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Les premiers noisetiers et aunes libèrent leur pollen dans l’air

29 janvier 2022, 8 Commentaire(s)

Au mois de janvier, on parle de refroidissement ou de grippe, moins de pollen. Et pourtant, l’allergie au pollen, aussi appelée pollinose, n’est pas rare au cœur de l’hiver. Dans ce blog, nous présentons divers aspects de la saison pollinique hivernale.

Cette année, les premiers noisetiers ont commencé à fleurir dès le début janvier (photo de Regula Gehrig)
Cette année, les premiers noisetiers ont commencé à fleurir dès le début janvier (photo de Regula Gehrig)

Allergie en hiver

Dans notre pays, les plantes de la famille des bétulacées qui fleurissent en janvier et février sont la cause des pollinoses hivernales : le noisetier et l’aune (ou aulne). En Méditerranée, c’est la floraison des cyprès qui provoque des allergies à cette saison. Au printemps, d’autres bétulacées comme le bouleau et le charme seront responsables d’importantes allergies. De 5 à 15 % de la population est sensible au pollen des bétulacées.

 

Un démarrage précoce cette année

Une série de jours plus doux au cœur de l’hiver permet aux premiers noisetiers de fleurir et de libérer leur pollen dans l’air. C’est ce qui s’est passé cette année : au Tessin, le temps des allergies est revenu avant Noël, lorsque les premiers grains de pollen de noisetier ont été mesurés dans l’air. Dès le 31 décembre, les concentrations de pollen de noisetier ont même déjà atteint des valeurs fortes à très fortes à Lugano. Au Nord des Alpes, les premiers grains de pollen de noisetier sont apparus au cours des premiers jours de janvier, mais le retour des températures hivernales n’a alors pas permis le développement de la floraison. Celle-ci débutera réellement au Nord des Alpes dès que les températures augmenteront.

La météo influence la floraison

Les noisetiers commencent de plus en plus souvent de fleurir au cours du mois de janvier, alors qu’auparavant cela arrivait plutôt en février. Comme les conditions météorologiques varient beaucoup d’une année à l’autre, les premiers pollens peuvent se trouver dans l’air fin décembre déjà, mais il arrive aussi que la saison ne commence que vers fin février. Si un temps froid persiste, les chatons des noisetiers et des aunes restent fermés. Mais dès que les températures remontent au-dessus d’environ 5° C et que le soleil pointe, les chatons s’allongent, grossissent, et en quelques jours du pollen peut se trouver dans l’air.

Peu de temps après les noisetiers, c’est au tour des aunes indigènes de commencer leur floraison. Cependant, dès les derniers jours de décembre, les aunes pourpres libèrent déjà de grandes quantités de pollen. Il s’agit d’hybrides qu’on ne trouve pas dans la nature, mais qui résistent bien aux conditions urbaines et que l’on trouve parfois plantés dans les villes de notre pays. Leur pollen n’est ainsi sensible que dans les environs de ces quelques arbres.

Affichage aggrandi: On trouve surtout l’aulne noir autochtone sur les berges et dans les forêts humides.
On trouve surtout l’aulne noir autochtone sur les berges et dans les forêts humides.
Photo : Regula Gehrig

Prévision pollinique généralisée

Le modèle numérique de MétéoSuisse, COSMO, calcule les concentrations de pollen. En partant de la distribution des plantes, il calcule le début de la floraison, l'émission du pollen, son transport par le vent et son lessivage par la pluie. Selon la saison, l’aune, le bouleau, les graminées et l'ambroisie sont modélisés. Comme le montre la figure ci-dessous, des concentrations élevées de pollen d'aune sont actuellement attendues au Tessin. Les prévisions polliniques du modèle météorologique sont actualisées en permanence sur l'application et le site web de MétéoSuisse

Affichage aggrandi: Prévision des concentrations moyennes de pollen d'Aune pour le dimanche 30 janvier 2022.
Prévision des concentrations moyennes de pollen d'Aune pour le dimanche 30 janvier 2022.

Des informations « en temps réel »

Un réseau de mesure du pollen automatique est en cours de déploiement par MétéoSuisse. Les valeurs de concentrations horaires sont mises à disposition dans le cadre d’un projet pilote et permettent de connaître la situation actuelle dans sa région. Actuellement, 10 stations délivrent des données et 8 autres sont en préparation. Elles seront mises en ligne au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Avec la méthode de mesure manuelle utilisée actuellement, les données sont disponibles chaque mercredi.

Commentaires (8)

  1. Juliette, 07.02.2022, 17:40

    Bonjour... merciiii pour vos constatations bien utiles..... juste pour vous signaler qu'il y a plusieurs fois dans votre texte et sur le titre... aune au lieu de aulne... 🙏

    1. MétéoSuisse, 08.02.2022, 09:09

      Bonjour,
      En fait, les deux orthographes sont acceptées, aulne ou aune, la version aulne avec le L étant peut-être plus proche de sa racine latine puisque ayant conservé le L de "alnus".

  2. M.Martin, 01.02.2022, 16:52

    Bonjour,
    Les abeilles étaient de sortie samedi après-midi à l’orée du bois de Tiveret de Chapelle-sur-Moudon.
    Alors qu’il subsistait de la neige sur les champs, qu’avaient-elles à récolter ?
    Et ce lundi 31 janvier, 2 jours plus tard, il neigeait !
    Cordialement.
    M.Martin

    1. MétéoSuisse, 01.02.2022, 17:56

      Bonjour. Dès que les températures sont suffisamment chaudes, les abeilles sortent l'hiver, notamment pour faire leur besoin.

  3. Virgile Woringer, 30.01.2022, 05:33

    Question: qu’en est-il à Alba en Italie ?

    1. MétéoSuisse, 31.01.2022, 14:16

      Bonjour,
      Nous n’établissons pas de prévision pollinique pour le Piémont italien. Cela dit, la situation semble assez similaire à celle du Tessin. Cependant, tout dépend si les températures ont connu des valeurs supérieures à 10 degrés pendant plusieurs jours depuis le début de l’année, comme cela a été le cas au Tessin.

  4. Fabien DeFabiani, 29.01.2022, 18:48

    Bonjour,
    A plusieurs reprises j’ai trouvé dommage que la région octodurienne( en gros toute la partie du coude du Rhône) manque cruellement de mesures ( températures, vent, pollen, humidité, ..). Il y a bien une station qui mesure la quantité de pluie mais pourquoi pas trouver un endroit stratégique pour ces mesures car vraiment c’est un carrefour humain mais aussi une zone très particulière je trouve au niveau météo ( il y a des rencontres de courants venant de France, du Chablais, du Valais central et de La région du Grand St-Bernard..). C’est un micro climat que je trouve pas aussi prononcé ailleurs..
    Merci

    1. MétéoSuisse, 31.01.2022, 14:15

      Bonjour,
      La région n’est pourtant pas si mal desservie. Il y a un pluviomètre à Martigny. Il y a une station complète à Evionnaz. Et enfin, il y a une webcam à Ravoire qui permet de voir en un clin d’œil le temps qu’il fait vers le coude du Rhône. Concernant les capteurs de pollen, ils sont moins nombreux et le réseau est en cours d’automatisation. En Valais, le capteur de pollen se situe à Viège. Cependant, on estime qu’il est représentatif pour la vallée du Rhône.