Contenu

Qui sont les météorologues ?

20 mars 2022, 15 Commentaire(s)
Thèmes: Portrait

Vous vous demandez peut-être qui se cache derrière les blogs, les prévisions, les alertes de MétéoSuisse. Nous vous proposons de découvrir au cours de ces prochains mois les coulisses du centre régional Ouest, c’est-à-dire les prévisionnistes, les observateurs/trices, les développeurs/euses de la partie romande de MétéoSuisse.

Photo : Laurent Cretenoud
Photo : Laurent Cretenoud

Nous sommes une trentaine, avec parfois de longues années d’expérience, mais quelques jeunes recrues également. Notre centre est situé à Genève, dans le bâtiment de l’Organisation Mondiale de Météorologie, grand immeuble ovale en verre, près du jardin botanique, où la Confédération loue quelques bureaux.

Affichage aggrandi: Le bâtiment de l'OMM (Organisation Mondiale de Météorologie)
Le bâtiment de l'OMM (Organisation Mondiale de Météorologie)
Photo : Pascal Balestra

Car oui, MétéoSuisse est un office fédéral, de Météorologie et Climatologie, un service météo national qui emploie plus de 300 personnes réparties entre Zurich pour la plupart, Payerne, Genève et Locarno.  

Nous échangeons avec nos voisins, Météo France, le DWD allemand ou le ZAMG autrichien. Les prévisions météo nécessitent toutefois des informations récoltées sur l’ensemble du globe, et par conséquent une coordination mondiale, qui se fait sous la houlette de l’Organisation Mondiale de Météorologie et sous la forme de collaborations diverses. Les échanges se font avec divers pays, européens ou plus lointains, que ce soit pour le lancement et l’exploitation de satellites (EUMETSAT), la récolte et l’utilisation de données radars, de mesures au niveau du sol ou par ballons-sondes. La collaboration comprend également bien sûr le développement et l’exploitation de modèles numériques de prévision à maille plus ou moins fine, tels l’IFS du centre européen de prévisions numériques à moyenne échéance (ECMWF) ou COSMO (un consortium qui réunit divers pays européens), ou par exemple le développement de la plateforme NINJO, une collaboration avec l’Allemagne, le Danemark et le Canada, qui permet de visualiser l’énorme palette de données qui nous sont nécessaires, mais aussi d’élaborer des prévisions et des alertes.

Affichage aggrandi: Exemples de visualisation via la plateforme Ninjo
Exemples de visualisation via la plateforme Ninjo

Prévisions automatiques versus intervention humaine

Une grande partie des prévisions qui vous parviennent, que ce soit sur notre app ou sur notre site web, sont aujourd’hui produites de manière automatique, sans intervention humaine directe au quotidien : pictogrammes, quantités de précipitations, courbes de température, direction et force du vent, projection d’images radars dans le futur, le tout avec une extrême précision spatiale et temporelle. Les bulletins de prévision sous forme de texte, par contre, sont entièrement rédigés par nos soins (d’où quelques fautes d’orthographe, qui échappent d’ailleurs rarement à votre vigilance) et actualisés au moins trois fois par jour, davantage si la situation n’évolue pas comme prévu. Les alertes en cas d’intempéries, fortes pluies, neige, vent, routes glissantes et autres canicules, sont pratiquement toutes élaborées "manuellement" et en concertation avec nos collègues alémaniques et tessinois.

Affichage aggrandi: Un bulletin de prévisions sous forme de texte, tel que disponible sur le site web de MétéoSuisse
Un bulletin de prévisions sous forme de texte, tel que disponible sur le site web de MétéoSuisse

Une présence 24h/24

Affichage aggrandi: Une place de travail dans la salle de prévision
Une place de travail dans la salle de prévision

Les prévisionnistes qui rédigent ces textes, surveillent les situations à risque, préparent les alertes et rédigent les blogs quotidiens se succèdent 24h/24 en salle de prévision. Le service du matin débute à 6h et se termine à 14h par la rédaction du blog quotidien. Il est par ailleurs chargé de conseiller les services centraux de l’aéroport de Genève, ainsi que Skyguide dans l’anticipation des éléments qui pourraient perturber les opérations (neige sur la piste, cellules orageuses, etc ...). Les images diffusées sur la RTS sont préparées durant un tour de service qui s’effectue de 10h30 à 20h30. Ce/cette prévisionniste est aussi responsable, entre autres, de préparer des textes pour quelques médias ou encore de faire un briefing au présentateur/à la présentatrice météo. Le service de nuit, enfin, s’effectue de 20h15 à 6h15. Comme ses collègues de la journée, il/elle surveille les conditions potentiellement problématiques sur l’aéroport de Genève (brouillard, neige, foudre, vent, etc..), répond aux autorités (cellules de crise cantonales, par exemple) et aux professionnels (service d’entretien des routes, vignerons, pêcheurs, restaurateurs, organisateurs de festival). Il/elle analyse également la situation météorologique à moyen terme afin de rédiger le premier bulletin, qui est diffusé à 5h du matin. Les prévisionnistes sont appuyés durant la journée par un collaborateur qui, entre autres, garde un œil attentif sur le radar et sur les éventuels paramètres proches des seuils d'alerte, élabore les TAFs (il s’agit des prévisions codées pour l’aéroport) et répond aux demandes de l'aviation légère.

Observer les conditions météo sur l'aéroport

Un poste d’observation est installé au bout de la piste de l’aéroport de Genève, où un observateur ou une observatrice surveille le plafond nuageux, la visibilité et le type de précipitations. Deux tours de service se succèdent à ce poste entre 5h et minuit, de longues heures seul/e, mis à part la coordination avec les services de l’aéroport et avec la salle de prévision. Nous reviendrons dans un prochain blog sur cette profession de plus en plus remplacée par des appareils automatiques.

Affichage aggrandi: Le poste d'observation de MétéoSuisse, au bord de la piste de l'aéroport de Genève
Le poste d'observation de MétéoSuisse, au bord de la piste de l'aéroport de Genève
Photo : Pascal Balestra

En horaire régulier

Une dizaine de personnes sont de plus présentes en moyenne chaque jour aux « horaires de bureau ». Parmi elles, on trouve des développeurs, qui améliorent en continu les prévisions automatiques et les vérifient, surveillent et assurent la mise à jour de nos produits. On compte bien sûr également des cadres, qui définissent les orientations stratégiques, organisent le travail et veillent à la qualité. Enfin, l’ensemble d’entre nous revient régulièrement dans un rythme de travail normal, par exemple en renfort en cas de situation d’alerte, pour effectuer de la formation continue (une part importante de notre activité), ou encore pour répondre aux questions sur le temps passé (statistiques, assurances, médias, par exemple) ou aux commentaires du blog. Le travail régulier nous permet aussi d’exercer nos compétences personnelles, liées à nos divers profils : informatique, climatologie, service à la clientèle, développement d’outils de travail, statistiques, vérification, communication, formation, etc...

Affichage aggrandi:

Commentaires (15)

  1. erb-bovet fabienne, 16.05.2022, 11:51

    Tellement passionnant, de plus actuellement avec le radar sur nos smartphone.Tout de même nostalgique, du temps du télétexte et surtout de magnifiques souvenirs d'enfance depuis la station météorologique de payerne lors de la préparation suivi du lâcher de ballon avec la sonde avec mon papa.
    Merveilleux.

  2. Samuel Vurpillot, 04.04.2022, 06:49

    Merci pour ces explications précises.
    Qu’en est t’il des textes rédigés pour les parties germanophones et italophone ? Est une simple traduction de vos bulletins ?

    1. MétéoSuisse, 04.04.2022, 13:37

      Effectivement, les textes de prévision sont réalisés pour la Suisse alémanique en allemand depuis Zurich, pour la Suisse romande et le Valais en français depuis Genève et pour le sud des Alpes en italien depuis Locarno. Ces textes sont ensuite traduit tels quels dans les autres langues.

  3. Marie, 23.03.2022, 06:30

    C’est fascinant! Merci pour le temps que vous prenez à nous détailler tous les phénomènes météo et ce jour, à nous expliquer votre métier.

  4. Marie.D, 23.03.2022, 06:09

    Merci pour votre article, vous faites un travail tellement indispensable.

    Les agriculteurs, les voyageurs et toutes les personnes qui travaillent dehors, par tous les temps, vous sont reconnaissants.

    Alors continuez à nous expliquer la météo et un tout grand merci pour la clarté de vos explications et vos articles.

  5. Durouvenoz, 22.03.2022, 14:55

    Merci c’est passionnant!

  6. G. Kerber, 22.03.2022, 09:50

    Merci de vos blogs toujours très intéressants. C'est sympa de savoir qui est derrière toutes les infos disponibles sur Météo Suisse.

  7. Jean Feusi, 21.03.2022, 19:51

    Vos articles sont intéressants mais par pitié, abandonnez cette horrible écriture féministo-masculine! C’est un non-sens absolu et c’est ignoble à lire.

    1. MétéoSuisse, 22.03.2022, 08:40

      Bonjour,
      En règle générale, nous ne pratiquons pas le langage épicène dans nos blogs, évitant de surcharger inutilement des textes déjà souvent complexes. Dans un blog présentant nos professions, où les femmes sont traditionnellement en minorité, il nous a par contre semblé important de souligner que les deux genres sont représentés.

    2. Stéphanie Thevenon, 25.03.2022, 08:05

      Au contraire, j'apprécie l'écriture épicène. Elle est inclusive et plus précise. Dans ce sens, je la trouve belle.

  8. magenat, 21.03.2022, 09:25

    Merci toujours très intéressant vos blogs

  9. Claude Guignard, 21.03.2022, 09:18

    Vos indications sont intéressantes et démontrent les immenses progrès permis par la numérisation. On n'ose imaginer qu'autrefois la carte synoptique verte de 13 h était dessinée à la main, portait les initiales de son auteur et parvenait par poste à ses abonnés. Comment pourions-nous établir les innombrables graphiques actuels ? Au passage je désire relever ce qui suit : alors que vos prévisionistes établissent sans doute de manière neutre les communications destinées aux médias, par ex. : "Temps ensoleillé. Température maximale proche de 15 degrés. Faible bise.". On entend souvent : "Beau temps. Température ne dépassant pas15 degrés. Encore de la bise". Il s'agit d'une déformation qui ne devrait pas se produire.

  10. Stéphane Demierre, 20.03.2022, 23:08

    Merci pour ces articles quotidiens. C’est toujours un réel plaisir de les lire. Une très bonne source d’information et d’apprentissage qui développe notre passion pour la météorologie.

    Au fait, je profite de cet article qui ne traite pas d’un sujet météorologique précis pour vous demander pourquoi il fait toujours plus froid la nuit (1-3 degrés) dans une serre qu’en extérieur?

    Merci!

    1. MétéoSuisse, 21.03.2022, 15:54

      Alors la température à l'intérieur d'une serre la nuit ne sera pas forcément plus froide qu'à l'extérieur. Cela dépendra bien sûr de la période de l'année et également s'il existe un bon rayonnement nocturne infrarouge la nuit du sol en direction de l'espace (nuit dégagée sans vent). Plus la nuit sera dégagée sans vent avec un taux d'humidité bas, plus il y aura des bonnes chances que la température à l'extérieur affiche une valeur plus basse que sous la serre en fin de nuit.

  11. Paul Bissegger, 20.03.2022, 14:37

    Bravo, vous faites un travail formidable et votre blog est passionnant! Merci