 10 le lendemain. Comme le montre le graphique ci-dessous, il s’agit de quantités devenues très rares depuis le début des années 2000, les 30 cm du 7 mai 2004 faisant exception. Les 10 cm relevés le 15 mai se placent même au 6e rang en 60 ans de mesures en mai (ex aequo avec un certain nombre de cas dans les années 1970, 80 et 1 cas en 1995.

Hier dimanche, à la faveur d’une hausse temporaire de la pression, le soleil a été plus présent, ce qui a permis à la température de grimper jusque vers 18 °C.
La masse d’air est toutefois encore froide et la neige tombée les jours précédents est encore présente ce lundi au-dessus de 1700 m environ.

Jusqu’à mercredi matin, nous serons encore sous l’influence d’un courant d’ouest relativement humide et instable. En cas d’intervalle d’éclaircies, des averses, voire de l’orage pourront se développer, notamment ce lundi après-midi. On verra aussi défiler plusieurs petites perturbations sur nos régions. La limite pluie/neige va rester en dessous de 2000 m.
Dès mercredi, changement de décor, une crête de haute pression va s’étendre sur l’ouest de l’Europe, ramener un temps sec et surtout faire grimper les températures.
Jeudi et vendredi s’annoncent bien ensoleillés avec des températures en hausse. L’isotherme 0 degré pourrait remonter vers 4000 m, avec un premier palier mardi après-midi après le passage d'un petit front chaud, puis un deuxième entre mercredi et jeudi, sous l'effet de la hausse des pressions.

Le week-end de Pentecôte est encore incertain, très probablement chaud samedi, avec des températures en plaine qui pourraient atteindre 26 à 28 °. Il reste qu’une nouvelle dépression d’altitude se profile sur la Manche, voire le nord de la France dimanche et lundi, ce qui pourrait entraîner de l’air plus humide et un risque d’averses ou d’orage en augmentation. Comme on peut le voir ci-dessous, les prévisions de quantités de pluie pour dimanche 24 mai sont encore très disparates, ceci probablement en raison de la composante orageuse des précipitations. Le modèle à haute résolution est plus pessimiste que la médiane des ensembles.

La température pourrait baisser à nouveau dimanche et lundi de Pentecôte, selon la position (la proximité) de la dépression d’altitude. A suivre..

Infos complémentaires :
Qu'est-ce qu'une dépression d'altitude, ou goutte froide ?
Comment se forment les orages ?