Autant le dire tout de suite, nous ne sommes pas en période d’excédant pluviométrique. Sur les 30 derniers jours, le déficit est compris entre -35 et -80 % des précipitations normales. Les régions les plus impactées par ce déficit à court terme sont le sud des Alpes, les Grisons – notamment l’Engadine et les vallées italophones – ainsi que le Haut-Valais ; dans une moindre mesure, le Plateau (en particulier romand) est également en situation de déficit marqué pour cette période :

Le déficit pluviométrique sur 30 jours joue un rôle important sur l’état de sécheresse des sols superficiels, et par conséquent sur le risque d’incendie de forêt, même si ce dernier obéit à de multiples autres facteurs. On retrouve cependant les régions mises en évidence dans la carte ci-dessus dans celle du risque d’incendie, en particulier le sud des Alpes et les Grisons, avec même localement un degré de danger 4, ce qui n’est guère habituel pour cette période de l’année :

Si l’on se penche sur le déficit pluviométrique à plus long terme, important pour l’état des cours d’eau par exemple, la situation est moins préoccupante puisque le déficit le plus important avoisine les -35 % ; on notera toutefois que la grande majorité du pays est en déficit, à l’exception de l’arc jurassien, l’ouest lémanique et certaines régions du Valais. Pour cette période, on retrouve les minima au sud des Alpes et en Engadine, mais également sur l’ouest du versant nord des Alpes, région pour laquelle le déficit de ce mois d’avril entre pour beaucoup. Il faut également relever que lorsque l’on considère des périodes de référence fixes, certaines journées particulièrement arrosées peuvent peser d’un très grand poids dans l’évaluation, laquelle pourra donc changer rapidement lorsque lesdites journées sortent de la période d’évaluation.


La situation des cours d’eau ne coïncide pas forcément avec celle du déficit pluviométrique, car leur état dépend de facteurs très variés, dont la nature du sol, la taille des cours d’eau ou encore leur mode d’alimentation. Ainsi, les cours d’eau alimentés essentiellement par la fonte des glaciers s’affranchissent-ils dans une large mesure de la pluviométrie.
Jusqu’à fin avril – début mai, les perspectives sont peu encourageantes, avec la persistance d’une situation de haute pression et d’une tendance à la bise au nord des Alpes, diablement efficace pour assécher la masse d’air (en milieu de journée, le taux d’humidité au nord des Alpes était inférieur à 40 % ces derniers jours). La sécheresse devrait donc s’accentuer durant les deux prochaines semaines, notamment dans l’arc alpin et sur le Plateau. A plus long terme, soit aux environs du 4-5 mai, le rétablissement d’un courant d’ouest à sud-ouest – favorable au passage de perturbations ou à une nette accentuation de l’instabilité – semble être l’option privilégiée par les modèles à moyenne échéance. Tout cela est encore loin bien sûr et devra être confirmé, mais permet quand même d’espérer.
Et comme tout le monde le sait, l’espoir – tout comme l’eau – fait vivre !



Retrouvez l’évaluation de la sécheresse sur le site dédié de la Confédération.