Les alertes font également l’objet d’une évaluation quant à leur étendue spatiale. Une alerte est considérée comme « pertinente » lorsque plus de la moitié de la zone couverte par l’alerte répond aux critères. Les rafales maximales, les quantités de neige fraîche ou de pluie prévues dans une alerte ne doivent donc pas nécessairement se produire partout dans la zone couverte pour que l’alerte soit considérée comme « pertinente ». À l'inverse, un événement météorologique pour lequel aucune alerte n'a été émise est pris en compte dans l'évaluation en tant qu'événement « manqué ».
Les phénomènes météorologiques à partir du niveau d'alerte 3 sont ainsi classés comme « alerte validée », « événement manqué » ou « alerte inutile ». Des formes mixtes sont également possibles si seule une partie de la zone sous alerte est touchée ou non touchée. On peut en déduire les valeurs suivantes :
- Taux de réussite : il reflète la proportion d'alertes correctes.
- Taux de fausses alertes : il indique la proportion d'alertes inutiles.
Un taux de réussite – généralement calculé sur une année – de 100 % et un taux de fausses alertes de 0 % signifieraient que toutes les alertes ont été émises de manière parfaite.
Des exigences de qualité pour nos alertes météorologiques à partir du niveau d'alerte 3 ont été convenues avec les autorités cantonales. Sur une année, le taux de réussite doit être d'au moins 85 % et le taux de fausses alertes ne doit pas dépasser 30 %. Ces valeurs correspondent aux « meilleures pratiques » comparables dans le contexte international. Elles reflètent la réalité selon laquelle il existe également des incertitudes dans le domaine des alertes. Il n'est donc pas possible d'émettre des alertes toujours parfaites. En même temps, elles contribuent à réduire au maximum le nombre d'alertes inutiles.
Les principaux objectifs des alertes sont de protéger la population et, dans la mesure du possible, de limiter au maximum l'ampleur des dégâts. Dans cette optique, les prévisionnistes de MétéoSuisse préfèrent jouer la carte de la prudence et, en cas de doute, optent pour l'émission d'une alerte. Cette approche est non seulement acceptée par les autorités, mais elle est même attendue. Bien entendu, la publication d’alertes doit toujours être mûrement réfléchie afin de ne pas nuire à la crédibilité du système d’alerte.