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Ensoleillé et très doux

Ces prochains jours seront dominés par l'influence d'une zone de haute pression qui s'étend de la Méditerranée occidentale aux Alpes. Cette dorsale de haute pression fera affluer de l'air très doux depuis le sud-ouest vers nos régions. 

Concrètement, le temps sera souvent bien ensoleillé. On notera parfois quelques voiles de nuages élevés. Ceux-ci pourraient se faire plus insistants dès jeudi et notamment vendredi à l'avant d'une perturbation, à la faveur de remontées de poussières du Sahara. En début de matinée, quelques bancs de brouillard pourraient être présents sur le Plateau, notamment près des plans d'eau, mais le soleil de cette période de l'année devrait être en mesure de les dissiper rapidement.

Les températures seront très douces l'après-midi avec des valeurs souvent égales ou supérieures à 15 °C. Des pointes approchant les 20 °C ne sont pas exclues, notamment dans le nord du Jura, le Valais et la région de Bâle. Au Sud des Alpes, ce sera la journée de mardi qui se montrera la plus chaude avec des valeurs maximales approchant les 20 °C. Cette douceur se fera nettement sentir aussi en montagne, notamment durant les journées de mardi et mercredi où l'isotherme du zéro degré culminera à plus de 3200 mètres. Pour les régions du Plateau, le pic de chaleur sera plutôt attient jeudi et vendredi grâce à l'établissement de vents du sud-ouest dès jeudi après-midi. Ici, c'est dans la région genevoise que des valeurs de 18 °C ou plus pourront être atteintes jeudi après-midi. Il est toutefois peu probable que des records de température soient battus dans les régions de plaine ces prochains jours (voire la carte des valeurs maximales record pour un mois de février).

Températures maximales record avec date d'occurrence pour un mois de février. La probabilité que de tels records soient battus est plutôt faible.
Températures maximales record avec date d'occurrence pour un mois de février. La probabilité que de tels records soient battus est plutôt faible. (MétéoSuisse)
Evolution de la température à 1500 m d'altitude pour ces prochains jours prévue par l'IFS de ECMWF. Les zones en rouge indiquent la présence d'air chaud, celles en bleu de l'air froid.
Evolution de la température à 1500 m d'altitude pour ces prochains jours prévue par l'IFS de ECMWF. Les zones en rouge indiquent la présence d'air chaud, celles en bleu de l'air froid. (MétéoSuisse)
Crocus en fleur au jardin botanique de Genève en ce lundi 23 février 2026.
Crocus en fleur au jardin botanique de Genève en ce lundi 23 février 2026. (MétéoSuisse)

"Rupture" saisonnière 

Comme une hirondelle ne fait pas le printemps, un épisode de douceur ne signe pas forcément l'arrivée du printemps. Il faut comprendre que la différence entre l'hiver et le printemps n'est pas uniquement une simple question de température. En fait, le printemps ne se caractérise pas seulement par des températures généralement plus élevées que l'hiver, mais aussi par la manière dont les couches d'air sont agencées par rapport à l'hiver. Durant les mois de décembre et janvier, le soleil est bas sur l'horizon et les journées sont courtes. Ceci induit une tendance au refroidissement des couches d'air à proximité du sol et à la formation de fortes inversions de températures entre ces couches d'air proches du sol et celles situées juste au-dessus. C'est cette configuration qui est à l'origine des fréquents stratus et brouillards qui occupent bien souvent les régions de plaine alors que la moyenne montagne jouit d'un temps ensoleillé et doux. Vers la deuxième quinzaine de février, à la faveur d'un soleil de plus en plus haut dans le ciel et d'une durée du jour en rapide augmentation, cet agencement change. Les couches d'air proches du sol se réchauffent alors que la moyenne montagne tend à devenir plus froide que les plaines. Par conséquent, les inversions de températures disparaissent peu à peu ou se limitent aux premières heures du matin. Ces inversions plus rares et éphémères limitent aussi la formation des grisailles stratiformes, pain noir des journées hivernales. Parallèlement, ce changement de stratification des couches d'air que l'on observe en fin d'hiver donne lieu à des mouvements convectifs à l'origine de la formation de cumulus sur les crêtes. De manière générale, le ciel perd de son uniformité en se "cumuliformisant" et l'atmosphère gagne en limpidité.

Ainsi, même si dans les semaines, voire les mois à venir, d'éventuelles descentes d'air polaire devaient entraîner une chute drastique de la température et même de la neige jusqu'en plaine, il serait quelque peu abusif de parler d'un vrai retour de l'hiver, un peu comme pour cette boisson qui ressemble à de l'alcool, qui a le goût de l'alcool, mais qui n'est pas de l'alcool. Ici, nous aurions une situation qui ressemble à l'hiver, qui a le froid de l'hiver, mais qui n'est pas de l'hiver car il manque la stratification de l'air propre à la saison froide. D'ailleurs, ces retours de froid intempestifs, parfois dévastateurs pour l'agriculture et l'arboriculture, font en réalité partie intégrante du "pack printemps" que vous avez souscrit, mais écrit en petits caractères.

Jonquilles en fleur au jardin botanique de Genève en ce lundi 23 février 2026.
Jonquilles en fleur au jardin botanique de Genève en ce lundi 23 février 2026. (MétéoSuisse)

Moins doux et plus changeant dès samedi prochain

Après les quelques jours de douceur pleinement printanière, les températures accuseront une baisse à partir de samedi. Cependant, le front froid qui passera dans la soirée et nuit de vendredi à samedi ne semble manifestement pas être la perturbation de l'année. Ce sera une perturbation en voie d'affaiblissement dans un champ de pression plutôt élevé. La masse d'air à l'arrière sera plus fraîche, mais pas franchement froide. Les maximales du week-end prochain seront de l'ordre de 12 à 15 °C. D'autres perturbations assez peu actives pourraient suivre dans un courant de sud-ouest un peu mou.

Evolution probabiliste de la température à 1500 m d'altitude et des précipitations pour le point Genève.
Evolution probabiliste de la température à 1500 m d'altitude et des précipitations pour le point Genève. (MétéoSuisse)
Cyclamens en fleur au jardin botanique de Genève en ce 23 février 2026.
Cyclamens en fleur au jardin botanique de Genève en ce 23 février 2026. (MétéoSuisse)