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Ralentissement du courant d’ouest

Après les chutes de neige du week-end dernier, le courant s’est orienté au sud-ouest, faisant remonter de l’air très doux sur la Suisse. Les températures maximales enregistrées hier mercredi illustrent cette douceur avec des maximales proches de 10 °C en plaine et jusqu’à 13,4 °C à Genève (maximum suisse).
 

Carte des températures maximales mesurées le 14 janvier 2026.
Figure 1. Températures maximales mesurées le 14 janvier 2026.

Ce jeudi matin, un front pluvieux a touché le Jura et le Plateau romand, mais la tendance est au ralentissement du courant d’ouest ces prochains jours. La raison est la mise en place d’un anticyclone sur l’Europe de l’Est qui va provoquer une situation de blocage. Cela va empêcher le courant d’ouest de s’entendre en direction de l’Europe. Les dépressions peu creusées vont donc plonger vers le sud en direction de la péninsule Ibérique. La Suisse va se retrouver entre les deux dans un faible courant du sud. Au Nord des Alpes, le temps va donc rester sec avec des grisailles sur le Plateau et un temps plus ensoleillé au-dessus et dans les autres régions. Ce blocage va progressivement s’affaiblir la semaine prochaine (19 au 25 janvier), mais la situation restera sèche, douce et peu dynamique sur nos régions.

Carte de la hauteur du géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m) prévu pour le samedi 17 janvier par le modèle IFS Contrôle (H : haute pression / T : basse pression).
Figure 2. Hauteur du géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m) prévu pour le samedi 17 janvier par le modèle IFS Contrôle (H : haute pression / T : basse pression). (Source : ECMWF - MétéoSuisse)

Évolution pour la semaine du 26 janvier au 1er février

Pour la dernière semaine de janvier, la situation devrait évoluer quelque peu avec la fin du blocage sur l’Europe de l’Est. Pour débuter cette analyse, nous pouvons regarder la situation moyenne prévue sur toute la semaine par le modèle IFS. La figure 3 ci-dessous montre le géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m) moyenné sur la période du 26 janvier au 1er février. Les contours noirs montrent la pression moyenne et les couleurs illustrent les anomalies, c’est-à-dire la différence par rapport à la situation moyenne à cette période de l’année.

À l’image de la semaine précédente, le courant d’ouest devrait être ralenti (gradient de pression se desserrant sur le proche Atlantique) et avoir une position plus au sud qu’en général (anomalie négative de pression sur le sud-ouest de l’Europe et la Méditerranée). Dans cette situation, on peut imaginer une dépression (B) sur l’ouest ou le centre de la Méditerranée. Des pressions plus élevées qu’en moyenne (anomalie positive) sont modélisées sur la Scandinavie avec un possible anticyclone (H). Il est possible que le blocage de la semaine précédente sur l’Europe de l’Est se décale en direction de la Scandinavie.

Carte de la hauteur du géopotentiel moyen (courbes noires, en décamètres) et anomalies (couleurs) prévues pour la semaine du 26 janvier au 1er février 2026 par le modèle IFS.
Figure 3. Hauteur du géopotentiel moyen (courbes noires, en décamètres) et anomalies (couleurs) prévues pour la semaine du 26 janvier au 1er février 2026 par le modèle IFS (B : basse pression / H : haute pression). (Source : ECMWF)

Voilà ce que nous pouvons dire à l’aide de cette carte qui n’est qu’une moyenne de nombreux scénarios différents sur une semaine. La carte d’anomalie de température à 2 m (figure 4) nous donne quelques informations supplémentaires. Il y a un signal clair pour des températures très basses sur la Russie et l’Europe de l’Est. Des températures légèrement en dessous des moyennes saisonnières sont aussi modélisées sur le proche Atlantique et la péninsule Ibérique, en lien avec des pressions plus basses qu’en moyenne dans ces régions. Le froid pourrait aussi s’étendre sur une bonne partie de l’Europe de l’Ouest, ce signal provient probablement du fait que plusieurs scénarios envisagent une continentalisation du flux (courant d’est).

On voit que pour la Suisse et l’Italie, il n’y a pas de signal pour des températures supérieures ou inférieures à la moyenne saisonnière. Cela s’explique probablement par le fait que plusieurs scénarios envisagent une dépression sur l’Espagne qui ferait remonter de l’air doux depuis le sud sur nos régions. La Suisse semble donc être au carrefour de diverses influences. 

Carte d'anomalies de température à 2 m (en °C) prévues pour la semaine du 26 janvier au 1er février 2026 par le modèle IFS.
Figure 4. Anomalies de température à 2 m (en °C) prévues pour la semaine du 26 janvier au 1er février 2026 par le modèle IFS. (Source : ECMWF)

Dans ce scénario moyen, tout le pourtour méditerranéen serait concerné par des conditions plutôt humides alors que les précipitations seraient plus rares sur l’Europe du Nord et de l’Est (figure 5). Comme pour les températures, la Suisse se retrouve au carrefour des influences avec une probabilité plus élevée d’observer des précipitations au Sud qu’au Nord des Alpes.

Carte des anomalies de précipitations (en %) prévues pour la semaine du 26 janvier au 1er février 2026 par le modèle IFS.
Figure 5. Anomalies de précipitations (en %) prévues pour la semaine du 26 janvier au 1er février 2026 par le modèle IFS. (Source : ECMWF)

Exemples concrets

Pour illustrer à quoi la situation de cette dernière semaine de janvier pourrait ressembler, nous avons choisi deux scénarios différents pour le jeudi 29 janvier. Le premier (figure 6) est un scénario froid. Une dorsale anticyclonique (H) s’étendrait en direction de la Scandinavie alors que plusieurs petites dépressions (B) circuleraient entre la France et la Méditerranée. Ce scénario serait favorable à une expansion de l’air froid de la Russie en direction de l’ouest, en particulier sur le nord de la France et le sud de l’Angleterre. La Suisse se retrouverait également dans l’air froid, même si elle resterait en marge des températures les plus basses.
 

Hauteur du géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m, contours noires) et température à 850 hPa (vers 1500 m) prévues pour le 29 janvier 2026 par le scénario 45 de l’ensemble du modèle IFS.
Figure 6. Hauteur du géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m, contours noires) et température à 850 hPa (vers 1500 m) prévues pour le 29 janvier 2026 par le scénario 45 de l’ensemble du modèle IFS. (Source : ECMWF - MétéoSuisse)

La situation générale du deuxième scénario (figure 7) est similaire avec une zone de haute pression à proximité de la Scandinavie et de l’air froid sur la Russie. Cependant, une dépression (B) plus creusée se situerait sur l’Espagne, avec comme conséquence un courant du sud doux sur l’Europe de l’Ouest. L’air froid ne s’étendrait pas au-delà du nord de l’Allemagne.

Hauteur du géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m, contours noires) et température à 850 hPa (vers 1500 m) prévues pour le 29 janvier 2026 par le scénario 46 de l’ensemble du modèle IFS.
Figure 7. Hauteur du géopotentiel à 500 hPa (pression vers 5500 m, contours noires) et température à 850 hPa (vers 1500 m) prévues pour le 29 janvier 2026 par le scénario 46 de l’ensemble du modèle IFS. (Source : ECMWF - MétéoSuisse)

Conclusion

Après une semaine prochaine calme et plutôt ennuyante d’un point de vue météorologique, tout reste ouvert pour la dernière semaine de janvier. Il est bien trop tôt pour annoncer le retour du froid. Cependant, le scénario le moins probable est le retour d’un courant d’ouest marqué, pour le reste, plusieurs options sont possibles. Un courant d’est plutôt froid est envisageable tout comme un courant du sud favorable aux précipitations au Tessin. Un scénario intermédiaire frais et modérément humide est aussi possible. On ne peut également pas exclure le maintien d’une situation peu dynamique sèche à l’image de la semaine du 19 au 25 janvier. Cette situation illustre les incertitudes liées à la circulation atmosphérique et ce sont ces incertitudes qui rendent la météorologie passionnante, même si elles peuvent parfois être source de frustrations.

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