Les feuilles de givre se forment sur une surface enneigée au cours d’une succession de nuits claires et froides. L’air humide, mais non saturé (pas de brouillard) dépose des cristaux de glace à la surface de la neige. L’eau contenue dans l’air passe en fait directement de l’état gazeux à l’état solide, ce qui permet au fil des nuits la formation de véritables feuilles ou éventails de givre, suivant la structure hexagonale des cristaux de glace. Des conditions temporairement anticycloniques et relativement froides étaient réunies début 2025 dans le canton de Schwyz.

Ces nuages bien délimités à l’aspect lisse, posés les uns sur les autres, semblent bien tranquilles dans le ciel tessinois. Mais ce jour-là, malgré l’apparente immobilité de ces nuages lenticulaires, les conditions sont tout sauf calmes. Les lenticulaires sont en effet les marqueurs de forts vents en altitude, et se forment par ondulation de l’atmosphère au-dessus ou en aval du relief, ici les Alpes. Les rayons rasants du soleil bas sur l’horizon créent de jolis contrastes au sein même des nuages qui se déploient entre ombre et lumière.

Un soir d’août durant lequel la quiétude estivale est perturbée, une fois n’est pas coutume, par de l’activité orageuse. À l’approche d’une perturbation, le soleil a encore brillé durant toute la journée et la chaleur de l’été a contribué à amplifier l’instabilité de l’air. C’est finalement durant la soirée que les ingrédients se sont réunis pour permettre à l’orage d’éclater. Celui-ci a alors illuminé le ciel de mille feux, trahissant l’énergie présente en altitude au travers d’une activité électrique aussi belle qu’assourdissante, comme ici à Morat dans le canton de Fribourg.

Les aurores boréales (ou aurores polaires) viennent parfois danser dans le ciel des latitudes moyennes, voire jusqu’aux Tropiques dans les cas exceptionnels. Cela se produit lorsque de puissantes éruptions à la surface du Soleil projettent une quantité particulièrement importante de matière solaire en direction de la Terre. Lorsque ce flux de particules s’approche de la Terre, il interagit avec le champ magnétique terrestre, pouvant donner lieu à une forte tempête magnétique (Kp élevé), à condition que le champ magnétique du nuage de plasma en provenance du soleil soit orienté au sud. La tonalité rose-rouge vient de la présence d’atomes d’azote dans la haute atmosphère, excités par les particules solaires. Le vert habituel des aurores est, lui, lié à la présence d’atomes d’oxygène, situés à des altitudes moins élevées. Etant donné l’angle d’observation, les aurores visibles depuis nos latitudes ont généralement, comme ici, une teinte rose-rouge.

Au cœur de l’hiver, le soleil a fait réapparaitre l’herbe sur les versants sud au-dessus de Sigriswil. Quant à lui, le lac de Thoune a disparu dans le brouillard. Au-dessus, le Stockhorn domine la mer de brouillard sous un ciel bleu azur. Ce jour-là, la température devait être légèrement plus élevée au sommet du Stockhorn qu’à Thoune où elle n’a pas dépassé 1 °C.

Certains ciels recèlent des phénomènes intéressants. Sur cette photo du massif du Mont Blanc prise depuis le Jura vaudois, on peut admirer une palette de couleurs et de nuages qui en disent long sur les conditions météorologiques du jour. Au premier plan, le fameux stratus recouvrant le Plateau, indice d’une situation de haute pression. À l’arrière-plan, coiffant le Mont Blanc, un empilement de lentilles nuageuses qui ne sont autre que les nuages lenticulaires, matérialisations de forts vents de secteur nord en altitude qui ondulent au passage des reliefs. En prime, une jolie coloration orangée des lenticulaires à l’aube d’une journée de décembre prometteuse pour celles et ceux qui auront la chance de se trouver au-dessus de la grisaille.

Ce nuage en forme de soucoupe volante en suspension au-dessus du Piz Rosatsch indique la présence d'une onde générée par le vent de secteur sud qui souffle perpendiculairement au relief. Les nuages de ce type, appelés lenticulaires, sont souvent un signe de la présence de foehn dans les Alpes. Ce dernier jour d’octobre, le vent est calme dans la vallée, ce qui permet au lac de San Murezzan d’agir comme un miroir.

Lever de soleil un matin de novembre au milieu des arbres de la forêt bernoise de Guttannen. Les conditions anticycloniques qui règnent depuis quelques jours favorisent une inversion de température nocturne dans les basses couches. Ainsi, une nappe de stratus recouvre le Plateau suisse jusque vers 1200 mètres. Mais ici, dans la vallée de l’Aar, la nature nous invite à assister au triomphe de la lumière. Dans une atmosphère boisée et humide, les rayons du soleil sont sublimés et offrent un véritable spectacle de lumière qui annonce le retour de températures plus clémentes durant la belle journée qui démarre.

Un courant d’ouest en altitude et de l’air relativement humide au-dessus des Alpes ont permis de former ces nuages d’onde dans la région du lac della Sella dans le massif du Gothard. Ces nuages ondulés prennent le nom d’altostratus undulatus.

Après une chaude journée d’été où les températures ont largement dépassé les 30 °C en plaine, des orages se sont développés sur le relief. Un cumulonimbus s’étendant à plus de 10’000 m d’altitude sur le massif de l’Alpstein a pu être immortalisé depuis Wangen dans la banlieue zurichoise au moment où il était transpercé par un éclair.

Un paysage digne d’une toile de Turner. Quelques barques en contre-jour et un ciel de soir d’été après l’orage. Les nuages les plus bas, déjà à l’ombre, s’ouvrent pour laisser apparaître les bases des nuages supérieurs, encore illuminés en rose par le soleil couchant. Pour accentuer l’effet tragique, on distingue dans le lointain les enclumes menaçantes de quelques derniers cumulonimbus sur le Jura, voire l’Alsace.

Pas de lumière sans ombre. Pour que des ombres portées soient visibles dans l'atmosphère, celle-ci doit contenir de petites gouttelettes d'eau ou d'autres aérosols en suspension. Lorsque la lumière du soleil rencontre ces particules, elle est diffusée dans toutes les directions. Si un obstacle (nuages, arbres, bâtiments) bloque les rayons du soleil, il se produit une ombre dans cette zone, dont résulte une zone plus sombre. Ici, le rythme est donné par la succession de vallées transversales au lac Majeur. La lumière est clairement diffusée par la brume, dont on perçoit la limite supérieure. Celle-ci s’est formée lors d’une situation anticyclonique stable à la fin de l’année 2019.

Cette impressionnante structure nuageuse en forme d’arc qu’on observe en bordure de certaines cellules orageuses violentes porte le nom d’arcus. Un ourlet à la base sombre semble vouloir engloutir tout observateur trop proche... L’arcus se forme par soulèvement de l’air à l’avant d’un orage dynamique, en déplacement parfois sur plusieurs dizaines voire centaine de kilomètres ! Associé à de fortes rafales, il précède généralement de quelques minutes une forte averse et de la grêle, visible sur cette photo prise dans la région du lac de Constance. Bien que photogéniques, les arcus restent des marqueurs d’orages virulents, parfois destructeurs.

Lever de soleil sur le lac de Zoug au printemps. Alors qu’une couche éparse de stratocumulus envahit le ciel à l’approche d’un front froid, le bleu du ciel se mélange et se perd dans celui du lac, agrémenté de moutons blancs qui dansent à la surface de l’eau. Le miroir parfait que nous propose dame nature au petit matin invite à la sérénité et au calme.

Ces mammatus (également appelé « Mamma » selon la nouvelle désignation de l'OMM) ont été immortalisés un soir d’été dans le Jura français. Les mammatus se forment sous la partie instable d’un nuage, lorsque des gouttelettes d’eau ou des cristaux de glace précipitent dans l’air sec sous-jacent. Ceux-ci vont alors s’évaporer, humidifiant et refroidissant l’air de manière locale, lui imprimant un mouvement vers le bas. L’air alentour restant sec et plus chaud conservera au contraire un mouvement ascendant. Ces deux effets combinés donneront à la base du nuage un aspect de mamelles.

La neige ne cesse de tomber depuis presque trois jours jusqu’en plaine sur l’est du Plateau Suisse. Cette situation typique de retour d’est hivernale réjouit les amoureux de l’or blanc et complique passablement le quotidien des pendulaires. Pour les plus chanceux, cette période hivernale est une invitation à la balade, au gré des flocons, sans pour autant oublier, au-delà du blanc généreusement proposé par la nature ce jour-là, les couleurs de l’arc-en-ciel.

Altocumulus au lever du soleil dans le Jura soleurois. Ces nuages se sont formés dans un secteur chaud à l’avant d’un front froid peu actif lors d’une journée d’été. Le soleil, encore bas sur l’horizon, illumine la vallée de la Dünnern avant d’être masqué par ces nuages.
