Contenu

Pied de page

Conditions dépressionnaires

Le mois de février 2026 a été marqué par des conditions dépressionnaires sur le proche Atlantique et l’Europe de l’Ouest, comme l’illustre la carte ci-dessous (figure 1). Cette situation a généré un courant océanique bas en latitude avec souvent un courant d’ouest à sud-ouest sur la Suisse et parfois de nord-ouest au milieu du mois. Cela a généré de conditions humides au Nord des Alpes et douces sur tout le pays. Sur l’ensemble de l’hiver, on retrouve une anomalie de pression similaire à celle du mois de février, mais moins marquée, notamment en raison des conditions plus anticycloniques en décembre.

Carte d'anomalie de géopotentiel à 500 hPa (en décamètres) du 1er au 28 février 2026 par rapport à la moyenne 1991-2020 sur la même période.
Figure 1. Anomalie de géopotentiel à 500 hPa (en décamètres) du 1er au 28 février 2026 par rapport à la moyenne 1991-2020 sur la même période. (Source : NCEP - NOAA - https://psl.noaa.gov/data/histdata/)

Un mois de février et un hiver doux

Avec une température moyenne nationale de 1,2 °C, février 2026 a été 3,1 °C plus doux que la période de référence 1991-2020. Il se classe ainsi au 7e rang des mois de février le plus doux depuis le début des mesures en 1864. Il s’agit du 7e mois de févier avec une température moyenne supérieure à la période de référence 1991-2020, il faut remonter à 2018 pour trouver un mois de février froid.

L’ensemble de l’hiver météorologique (décembre à février) a également été doux avec une anomalie nationale de +1,6 °C. Il s’agit du 6e hiver le plus doux depuis le début des mesures. Il faut également remonter à l’hiver 2017-2018 pour trouver une température moyenne inférieure à la période de référence.

Carte de l'écart (en °C) à la période de référence 1991-2020 de la température moyenne pour février 2026.
Figure 2. Écart (en °C) à la période de référence 1991-2020 de la température moyenne pour février 2026. (Source : MétéoSuisse)

La douceur a été particulièrement marquée à basse altitude en février. À Neuchâtel et Payerne, il s’agit du 3e mois de février le plus doux depuis le début des mesures, à égalité avec février 1990 et derrière février 2024 et 2020. À Sion, février 2026 se classe également au 3e rang, à égalité avec février 2020, derrière 2024 et 1990. L’absence de nuits claires et froides fait que l’anomalie douce a été particulièrement marquée à La Brévine avec +4,9 °C, ce qui classe février 2026 au 4e rang (derrière 2024, 1990 et 1966).

Comme l’illustre la figure 4 ci-dessous, tous les jours ont été plus doux que la période de référence 1991-2020 en plaine comme en moyenne montagne (à l’exception du 4 février, exactement au niveau de la référence à Genève).

Graphique de l'évolution de la température moyenne journalière en février 2026 à Genève-Cointrin (en haut) et à Château-d’Oex (en bas). Les barres rouges indiquent les valeurs supérieures à la période de référence 1991-2020, représentée par la ligne noire continue. Les lignes traitillées insiquent l’écart-type et les barres grises les extrêmes pour la période 1865-2024 (1879-2024 pour Château-d’Oex). À Genève, le cercle signifie un record journalier pour la température moyenne journalière pour un 23 février.
Figure 4. Évolution de la température moyenne journalière en février 2026 à Genève-Cointrin (en haut) et à Château-d’Oex (en bas). Les barres rouges indiquent les valeurs supérieures à la période de référence 1991-2020, représentée par la ligne noire continue. Les lignes traitillées insiquent l’écart-type et les barres grises les extrêmes pour la période 1865-2024 (1879-2024 pour Château-d’Oex). À Genève, le cercle signifie un record journalier pour la température moyenne journalière pour un 23 février. (Source : MétéoSuisse)

Plusieurs records mensuels de douceur

La fin du mois de février a été marquée par une période anticyclonique très douce. Plusieurs records de températures maximales les plus élevées pour un mois de février ont été enregistrés. Sans surprise, aucun record de froid n’a été mesuré.

  • 20,0 °C à Fahy le 27.02.2026 (précédent record : 19,6 °C le 24.02.2021
  • 17,6 °C à La Chaux-de-Fonds le 27.02.2026 (précédents records : 17,0 °C le 25.02.2026 et 16,8 °C le 25.02.2021)
  • 16,3 °C à La Brévine le 27.02.2026 (précédent record : 16,2 °C le 25.02.2021)

Un mois très arrosé et enneigé

Toutes les stations de mesure de Suisse romande et du Valais ont enregistré un cumul mensuel de précipitations supérieur à la période de référence 1991-2020. C’est la station de Genève-Cointrin qui a mesuré l’anomalie la plus grande avec un cumul de précipitations correspondant à 288 % de la valeur de référence. Il s’agit du 4e mois de février le plus arrosé depuis le début des mesures avec un cumul de 159,6 mm (derrière février 1990, 1970 et 1976). À Viège en Valais, le cumul a atteint 108,8 mm, ce qui correspond à 280 % de la valeur de référence. À La Dôle, 357 mm de précipitations ont été enregistrés en février, ce qui correspond à la 3e valeur la plus élevée depuis le début des mesures en 1973. Certaines régions ont été un peu moins arrosées avec des cumuls plus proches de la valeur de référence, notamment dans une partie des Préalpes fribourgeoises avec par exemple 122 % à Broc.

De fortes chutes de neige ont concerné les Alpes et le Jura entre le 10 et le 13 février, puis entre le 15 et le 19 février. L’enneigement est ainsi devenu temporairement excédentaire avant qu’une fonte rapide du manteau neigeux ne débute à la fin du mois.

Carte de la répartition spatiale des sommes de précipitations en février 2026, représentée en % de la période de référence 1991-2020.
Figure 5. Répartition spatiale des sommes de précipitations en février 2026, représentée en % de la période de référence 1991-2020. (Source : MétéoSuisse)

Le bilan de l’hiver est plus contrasté avec des cumuls de précipitations excédentaires seulement sur l’ouest lémanique et le sud du Jura. Le cumul atteint par exemple 120 % de la valeur de référence à Genève-Cointrin. Ailleurs, les cumuls ont été déficitaires, notamment dans les Préalpes avec par exemple seulement 56 % de la valeur de référence à Château-d’Oex, ce qui classe l’hiver 2025-2026 au 12e rang des plus secs. 

Un ensoleillement légèrement déficitaire en février

L’ensoleillement généreux à la fin du mois a compensé en bonne partie le déficit qui était encore marqué le 20 février. Finalement, l’ensoleillement n’a été que légèrement déficitaire avec environ 90 % de la valeur de référence dans la plupart des régions. Le soleil a toutefois un peu moins brillé dans le nord du Jura et la région des Trois-Lacs avec par exemple 63 heures de soleil à Neuchâtel, ce qui correspond à 68 % de la valeur de référence. C’est au Gornergrat en Valais que le soleil a le plus brillé avec un total de 139 heures.

Sur l’ensemble de l’hiver, la durée d’ensoleillement est généralement comprise entre 100 et 130 % de la valeur de référence. En Suisse romande, seule la région du Chablais a enregistré un ensoleillement déficitaire avec environ 80 % de la valeur de référence.

Carte de la répartition spatiale de l’ensoleillement en février 2026, représenté en % de la période de référence 1991-2020.
Figure 6. Répartition spatiale de l’ensoleillement en février 2026, représenté en % de la période de référence 1991-2020. (Source : MétéoSuisse)

Informations supplémentaires

Pourquoi parle-t-on de la Suisse romande ET du Valais dans nos bulletins ?

Il arrive que l’on nous demande pourquoi nous parlons de la Suisse romande et du Valais et pas seulement de la Suisse romande (étant donné qu’une bonne partie du Valais en fait partie).

Pour des raisons linguistiques, le centre régional ouest de MétéoSuisse, basé à Genève, est responsable de la prévision pour la Suisse romande. Il l'est toutefois aussi pour l'ensemble du Valais (y compris le Haut-Valais, germanophone) pour des raisons climatologiques : le Valais (en amont de Martigny) a un climat spécifique, car cette région se situe entre les crêtes septentrionales (Alpes bernoises) et méridionales (Alpes valaisannes) des Alpes. Ceci nous amène à préciser que climatologiquement, le Chablais valaisan, en aval de Martigny, ne fait donc pas partie du Valais et que ses habitants doivent donc se référer aux prévisions pour la Suisse romande (et non à celles pour le Valais, lorsque celui-ci est spécifié séparément). Une carte des régions de prévision est disponible sur notre site internet.