Aux alentours de 19 heures locales le 18.01.2026, une éruption solaire de classe X1.9 s’est produite sur la surface du Soleil avec une éjection de masse coronale dirigée vers la Terre. Environs 26 heures plus tard, soit entre 21 et 23 heures locales le 19.01.2026, l’onde de choc du vent solaire associée à cette éruption avait déjà atteint la magnétosphère terrestre avec comme conséquence l’activation d’un paroxysme auroral qui s’est rapidement répandu autour des latitudes polaires et latitudes moyennes. L’arrivée de cette tempête géomagnétique mesurée par des satellites spécialisés a fait bondir la vitesse du vent solaire de 300 km/s à plus de 1000 km/s en l’espace de quelques minutes avec comme conséquence un l’indice Kp (indice basé sur les mesures de magnétomètres afin d'estimer l'activité géomagnétique global actuel) atteignant rapidement des valeurs entre 8 et 9.
Cela a permis ainsi aux habitants des latitudes moyennes de bénéficier d’un spectacle auroral d’une rare intensité pour autant de se situer dans des régions arborant un ciel dégagé. Pour les observateurs en Suisse, l’idéale était de se trouver sur les crêtes du Jura, du Salève ou des Préalpes et des Alpes, c’est-à-dire au-dessus du brouillard et du stratus, tout en concentrant son regard en direction du nord.
Bien que la vitesse du vent solaire associée à cette tempête géomagnétique est restée au-dessus de 900 km/s quasi-toute la nuit du 19 au 20 janvier, les lumières aurorales se sont assez rapidement atténuées après 23 heures locales. L’orientation du champ magnétique interplanétaire qui était jusqu’alors favorablement orienté au sud, a basculé fortement au nord dès ce moment-là et durant le reste de la nuit. Tous les paramètres n’étaient dès lors plus en mesure d’entretenir le spectacle. En revanche dès la fin de la nuit en Europe, les habitants des latitudes moyennes d’Amérique du Nord ont pu à leur tour admirer les lumières du nord en milieu de nuit avec une orientation du champ magnétique interplanétaire qui s’était à nouveau favorablement orienté au sud.
Ceci est essentiellement lié à la progression du cycle solaire de 11 ans. Nous nous trouvons actuellement encore proche du pic d’activité de ce cycle solaire qui a eu lieu en milieu/fin de l’année 2024. Lors de la phase active de ce cycle, les régions de taches solaires sur la surface du disque sont plus nombreuses, ce qui augmente la probabilité d’éruptions solaires de forte intensité. Ces éruptions étant à l’origine des tempêtes géomagnétiques terrestres, plus nous nous trouvons proche du pic du cycle solaire, plus la probabilité est élevée d’observer des aurores boréales à des latitudes plus méridionales lors d’évènements intenses dirigés vers la Terre. Egalement déterminant, depuis l'avenue des pics des cycles solaires précédents (notamment en 2001/2002 et en 2013/2014), la généralisation des smartphones, les bonds en qualité des appareils photos, le nombre de sites de prévisions spécialisés ainsi que la technologie de mesure (satellites, magnétomètres, webcams) et de prévision (indices Kp, prévision de modèles à court terme basés sur les mesures satellitaires) de cette "météo spatiale" ont tous considérablement évolués et se sont améliorées. Cela a comme conséquence une médiatisation plus marquée de ce phénomène et tant à amplifier sa portée via les réseaux sociaux.

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