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La lutte du gel par le gel

6 avril 2017, 1 Commentaire
Thèmes: Météo

Le gel est néfaste aux plantes, il peut anéantir une récolte en détruisant les fleurs ou les fruits. Avril et mai, ayant encore de nombreux jours avec des températures inférieures à 0° durant une partie de la nuit nécessitent une méthode de lutte contre ce fléau.

bourgeon de fleur enrobé d'eau glacée
Bourgeon de fleur d'arbre fruitier enrobé par une couche de glace protectice

Un peu de théorie

Affichage aggrandi: Bourgeon de fleurs protégé du gel par le gel
Bourgeon de fleurs protégé du gel par le gel
Didier Urlrich / MétéoSuisse

La lutte contre le gel par aspersion est un moyen couramment utilisé de nos jours, principalement sur les arbres fruitiers, mais aussi sur d’autres cultures proches du sol. Le fait de couvrir de glace des bourgeons ou des fleurs fraîchement écloses défie un peu la compréhension et, contrairement aux croyances populaires, ce ne sont pas les qualités isolantes de la glace qui entrent en jeu. Cette méthode de lutte directe contre le gel utilise les particularités de l’eau (H2O). Celle-ci dégage de la chaleur lors de son changement de phase de l’état liquide à l’état solide. Le changement de phase de l’eau en glace est singulier. Il dégage une grande quantité d’énergie. Un gramme d’eau en se congelant produit 339 KJ ou 80 Kcal, soit autant d’énergie qu’il faudrait pour amener ce même gramme d’eau de 0° à 80°. Une grande partie de cette énergie est dispersée dans l’atmosphère mais ce qui reste suffit à maintenir l’organe végétal à une température d’environ 0°. En effet la température d’un mélange d’eau et de glace fondante se situe à 0° et en provoquant artificiellement ce processus sur les végétaux on évite leur congélation.

En pratique

Affichage aggrandi: Verger valaisan avec des arbres protégés par le gel au petit matin
Verger valaisan avec des arbres protégés par le gel au petit matin
Didier Ulrich / météoSuisse

Pour que ce processus de protection se maintienne tout au long d’une nuit de gel, il faut que l’apport d’eau liquide soit permanent, la température de 0° n’étant maintenue que si le mélange eau-glace est présent. Dès que la glace devient sèche, elle se refroidit alors à la même vitesse que l’atmosphère et en aucun cas elle n’isolera l’organe végétal du froid. Le gel serait alors consommé. De nombreuses recherches démontrent qu’il faut un débit d’environ 4 mm/h avec une aspersion toutes les minutes pour que le mélange eau-glace puisse se maintenir même par grand froid. L’allumage de l’aspersion devra se faire un peu avant que la température critique soit atteinte. Cette température critique dépend du stade phénologique  (stade de croissance) du végétal. L’arrêt de l’aspersion devra se faire avec précaution. En effet, la glace en fondant absorbe la même quantité d’énergie que celle dégagée en gelant. Le risque est alors important que cette énergie soit « volée » à l’organe végétal et qu’il gèle, alors que la température ambiante n’est plus critique. Il est donc conseillé d’attendre que le soleil se lève et restitue ainsi une partie de l’énergie par son rayonnement. Ce moyen est très efficace et souvent peu coûteux car il utilise les installations mises en place pour l’arrosage. On l’observe exclusivement tôt le matin au printemps, notamment dans les vergers valaisans.

Commentaires (1)

  1. Claude Guignard, 06.04.2017, 18:11

    C'est une interessante particularite. Pour en revenir a la situation meteo actuelle, il apparait chaque jour davantage que les perspectives de pluie pour la semaine prochaine ne se realiseront pas. Pire, la bise actuelle a accru le dessechement.