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Les mois de juin et juillet les plus chauds au niveau mondial depuis le début des mesures

8 août 2019, 3 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

Juin 2019 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en Europe et dans le monde. En juillet 2019, les températures moyennes mondiales ont été plus ou moins comparable ou peut-être légèrement supérieures à celles de juillet 2016, qui a été le mois de juillet précédent le plus chaud. L’écart étant tellement faible entre juillet 2016 et juillet 2019, celui-ci n’est toutefois pas considéré comme significatif.

Anomalie thermique au-dessus de l’Europe en juin 2019 (à gauche) et en juillet 2019 (à droite) par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus Climate Change Service
Anomalie thermique au-dessus de l’Europe en juin 2019 (à gauche) et en juillet 2019 (à droite) par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus Climate Change Service

Le mois de juin le plus chaud au niveau mondial

Dans la majeure partie de l'Europe, la température moyenne en juin 2019 a été supérieure à la moyenne mensuelle 1981-2010 et a été particulièrement élevée dans certaines régions d'Europe centrale et orientale. Vers le milieu du mois, des records de température ont été battus en Europe de l'Est. Puis, vers la fin du mois (25-29 juin), l'ouest et le centre du continent ont connu une vague de chaleur courte mais record, avec des températures quotidiennes moyennes jusqu'à 10 °C supérieures à la normale. La France a connu le 28 juin son nouveau record national de chaleur avec 46,0 °C à Vérargues dans l’Hérault.

Pour l'ensemble du mois, les seules régions plus fraîches que la normale ont été l'ouest de la péninsule Ibérique, certaines parties des îles Britanniques et une région s'étendant de l'Oural à l'extrême nord de la Scandinavie.

Affichage aggrandi: Anomalie thermique au niveau mondial et au-dessus de l’Europe en juin 2019 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus Climate Change Service
Anomalie thermique au niveau mondial et au-dessus de l’Europe en juin 2019 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus Climate Change Service

Ailleurs, les températures ont été nettement supérieures à la moyenne sur l'île de Baffin, le nord de la Sibérie (où les feux de forêt ont été fréquents et le sont encore au début du mois d’août) et certaines régions de l'Antarctique. Le Groenland, l'Alaska et certaines parties de l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Asie sont d'autres régions où les températures ont été nettement supérieures à la normale. L'Inde et le Pakistan ont connu une forte canicule au début du mois, avant le début de la mousson.

Les températures ont été plus basses que la moyenne dans la majeure partie de l'Antarctique. Ailleurs, il a fait nettement plus froid que la moyenne dans une grande partie de l'Ouest de la Russie et dans certaines parties de l'Asie de l'Est et de l'Est et du Nord-Ouest du Canada.

Bien que des régions avec des températures inférieures à la moyenne aient été observées sur tous les grands océans, les températures de l'air au-dessus des océans ont été généralement plus élevées que la moyenne.

Finalement, au niveau mondial, juin 2019 s’est avéré 0,54 °C plus chaud que la moyenne 1981-2010 ou 1,2 °C plus chaud que la norme préindustrielle. Il s’agit du mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures. Juin 2019 a été 0,11 °C plus chaud que juin 2016, le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré.

Au niveau européen, le mois de juin 2019 a été de 2,34 °C au-dessus de la moyenne 1981-2010, ce qui en fait de loin le mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Le deuxième mois de juin le plus chaud, en 1999, avait été de 1,36 °C au-dessus de la normale. Plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ont connu le mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures : Pays-Bas, Allemagne (début des mesures en 1881), Autriche (début des mesures en 1767), République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Belarus, Lituanie et Lettonie.

Le mois de juillet le plus chaud au niveau mondial ou au moins comparable à juillet 2016

La température moyenne en Europe en juillet 2019 a juste été au-dessus de la moyenne mensuelle 1981-2010. Il a fait plus chaud que la normale sur l'Europe occidentale, à l'exception du sud-ouest de la péninsule Ibérique, mais plus frais que la normale sur l'est du continent, en particulier le nord-est. La première moitié du mois a été marquée par des températures inférieures à la normale, mais une vague de chaleur courte et très intense vers la fin du mois sur l'Europe occidentale a fait grimper les moyennes pour l'ensemble du mois. Plusieurs records de température maximale à l'échelle du pays ont été battus pendant la canicule. Cela a été le cas au Benelux (ces trois pays ont enregistré des températures supérieures à 40 °C pour la première fois depuis le début des mesures), en Allemagne et en Angleterre.

Affichage aggrandi: Anomalie thermique au niveau mondial et au-dessus de l’Europe en juillet 2019 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus Climate Change Service
Anomalie thermique au niveau mondial et au-dessus de l’Europe en juillet 2019 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus Climate Change Service

Ailleurs, les températures ont été nettement supérieures à la moyenne sur l'Alaska, où des records historiques de température ont été battus (par exemple à Anchorage), sur les îles de Baffin et d'Ellesmere, où le record établi à Alert, région habitée la plus septentrionale, a été battu (avec 21°C mesurés le 14 juillet par 82 °N de latitude), et sur la majeure partie du Groenland, où la surveillance a révélé un taux élevé de perte de la calotte glaciaire due à sa fonte. Une grande partie de l'Antarctique a été moins froide que d'habitude en juillet. Parmi les autres régions où les températures ont nettement été supérieures à la normale, mentionnons une grande partie des États-Unis et de l'est du Canada, l'Iran, les républiques d'Asie centrale et une partie de la Sibérie au nord, et une grande partie de l'Afrique et de l'Australie.

Les températures ont été nettement inférieures à la moyenne sur le centre-ouest du Canada et certaines parties de l'Asie, ainsi que sur la mer de Weddell et à l'intérieur des terres à partir de là sur l'Antarctique. D'autres régions terrestres avaient tendance à être modérément plus chaudes que la moyenne, mais certaines ont connu des conditions un peu plus fraîches que la moyenne.

Bien que des régions avec des températures inférieures à la moyenne aient été observées sur tous les grands océans, les températures de l'air au-dessus des océans ont été généralement plus élevées que la moyenne.

Finalement, au niveau mondial, juillet 2019 s’est avéré 0,56 °C plus chaud que la moyenne 1981-2010 ou 1,2 °C plus chaud que la norme préindustrielle. Rappelons que l’Accord de Paris sur le climat prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et si possible de viser à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ».

Il s’agit du mois de juillet le plus chaud depuis le début des mesures. Juillet 2019 a été 0,04 °C plus chaud que juillet 2016, le deuxième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré. Cependant, cet écart entre dans la marge d’incertitude et n’est pas considéré comme significatif.

Au niveau européen, la température moyenne en juillet n’a été supérieure à la moyenne 1981-2010 que de 0,1 °C, en raison de l’important contraste thermique entre l’Europe orientale et l’Europe occidentale.

*Plus de détails sur les jeux de données

 

Copernicus est un nom d’un programme européen de surveillance de la Terre. Copernicus permet de rassembler l'ensemble des données obtenues à partir de satellites environnementaux et d'instruments de mesure sur site, afin de produire une vue globale et complète de l'état de notre planète.

Commentaires (3)

  1. Fernandez, 09.08.2019, 11:24

    Pour bientôt un point sur la moyenne des précipitations ?

    1. MétéoSuisse, 09.08.2019, 14:42

      Les précipitations sont un paramètre nettement plus variables que la température. Nous nous focalisons plutôt sur les températures afin de ne pas rendre les articles trop longs. Toutefois, vous pouvez trouver des informations sur les précipitations en juillet 2019 sur le site internet de Copernicus (malheureusement qu’en anglais).
      https://climate.copernicus.eu/precipitation-relative-humidity-and-soil-moisture-july-2019

  2. Claude Guignard, 08.08.2019, 11:07

    Tous ces chiffres sont utiles pour constater que le réchauffement climatique se poursuit. Il y aura toujours des régions où les températures seront, par exception et en raison de circonstances fortuites, plus fraîches mais cela ne modifie pas la tendance générale.