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Année 2018 la plus chaude

12 décembre 2018, 41 Commentaire(s)
Thèmes: Climat

La Suisse connaîtra très probablement son année la plus chaude depuis le début des mesures en 1864. Selon les calculs actuels, la température annuelle nationale atteindra près de 7 degrés à la fin de l’année. Le record de chaleur de 6.7 degrés de l’année météorologique allant de décembre 2017 à novembre 2018 est déjà assuré.

Accumulation d’années extrêmement chaudes

2018 est la quatrième année de la décennie avec une température bien au-dessus de la moyenne. Une température annuelle moyenne de 6.8 à 7.0 degrés est prévue à l’échelle nationale (état au 11.12.2018). Avec les années record précédentes de 2015 affichant une température de 6.6 degrés, de 2014 avec 6.5 degrés et de 2011 avec 6.6 degrés, l’année 2018 se distingue nettement de toutes les autres années depuis le début des mesures en 1864.

Nouvelle dimension de la température

Au cours des 30 dernières années, entre 1988 et 2017, la température annuelle moyenne en Suisse a été de 5.7 degrés. Avant les années 1980, une température annuelle de 5.7 degrés était un événement extraordinaire. En fait, au cours de la longue période de mesures allant de 1864 à 1988, même les années les plus extrêmes n’ont jamais atteint cette valeur. De nos jours, cette valeur jamais atteinte est devenue la moyenne.

Dans le même temps, les années vraiment fraîches avec une température annuelle de 4 degrés ou moins, étaient jadis un phénomène courant. Ces valeurs ont disparu du climat actuel de la Suisse. Au cours des 30 dernières années, la température annuelle à l’échelle du pays n’a jamais été aussi basse que la précédente norme 1961-1990.

L’augmentation massive de la  température standard et la disparition des années vraiment fraîches sont des signaux clairs du changement climatique en cours.

La chaleur sans fin de l’anneé 2018

Neuf mois de l’année ont jusqu’à présent connu des températures supérieures à la moyenne, dont six se situant dans la fourchette extrême. La Suisse a enregistré le mois de janvier le plus doux depuis le début des mesures en 1864, tandis que les mois d’avril à août ont systématiquement été parmi les cinq les plus chauds au moins. La température en décembre devrait également être supérieure à la norme. Le semestre d’été 2018 d’avril à septembre a enregistré une chaleur record, de même que l’année météorologique allant de décembre 2017 à novembre 2018.  

Le futur est entre nos mains

Selon les nouveaux scénarios climatiques CH2018, le réchauffement des dernières décennies devrait se poursuivre dans le futur. Des étés plus chauds et plus secs feront partie des principaux changements qui caractériseront le climat en Suisse vers le milieu du siècle sans la mise en place d’une protection climatique accrue. La température durant les mois d’été, de juin à août, augmenterait en moyenne de 2,5 à 4,5 degrés par rapport à aujourd’hui. Les températures maximales augmenteraient nettement plus que les températures moyennes. Durant les journées les plus chaudes, il ferait entre 2 et 5,5 degrés de plus qu’aujourd’hui. Les vagues de chaleur seraient également plus fréquentes et plus extrêmes.

Cependant, avec une protection climatique conséquente, le changement du climat pourrait être diminué de moitié jusqu’au milieu du 21ème siècle, voire des deux tiers jusqu’à la fin du siècle. Cela découle d’un autre scénario d’émissions des gaz à effet de serre qui inclut des mesures de protection du climat et limite ainsi la hausse de la température mondiale à 2 degrés par rapport à la période préindustrielle. Ce scénario prouve que la protection du climat fonctionne et que des mesures cohérentes seraient efficaces.

Commentaires (41)

  1. Alain Bron, 08.02.2019, 11:45

    Madame, Monsieur,

    Il y a une chose qui m'interpelle : pourquoi ne pas donner un graphique montrant l'évolution réelle du climat (disons depuis l'époque romaine).
    Les graphiques donnés sont tendancieux, ils font croire que la température ne fait que monter, alors qu'elle n'a pas encore atteint le maximum de l'époque romaine.

    "Parfois, il est intéressant de se plonger dans le passé pour
    appréhender le présent."

    Lors du dernier petit âge glaciaire, le climat c'est refroidit
    provoquant une avancée rapide et dévastatrice des glaciers avec son lot
    de réfugiés climatiques (du Groenland, d'Islande)

    La question essentielle pour appréhender le présent : quelle était la
    part de l'homme dans ce refroidissement ?

    On pourrait parler des marches organisées en Valais par nos ancêtres
    pour stopper l'avancée des glaciers.

    On pourrait poser la question : quand aura lieu le prochain
    refroidissement de la planète ?
    .....

    Référence (petite et trop brève histoire du climat) :
    http://www.lemeridien.ch/histoire-climat-bis.pdf


    Dans l'espoir qu'un organisme officielle informe de manière objective et avec mes salutations les meilleures

    Alain Bron (pose du premier panneau solaire du val d'Hérens vers 1970 venant des USA en avance sur l'Europe)

    PS : je ne mets pas en doute le contenu des informations

    1. MétéoSuisse, 08.02.2019, 16:02

      Il n’y a pas de volonté de MétéoSuisse de ne montrer qu’une partie de la réalité ou de fournir des graphiques tendancieux. Les graphiques remontent à 1864 pour une raison précise, il s’agit de l’année du début des mesures dans plusieurs stations suisses. Ces données permettent de calculer des moyennes à l’échelle du pays. Ces séries de données ont été homogénéisées afin de supprimer les biais qui peuvent survenir, par exemple, lors d’un changement de matériel ou d’emplacement. On a donc des séries fiables sur 150 ans.

      Il y a eu effectivement par le passé des périodes plus chaudes ou plus froides liée à la variabilité naturelle du climat. Il faisait relativement doux à l’époque romaine ou au Moyen Âge. Il est bien possible que les troupeaux pouvaient passer le col du Mont Collon à cette époque. Et ce sera à nouveau bientôt possible vu la vitesse à laquelle fondent les glaciers. Il faut savoir que les glaciers ne sont pas à leur point d’équilibre et que même si les températures se stabilisent, ils vont poursuivre leur fonte. Il est par contre plus difficile de savoir quelle était la température exacte en Suisse, en Europe ou dans le Monde il y 1000 ans. L’incertitude des reconstructions climatiques devient beaucoup plus importante plus on remonte dans le passé. Les données proxy utilisées pour ces reconstructions nécessitent un travail d’analyse bien plus complexe qu’un simple relevé de température sur un thermomètre.

      Il existe de nombreuses reconstructions de la température en Europe ou dans l’hémisphère nord (et sud dans une moindre mesure) sur les 1000, 2000, 10'000, 100'000, … dernières années. Il est important de noter que quand on parle du petit âge glaciaire ou de l’anomalie médiévale, on se concentre la plupart du temps sur l’Europe et l’Atlantique Nord, et éventuellement l’Amérique du Nord. Les périodes froides ou chaudes n’ont d’ailleurs pas souvent été observées au même moment dans différentes régions du globe (Ahmed et al., 2013). Les reconstructions (sur les 1000 dernières années) à l’échelle de l’hémisphère nord ou du globe ne montrent d’ailleurs pas de périodes plus chaudes que ce que l’on observe actuellement, même chose pour les modèles climatiques (Neukom et al., 2014). Selon plusieurs études, pour l’Europe, les reconstructions ne montrent également pas des températures plus élevées qu’actuellement lors des 1000 ou 2000 dernières années (Büntgen et al., 2011 ; Luterbacher et al., 2015, Mangini et al., 2005).

      Les rapports climatologiques de MétéoSuisse font un simple constat de la température moyenne (sur une année pour ce blog) par rapport aux données (comparables) que nous avons à notre disposition. Le fait que 2018 ait été l’année la plus chaude à l’échelle de la Suisse depuis le début des mesures (1864) est un fait. Personne ne nie le fait qu’il a peut-être fait plus chaud par le passer.

      Quand aura lieu le prochain refroidissement de la planète ? Nous sommes actuellement dans une période interglaciaire, et il n’est pas possible d’affirmer que l’on va entrer dans une nouvelle glaciation. Les périodes interglaciaires précédentes ont duré environ 10'000 à 20'000 ans. Vu que la période interglaciaire actuelle a débuté il y a environ 10'000 ans, on pourrait imaginer que l’on se dirige (à l’échelle géologique) vers une nouvelle glaciation. Mais cela est sans tenir compte des quantités importantes de CO2 qui sont actuellement rejetées dans l’atmosphère.

      Dans un avenir un peu plus proche, la question n’est pas vraiment de savoir s’il a fait une fois plus chaud qu’aujourd’hui par le passé, mais de comprendre les changements climatiques actuels qui ne sont pas seulement visibles en Suisse, mais tout autour du globe. La température ne monte pas seulement en Europe, mais c’est une évolution mondiale liée à l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

      Références
      Ahmed M et al. 2013. Continental-scale temperature variability during the past two millennia. Nature Geoscience 6, 339–346.
      Neukom R et al. 2014. Inter-hemispheric temperature variability over the past millennium. Nature Climate Change 4, 362-367.
      Büntgen U et al. 2011. 2500 years of European climate variability and human susceptibility. Science 331, 578-582.
      Luterbacher J et al. 2016. European summer temperatures since Roman times. Environ. Res. Lett. 11, 024001
      Mangini et al. 2005. Reconstruction of temperature in the Central Alps during the past 2000 yr from a δ18O stalagmite record. Earth and Planetary Science Letters 235, 741-751.

  2. Niphargus, 21.12.2018, 11:12

    Attention: 1864 correspond assez précisément à la fin du Petit Âge glaciaire. Il est donc parfaitement normal que les températures augmentent depuis cette date. En limitant votre graphique à cette période, vous introduisez un biais statistique considérable et donnez une fausse impression de gravité. Il y a déjà eu d'autres périodes chaudes, notamment l'Optimum climatique romain (vers l'an 0) et l'Optimum climatique médiéval (au Moyen-Âge), qui correspondent à des cycles parfaitement naturels. Il serait plus objectif - mais effectivement moins spectaculaire! - de proposer une courbe des températures sur quelques milliers d'années.

    Cela dit, le principal problème lié au réchauffement actuel, c'est que, contrairement aux périodes chaudes antérieures, nous avons colonisé et aménagé jusqu'au moindre recoin des terres habitables, et le moindre changement des conditions naturelles a un impact majeur sur nos structures et nos sociétés.

  3. S.E., 21.12.2018, 06:54

    Si réellement "Le futur est entre nos mains", le fait que la population mondiale double désormais en moins de 40 ans ne devrait il pas être mentionné dans tous ces articles qui traitent des causes ?
    Car si le nombre d'humains double, les émissions humaines doublent, que ce soit des populations à faibles émissions par habitant, ou celles à très hautes émissions par habitant !
    Curieusement ce qui est sensé être la cause du réchauffement actuel est totalement absent du débat...

    1. Joaquim, 26.12.2018, 23:14

      Il n'y a pas de surpopulation mais une augmentation de la population basée sur une exploitation irresponsable des ressources naturelles. Exploitation irresponsable des ressources naturelles qui a induit cette augmentation de la population. Je pense qu'une augmentation de la population puisse se faire sur une gestion durable des ressources naturelles.

  4. PEOPLE, 21.12.2018, 06:40

    Laisser s'opérer la sélection naturelle, c'est malin ça.
    Il y a peu de chances que la population mondiale atteigne 20 milliards,
    il faudrait qu'en deux générations maximum, l'homme mute de façon à pouvoir se passer d'une grande partie de l'oxygène et puisse résister à
    un air chargé en polluants divers; seul les êtres ayant subi des modifications génétiques dues aux perturbateurs endocriniens ou à cause
    des radiations atomiques, voir un savant mélange des deux, seront peut-être capables de survivre.
    Moi je dis qu'il n'y aura pas foule sur la planète, une population de zombies décervelés, le voilà le résultat d'une sélection naturelle.

  5. Simon, 20.12.2018, 14:54

    Je vous remercie pour cet article ainsi que tous les autres. J'aimerais savoir comment est déterminée une température moyenne? Simon

    1. MétéoSuisse, 21.12.2018, 14:53

      La température annuelle suisse décrit la moyenne des températures mesurées en Suisse sur l’ensemble des régions de plaine et pour différentes altitudes. Elle n’est donc pas représentative d’une ville du Plateau, mais de l’ensemble de la Suisse, Alpes comprises. Pour savoir comment est calculée cette température moyenne suisse, on trouvera des informations supplémentaires sur cette page : https://www.meteosuisse.admin.ch/home/climat/le-climat-suisse-en-detail/temperature-moyenne-suisse.html

  6. Jérémy, 20.12.2018, 14:47

    Sans citer de nom, j'ai une usine, non loin de chez moi, qui produit quotidiennement des insecticides, herbicides et fongicides qui sont déversés sur notre terre. Ca pollue tellement, qu'un étude récente a démontré que c'était moins polluant d'acheter à l'étranger, des denrées cultivées sans ses produits nocifs! Tout en prenant compte que les 5 plus gros bateaux cargo, polluent plus que toutes les voitures de la planète, et qu'un gros boeing consomme 12000litres/heure, avec une capacité de 200000litres(4000 pleins d'essence pour un réservoir de 50l ou 40ans d'essence en faisant 1 plein chaque 2 semaine), sans parler des 300litres/minutes d'un avion de chasse. Vu le nombre de suicide chez nos paysans, à cause de la pression sur leurs épaules de produire toujours plus, et bien il me semble que l'état ne fait rien pour ça.
    Bien d'autres exemples à citer mais ça prendrai trop de temps.
    C'est de loin pas le premier article sur le réchauffement cette année, on a bien compris! Par contre, aucun article sur l'enneigement extraordinaire de l'hiver 2018. Tous les records ont étaient pulvérisés dans la quasi totalité des alpes pour ces 20 dernières années! Actuellement, on dépasse souvent la moyenne dans la plupart de nos régions, c'est plutôt intéressant non? C'est donc l'année de tous les records car malgré la chaleur estivale, de nombreux névés qui disparaissaient vers la fin août ou début septembre n'ont pas fondus et sont maintenant recouvert d'un épais manteaux neigeux pour la plupart. Je suis même en train d'observer un nouveaux névé qui a passé 3 étés dans le Bas-Valais vers 2200m. Il disparaissait rapidement les années précédentes et on peut maintenant considéré que c'est une neige éternelle, toute récente, un nouveau glacier en formation! Une explication? Il me semble probable que le climat de ces 5 derniers hivers, environ, soit favorables à l'accumulation de neige au pied de nos montagnes: la quasi totalité des précipitations sous forme de neige, sont accompagnées d'un vent fort à tempétueux, ce qui crée d'énormes accumulations qui se décrochent sous formes d'avalanches de toutes sortes, d'autant bien que les premières chaleurs printanières, souvent très violentes, n'aident pas à une fonte lente, et la neige s'accumule d'avantages au pied des raides versants.
    Ce n'est encore que purement théorique mais si ça continue avec cette cadence il n'est pas impossible que les glaciers s'épaississent. Attention à ne pas confondre l'épaississement d'un glacier avec son recul ou son avancée. D'ailleurs, à cause du réchauffement, les glaciers perdent d'avantages en longueur qu'en masse, dans les alpes.

  7. Vesuve, 20.12.2018, 14:46

    Bonjour à tous.

    Il me semble que nous sommes actuellement dans une phase de glaciation. Le cycle terrestre est ainsi fait.

    Avant une glaciation, il y a toujours eu une phase de réchauffement, lors de chaque glaciation. Ce qui est vrai et que personne ne peut nier (ou alors il faudra m'expliquer par A + B que ce que je dis est faux, et là bonne chance) c'est qu'actuellement l'Homme a considérablement accélérer le procéssus de réchauffement avant une glaciation.

    Le gros problème est que les espèces, nous y compris, n'auront pas toutes le temps d'adaptation nécessaire pour survivre.

    On devrait tant bien que mal tous, riches et pauvres, faire un effort sur notre consommation. Même si les américains en ont rien à battre du climat actuel, nous pouvons montrer l'exemple au monde depuis notre petite Suisse.

    Sinon c'est la nature et notre belle "sphère" qui va s'en occuper avec la sélection naturelle... dont nous ne ferons sans doute pas partie tellement on lui aura fait du mal.

    Bonne soirée à tous et faisons un effort tous ensemble, chacun à son niveau.

    1. Luiset Alexandre, 28.12.2018, 12:00

      Si on regarde les paramètres orbitaux (dits de Milankovic), nous aurions dû retourner petit à petit vers une nouvelle glaciation. Mais très clairement ce n'est plus le cas, le climat se réchauffe très vite, trop vite pour être d'origine naturelle. Donc l'effet de l'Homme est réellement très important sur le climat depuis la révolution industrielle.

      Je vous invite à regarder le document "Coup de projecteur sur le climat suisse" disponible gratuitement en pdf sur le site des académies suisses.

  8. Yvan, 19.12.2018, 16:08

    Tant qu'on essaiera pas de régler la base du problème, à savoir la surpopulation humaine qui consomme de plus en plus et appauvri toutes les ressources ( animales et végétales ), on ne réglera rien. Mais vu que tout notre système économique repose sur cette croissance qui va dans le mur, les politiques ne feront rien...

    1. Nathalie R., 20.12.2018, 19:27

      Bien résumé,
      mais malheureusement, si je puis dire ;-)

    2. S.E., 21.12.2018, 06:57

      Exactement... mais apparemment les plus grandes organisations environnementales comme le Sierra Club aux USA, auraient déjà été menacées de se voir couper les fonds dès les années 1980, si elles ne cessaient pas de parler de cette question !

  9. Nathalie R., 19.12.2018, 10:46

    Il y a beaucoup de commentaires qui font plaisir à lire. C'est rassurant, car cela démontre qu'il y a des citoyens qui ont vraiment compris le problème ainsi que l'urgence.

    Toutefois, comme plusieurs d'entre vous le disent, le fait que l'on puisse réagir à temps me semble malheureusement de plus en plus utopique.

    Car cela impliquerait des changements radicaux dans nos modes de vie durant les toutes prochaines années, et ceci à l'échelle planétaire.

    Et sans l'aide des entreprises et des différents lobbies nous n'y arriveront pas. Un exemple tout bête: les trains sont déjà plus que saturés aux heures de pointe. Sur l'arc lémanique il est même carrément parfois impossible de monter dans les trains régionaux vers 17-18h. Des gens restent sur le quai et tente de monter dans le suivant. Alors comment peut-on convaincre les gens de laisser leur voiture à la maison au profit des transports publiques? Pour cela il faudrait avoir la possibilité de choisir son horaire de travail afin de ne pas tous voyager en même temps. Par exemple pour ceux qui ne sont pas très matinaux, env. de 11h à 20h. Etc.

    Mais les entreprises et les différents services sont très loin d'une telle ouverture d'esprit et d'être capables d'appliquer ce genre de solutions dans un très proche avenir. Nous sommes tous sous pression, contrôlés, programmés à la minute, etc., afin d'assurer une rentabilité maximale.

    Et malheureusement, étant donné l'accroissement de la population, ce genre de solutions n'aiderait que temporairement. En effet, dans un avenir plus lointain, même en répartissant mieux les horaires de travail, les transports seront quand même saturés. Mais ça serait déjà une solution pour 1-2 décennies.

    Quand on parle de modifier nos modes de vie, cela doit être encore plus radical. Il ne suffit pas seulement d'essayer de consommer localement, mais il faudrait également limiter les déplacements en obligeant les employeurs à engager localement (max. 10-20km du domicile). Ce qui d'ailleurs permettrait un retour à un système plus humain du marché de l'emploi. Mais je vois déjà les grands spécialistes de l'économie et de l'industrie s'écrier "Et la compétitivité, la performance, etc.??!".

    Il est clair que les progrès médicaux et techniques ont amélioré les conditions de vie, mais nous sommes devenus de véritables esclaves des temps modernes, programmé à la minute, mis de plus en plus sous pression.

    Je me demande de plus en plus si en fin de compte on était pas plus heureux il y a un ou deux siècles de cela. A quoi bon avoir le chauffage au sol, le lave-vaisselle, et une espérance de vie de 20 ans de plus, alors qu'à 50 ans on est déjà éliminés du marché de l'emploi? Et en plus avec le climat et la pollution de demain...

    Notre société doit vraiment se remettre quasi entièrement en question.

    Meilleures salutations à tous

    1. Jean, 21.12.2018, 23:04

      Je suis d'acord avec vous

  10. Richard, 16.12.2018, 18:55

    Ne serait-ce pas tout simplement le retour de la sélection naturelle pour réguler le nombre d'être humains? Nous sommes la seule race vivante oú elle n'existe plus. Je pense qu'il faut laisser faire.....
    Vous imaginez quand on sera 15 - 20 milliards, on fera comment?

    1. Patrick, 20.12.2018, 14:42

      Personnellement je ne souhaite pas votre "laissez faire" à nos générations futures.

      L'ajustement démographique s'opère très bien de lui-même dans la plus part des sociétés dites développées (voir les chiffres pour le Japon, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Russie, l'Ukraine,...) ces tendances sont rarement avancées comme positives, elles sont pourtant un bien fait dans un monde aux ressources limitées, et cela sans guerres, famines et autres catastrophes humanitaires sans précédents.

      Outre les humains c'est aussi une grande parties des espèces vivantes qui sont sous pression d'extinction.

      Je crois vraiment que nous pouvons et devons agir, prendre nos responsabilités chacun avec nos moyens.

  11. Mister Freeze, 15.12.2018, 13:06

    La moyenne annuelle de température en Suisse est de 6,9°; dans le monde entier elle atteint 15° rappelle Météo Suisse.
    Sans être climatologue, il me paraît logique d'estimer que la température
    moyenne doit avoisiner -5° au Pôle nord (estimation au doigt gelé), -10° au Pôle sud (....... au doigt nécrosé); et spécial pour Noël, l'estimation
    annuelle au Sahara occidental: minimum 20°.

    Il est clair que les chiffres estimés peuvent être repris et ajustés par le service Météo-Suisse., voir même y rajouter quelque précisions supplémentaires.

  12. Badnews, 15.12.2018, 08:15

    Même ironiquement, il est impossible de finir les énergies fossiles restantes.
    Selon les saoudiens, ils ont des réserves pour 2 siècles encore, ce qui est sûrement aussi faux qu'invérifiable.
    Dans 50 ans l'air deviendra irrespirable, donc ni les humains actuels, ni "d'autres" pourront en "profiter".

    L'aspect positif est qu'on aura plus à se soucier où enterrer les déchets radioactifs.

    Si le froid est plus mortifère sous nos latitudes, c'est à cause du manque de fraternité. Dans les pays chauds l'on meurent toute l'année, le manque de solidarité est aussi en cause.

  13. Marie, 14.12.2018, 17:17

    Merci pour toutes ces infos, toujours si intéressantes

  14. La Fleur, 14.12.2018, 08:57

    Depuis le début des temps l'homme civilisé à toujours exploité ses ressources (eau, bois, charbon, métaux) jusqu'à la disparition de la ressource, puis de l'homme. Ceci va continuer. Mon commentaire quoiqu'ironique est donc: "Consommons du pétrole tant qu'il en reste." - Ou d'autres le consommeront à notre place. -

    1. Pascal_fr_39, 14.12.2018, 17:34

      Au vu du déclencheur des émeutes ici en France, que vous avez raison! Tant qu'une entrave majeure aux activités quotidiennes ne se sera pas fait ressentir, les comportements individuels resteront ce qu'ils sont. "J'ai donc je suis", la (sur)consommation comme élément essentiel de notre existence. Il faudra que l'humanité reçoive une gifle de la nature, climatique, pollution, bio sphère à l'agonie, pour que l'homme réagisse, et/ou s'adapte, si tant est qu'il en ait encore la possibilité.

  15. Schmidt Pierre, 14.12.2018, 08:39

    Regardez chez nous en France, les gens manifestent pour 5 cts du prix de l'essence en plus mais quand 50000 personnes meurent chaque années de la pollution personnes ne bouge! Affligent et la COP 24 ne va déboucher sur rien une fois de plus. Que faut il faire?

    1. Grégoire, 14.12.2018, 10:41

      Il faut relativiser.
      La surmortalité par le froid est bien plus importante que par la canicule. Ce n'est pas politiquement correct, mais ... le froid hivernal est (en France) huit fois (sic!) plus meurtrier que la canicule estivale.
      (Voir: "Canicule et froid hivernal: Comment se protéger?" de Prof. Jean-Louis San Marco.)

    2. Rearden, 18.12.2018, 18:50

      Un peu de lecture pour remettre les pendules à l'heure:

      https://www.nature.com/articles/nature22086

      Ce ne sont donc de loin pas 50'000 personnes par an qui décèdent en France à cause de la pollution. Par contre, il y a 70'000 personnes en France chaque année qui décèdent à la suite de la consommation de tabac. Je vous laisse méditer sur ces chiffres.

  16. Grégoire, 13.12.2018, 23:26

    Seulement 6.9 degrés? La moyenne de la température sur toute la surface de la Terre (océans et continents), et sur toute l’année est de +15°C.

    1. MétéoSuisse, 14.12.2018, 08:44

      La température annuelle suisse décrit la moyenne des températures mesurées en Suisse sur l’ensemble des régions de plaine et pour différentes altitudes. Elle n’est donc pas représentative d’une ville du Plateau, mais de l’ensemble de la Suisse, Alpes comprises.
      Pour savoir comment est calculée cette température moyenne suisse, on trouvera des informations supplémentaires sur cette page :
      https://www.meteosuisse.admin.ch/home/climat/le-climat-suisse-en-detail/temperature-moyenne-suisse.html

  17. Félix G., 13.12.2018, 17:00

    Tant qu'une part significative des électeurs décident de voter pour des partis qui ne prévoient rien de contraignant pour protéger l'environnement -"ça nuit à la compétitivité des entreprises"- , il sera difficile de faire bouger quelque chose en Suisse.

    L'âge moyen élevés des élus dans le monde (en particulier aux Etats-Unis, par exemple) peut jouer un rôle dans le fait qu'une part non négligeable d'entre-eux se sentent pas/peu concernés par un changement climatique catastrophique dans 20-40 ans...

    Certaines espèces animales peuvent (ont pu) s'adapter, mais pas à un changement aussi rapide et d'une telle ampleur. Des espèces vont disparaître, car elles n'auront plus d'écosystème dans lequel vivre.

  18. Patrick B., 13.12.2018, 07:21

    Merci pour vos analyses. Mais honnêtement, une réduction de 50% des gaz à effets de serre sur12 ans -jusqu'en 2030-, qui y croit encore dans le monde? Des décisions récentes sur la réduction du CO2 du Conseil National de notre petite Suisse à celles aberrantes de Trump en passant par le développement de la Chine, on voit bien qu'il ne faut pas rêver.... Et rien n'est fait pour changer de mode de vie. A mon avis c'est mission impossible que de changer ce que nous avons déclenché...
    Je reste convaincu que l'humain et la plupart des espèces vont s'adapter au changement de climat comme ils l'ont déjà fait précédemment. Evidemment, ce ne sera pas simple. Par contre, on ne pourra rien faire contre les déchaînements climatiques à venir (ouragan, tsunamis etc). Il faudra s'adapter.
    Tout cela est bien entendu triste, mais soyons réalistes avec l'avenir et anticipons pragmatiquement ce qui va nous arriver, surtout pour nos enfants et petits-enfants...

    1. Pierre Ingold, 13.12.2018, 09:46

      Je suis entièrement d'accord avec vous.
      Mais l'adaptation aux nouvelles conditions de vie sera extrêmement douloureuse ! Avec la raréfaction de l'eau potable, la disparition des sols cultivables, l'élévation du niveau des mers, l'inévitable apparition de nouveaux ravageurs et de nouvelles maladies, la pénurie d'énergie, etc, il y aura une fantastique migration de peuples entiers qui va déclencher de formidables conflits, et donc à plus ou moins long terme, une troisième guerre mondiale.
      Comme dans toutes les guerres, même apocalyptiques, il y aura quelques survivants, mais dans quelles conditions parviendront-ils à assurer la perpétuation de l'espèce ?
      Le scénario de la disparition totale du genre humain n'est pas si improbable que cela...
      Est-ce un mal ou un bien ? Le débat reste ouvert...

    2. Alain L., 13.12.2018, 13:49

      Vous avez parfaitement raison. Sans être fataliste, comment croire qu’en prenant des mesures qui n’auront que valeur de symbole et non d’efficacité, on pourra inverser la tendance? Certains pensent qu’en agissant localement on se protégera au niveau régional. Non, les gaz à effet de serre ne s’arrêtent pas aux frontières hélas. Ces actions inciteraient d’autres pays à prendre des mesures similaires? Personnellement j’en doute beaucoup quand on voit le cynisme de certains gouvernements et de certaines multinationales.
      Des actions, il y en aura mais qui seront violentes, conflictuelles, ou pacifiques mais dans ce cas, hélas, trop tardives.
      Une raison pour apprécier chaque flocon de neige...

  19. Bastien Mamie, 12.12.2018, 21:00

    Tout ceci est bien inquiétant...surtout que notre
    pays vient de refuser récemment plusieurs lois pour tenter de réduire les émissions de CO2. En fin de compte nous ne sommes pas mieux que les autres. Visiblement notre génération n'agira pas et laissera cette tâche aux générations suivantes, qui seront bien obligées d'agir lorsque nos lacs et rivières seront vides et que les étés dépasseront régulièrement 40°.

    1. Roland-Alexandre Gross, 13.12.2018, 14:46

      Totalement d'accord avec M. Bastien Mamie.
      Et je ne parviens que très partiellement à convaincre des personnes de la génération de mes parents (nés entre les deux guerres) et de ma génération (années 50) de l' "héritage" en matière d'environnement que nous allons transmettre à nos arrière-petits-enfants, nos petits-enfants et nos enfants. C'est affligeant !
      Et quand je leur parle de l'abandon de ma voiture au profit de l'AG, j'ai l'impression de paraître à leurs yeux comme un rêveur exotique !

  20. Claude Guignard, 12.12.2018, 15:07

    Le réchauffement climatique ne souffre aucune discussion. Et pourtant il en est dans ce pays qui continuent à le nier... On pourrait en rire si leur attitude ne freinait pas voire empêchait toute mesure efficace pour lutter contre ce réchauffement. Il faut donc s'attendre à ce qu'il se poursuive et que finalement ce soient les scénarios les plus pessimistes qui se réalisent.

  21. Roland-Alexandre Gross, 12.12.2018, 14:27

    Eh ben, pour tous ceux qui continuent de rejeter l'idée d'un réchauffement climatique, quel désaveux ! Que faut-il encore à tous ces citoyens, à l'instar de bon nombre de parlementaires, pour accepter (enfin) l'évidence ?
    "Le futur est entre nos mains ". Mais au vu de l'immobiliste des décideurs, ce futur sera plutôt entre les mains de nos enfants et petits-enfants. Et ce futur ne s'annonce pas glorieux !
    Reste bien sûr à définir ces mesures de "protection climatique conséquente". Jusqu'où sommes-nous prêts -es, toutes et tous, à changer notre petit confort personnel pour mettre en œuvre des mesures qui, pour certains scientifiques, sont déjà trop tardives ?
    Merci à MétéoSuisse de cet article des plus intéressants, avec une infographie parlante.

  22. Fernex Serge, 12.12.2018, 13:33

    Et on doute encore de la théorie du réchauffement climatique ?? Les cycles solaires n'ont pas d'influence ? Il semblerait que l'on se dirige vers un minimum solaire...

    1. Joaquim, 26.12.2018, 22:26

      Oui, mais vressanblablement pas suffisant pour inverser la tendance.

  23. Marc Bornet, 12.12.2018, 12:57

    Contentez-vous de prévoir les températures à 3 jours, c'est déjà bien.

    1. MétéoSuisse, 13.12.2018, 07:55

      Ne confondez pas climatologie et météorologie. En climatologie, il est plus aisé de prévoir des tendances, d’autant plus que le temps passé entre en ligne de compte. Ainsi, à moins de 20 jours de la fin du mois, il est déjà possible d’affirmer que 2018 sera l’année la plus chaude depuis le début des mesures en 1864, quelles que soient les scénarios météorologiques prévus jusqu’à la fin de l’année. En revanche, en météorologie, le temps en détail a nettement plus d’importante et il n’est pas encore possible à l’heure actuelle de prévoir le temps qu’il fera à Noël.

    2. Jérôme André, 16.12.2018, 06:50

      Monsieur Marc, pour avancer dans son mode de vie il faut commencer par accepter la réalité, beaucoup usent de l'effet d'aubaine actuelle pour vite consommer encore de grosses quantités de pétrole avant les restrictions supposées: aviation pas chère à gogo et changement de véhicule pour démontrer un symbole de richesse.
      L'attitude que vous adoptez n'est pas constructive pour vous même, les autres changeront sans vous.