On parle de situation météorologique bloquée lorsque le courant d'ouest qui prévaut habituellement sous nos latitudes est durablement interrompu ou dévié. Ce phénomène est généralement dû à des anticyclones quasi stationnaires. Une particularité de ces anticyclones est qu'ils s'auto-entretiennent grâce à la situation de courant qui s'installe, ce qui leur permet de persister très longtemps. Un tel blocage dure en moyenne environ 7 à 10 jours, mais peut, dans des cas extrêmes, se prolonger pendant deux à trois semaines.
On distingue essentiellement trois types de blocages, qui se définissent par leur structure et la disposition de leurs centres de pression.
Le plus connu est le bloc oméga, qui se caractérise par une puissante zone de haute pression flanquée de deux dépressions fermées. La forme globale du courant rappelle la lettre majuscule grecque oméga Ω, d'où il tire son nom. La haute pression tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, tandis que les deux dépressions qui l'encadrent tournent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Une configuration météorologique similaire, très stable, se produit lorsqu'un anticyclone – ou, dans le cas présent, une crête de haute pression – s'étend loin vers le nord et est flanqué de deux creux dépressionnaires (talwegs). Dans une telle situation, appelée « Amplified ridge » (crête amplifiée) dans le jargon technique, il ne s'agit pas de deux dépressions isolées qui se sont découplées du courant à grande échelle, mais de deux creux s'étendant loin vers le sud et, au milieu, d'une crête s'étendant loin vers le nord. Cela entraîne un courant fortement orienté nord-sud (courant méridional) qui ne se déplace pratiquement pas et assure ainsi un temps stable.

Une troisième variante est ce qu'on appelle le bloc Rex, bloc dipôle ou « high-over-low block » en anglais. Dans cette configuration, une zone de haute pression bien délimitée se trouve directement au nord d'une zone de basse pression également bien délimitée. Le jet stream peut ainsi être influencé de deux manières possibles. Soit il se divise en deux branches, nord et sud, qui se rejoignent plus tard. Soit il est dévié autour du dipôle en formant un « S » inversé : vers l'est au nord de l'anticyclone, vers l'ouest au milieu entre les deux centres de pression, puis au sud de la dépression à nouveau vers l'est.

En réalité, les schémas de circulation et la disposition des centres de pression sont rarement aussi nets que dans les schémas présentés. On observe souvent des formes mixtes ou des transitions entre les différents types de blocage.
Les observations montrent que les blocages ne sont pas répartis de manière uniforme, mais qu'ils surviennent plus fréquemment dans certaines régions. Dans l'hémisphère nord, il s'agit du Groenland, de l'Europe (notamment de la Scandinavie), de la région autour des montagnes de l'Oural, ainsi que du nord des États-Unis et du Canada. Dans ces régions, les conditions semblent particulièrement propices à la formation de situations de blocage stables.
Les situations météorologiques bloquées entraînent des phénomènes météorologiques marqués, dont l'intensité dépend fortement de la saison et de la position géographique. Au printemps et en été, les régions sous l'influence de l'anticyclone sont régulièrement touchées par la sécheresse et également par des vagues de chaleur pendant la saison chaude. À l’inverse, au cours de la saison hivernale, des vagues de froid intenses peuvent survenir sur le flanc est ou, parfois, sur la bordure sud de l'anticyclone, pouvant par exemple déclencher de fortes chutes de neige dans le bassin méditerranéen. Parallèlement, des précipitations parfois extrêmes peuvent survenir à l’avant des dépressions adjacentes et sur la bordure supérieure de l'anticyclone, dans la zone où les vents sont les plus forts.

Dès qu'une situation de blocage s'installe et que les courants à grande échelle se stabilisent, il est possible, contrairement à d'habitude, d'établir des prévisions très fiables pour plusieurs jours. Cela s'explique par la grande stabilité des situations de blocage. Il est intéressant de noter que, certains jours, les prévisions pour le lendemain peuvent s'avérer nettement plus difficiles à établir que celles portant sur une période de cinq à dix jours dans le cadre d'une situation de blocage.

La formation et le maintien des situations de blocage météorologique sont extrêmement complexes et dépendent de diverses interactions. Parmi celles-ci figurent les interactions entre des ondes de Rossby à différentes échelles, qui peuvent entraîner des déformations du jet stream, voire la rupture de ces ondes planétaires. De plus, des barrières géographiques telles que les chaînes de montagnes, ainsi que des processus thermodynamiques, favorisent la formation de ces blocages ou contribuent à leur maintien.
Toutes les situations de blocage ont en commun des schémas de circulation caractéristiques dont les interactions favorisent le maintien des centres de pression. Un courant méridional puissant, par exemple, a pour effet de dévier fortement le courant zonal d'ouest qui prévaut habituellement, de sorte que les zones de basse pression ne se déplacent plus que lentement d'ouest en est, voire restent stationnaires dans certains cas.
À l'avant d'une dépression, de l'air chaud et humide est également soulevé et transporté loin vers le nord. Lorsque cet air s'élève, il se refroidit et la vapeur d'eau se condense pour former des nuages et de la pluie. Ce processus libère une grande quantité d'énergie sous forme de chaleur latente. Ce phénomène est appelé « Warm Conveyor Belt » (ceinture d’écoulement chaude). Outre les précipitations qui en résultent dans la zone de basse pression, la libération de chaleur latente en aval contribue à la formation ou au maintien d’un anticyclone.
Ces explications sont volontairement simplifiées. Il convient également de mentionner que tous les processus intervenant dans la formation et le maintien des anticyclones bloquants ne sont toujours pas entièrement compris.