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Juin 2022 au niveau mondial

11 juillet 2022, 17 Commentaire(s)
Thèmes: Climat

La température moyenne mondiale pour le mois de juin 2022 a été supérieure d'environ 0,31 °C à la norme 1991-2020, ce qui en fait le troisième mois de juin le plus chaud jamais enregistré. L'Europe dans son ensemble a connu son deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré, avec une température supérieure d'environ 1,6 °C à la moyenne. Des températures extrêmes ont été enregistrées de l'Espagne à l'Italie, en passant par la France. Plusieurs pays ont égalisé ou battu leur record national de chaleur pour un mois de juin.

Figure 1. Distribution mondiale de la température en juin 2022. L’écart (en °C) à la norme 1991-2020 est représenté. Source : Copernicus
Figure 1. Distribution mondiale de la température en juin 2022. L’écart (en °C) à la norme 1991-2020 est représenté. Source : Copernicus

Chaud en Europe avec de nombreux records nationaux de chaleur pour un mois de juin

En juin 2022, les températures ont été supérieures à la moyenne 1991-2020 dans la majeure partie de l'Europe. Les températures maximales quotidiennes en Espagne, en France et en Italie ont dépassé les 40°C et la chaleur extrême a exacerbé les conditions de sécheresse actuelles dans le bassin du Pô. De nombreux records de température ont été battus en juin en France et en Espagne, notamment à Biarritz (France) et à San Sebastián (Espagne). Certains pays ont égalisé ou battu leur record national de chaleur pour un mois de juin. Cela a été le cas en Suisse (36,9 °C à Beznau le 19 juin), au Liechtenstein (35,2 °C à Vaduz le 19 juin), en République Tchèque (39 °C à Husinec le 19 juin), en Croatie (40,4 °C à Knin le 28 juin), en Slovénie (38 °C à Podnanos le 28 juin) et en Slovaquie (38,8 °C à Somotor le 30 juin).

Cette chaleur s'est également étendue au-delà du cercle polaire vers la fin du mois de juin. Le 29 juin, des températures supérieures à 30 °C ont même été mesurées au-delà de la latitude 70° N. Une température à 32,5 °C a été mesurée à Tana Bru et à Banak, tout au nord de la Norvège. Il s’agit de la plus haute température mesurée en juin en Europe au nord de 70° N. 

En revanche, des températures plus basses que la moyenne ont été enregistrées dans l'ouest de la Russie, dans le centre de la Turquie, au Portugal, en Irlande et partiellement en Islande.

Malgré ces températures élevées sur une grande partie de l’Europe, la température moyenne mensuelle en Europe, qui a dépassé la moyenne 1991-2020 de 1,57 °C, n'a pas été la plus chaude jamais enregistrée. Il avait fait 0,3 °C plus chaud en juin 2019.

Affichage aggrandi: Figure 2. Répartition spatiale de la température en juin 2022 en Europe. L’écart (en °C) à la norme 1991-2020 est représenté. Source : Copernicus
Figure 2. Répartition spatiale de la température en juin 2022 en Europe. L’écart (en °C) à la norme 1991-2020 est représenté. Source : Copernicus

Ailleurs dans le monde

La chaleur a également concerné l'Afrique du Nord, où la Tunisie a égalé son record de température pour un mois de juin avec 48,7 °C à Tozeur.

Des températures supérieures à la moyenne ont également été relevées en Sibérie et dans une grande partie de l'Asie, où des vagues de chaleur dans le centre et le nord de la Chine ont entraîné une augmentation de la demande d'électricité. En Asie centrale, des records nationaux de chaleur pour un mois de juin ont été établis le 29 juin au Turkménistan, le 30 juin en Ouzbékistan et au Tadjikistan.

Au Japon, des températures supérieures à 35 °C ont été enregistrées pendant 6 jours consécutifs en juin à Tokyo, ce qui constitue un record. Cette vague de chaleur s’est prolongée jusqu’au 3 juillet et Tokyo a finalement connu sa plus longue période avec des températures supérieures à 35 °C avec 9 jours consécutifs.

En Amérique du Nord, des températures élevées ont été enregistrées au Texas, Houston ayant connu le mois de juin le plus chaud de son histoire. Le Moyen-Orient a également connu des températures supérieures à la moyenne.  Les températures ont en outre été beaucoup plus élevées que la moyenne sur de grandes parties de l'Antarctique et sur la mer de Weddell. Parmi les autres régions où les températures ont été supérieures à la moyenne figurent le nord du Canada, l'Afrique centrale et l'ouest de l'Australie.

En revanche, des températures beaucoup plus basses que la moyenne ont été enregistrées au Groenland, dans la majeure partie de l'Amérique du Sud, particulièrement en Argentine et en Uruguay, en Afrique australe et dans l'est de l'Australie. Les températures ont également été inférieures à la moyenne 1991-2020 dans plusieurs autres régions terrestres, notamment le nord-ouest de l'Afrique et de petites poches d'Asie orientale.

Au-dessus des océans

Les températures de l'air à proximité de la surface ont été variables sur certaines parties de tous les grands bassins océaniques. Des températures supérieures à la moyenne ont été observées principalement dans le nord-est du Pacifique et dans l'Atlantique Sud, tandis que des températures inférieures à la moyenne ont été enregistrées dans les régions tropicales et subtropicales du Pacifique oriental, ce qui indique la persistance du phénomène La Niña. Des températures inférieures à la moyenne ont également été enregistrées dans le sud de l'océan Indien, au sud de Madagascar et de l'Australie.

Juin 2022 au niveau global

Finalement, juin 2022 a été 0,31 °C plus chaud que la moyenne 1991-2020. Il s’agit du troisième mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Il a été 0,05 °C plus froid que les mois de les plus chauds jusqu’à présent, à savoir ceux de 2019 et 2020. Enfin, les mois de juin des années 2015 à 2022 ont été les huit plus chauds jamais enregistrés.

Le bulletin de juin 2022 de Copernicus est disponible en anglais.

Juin 2022 en Suisse

La Suisse a connu le deuxième mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. En moyenne nationale, la température du mois de juin a dépassé de 2,7 °C la norme 1991-2020. Les mois de juin 2019 et 2017, avec 2,6 °C au-dessus de la norme, avaient été tout aussi chauds. Seul juin 2003 avait été nettement plus chaud avec 4,7 °C au-dessus de la norme.

Affichage aggrandi: Figure 3. Répartition spatiale de la température moyenne en juin 2022, en tant qu’écart (en °C) à la norme 1991-2020. Source : MétéoSuisse
Figure 3. Répartition spatiale de la température moyenne en juin 2022, en tant qu’écart (en °C) à la norme 1991-2020. Source : MétéoSuisse

Le bulletin climatologique de juin 2022 rédigé par MétéoSuisse donne un aperçu complet de la situation en Suisse.

Commentaires (17)

  1. Blaise, 26.07.2022, 17:07

    On parle de la norme 1991-2010, qui sera, je crois, (merci de confirmer..) remplacée bientôt par 2000-2020.
    Pouvez-vous expliquer pourquoi cette norme n'est pas "roulante", c.à.d. que chaque année on éliminerait l'année la plus ancienne et on la remplacerait par l'année la plus récente? Même avec un décalage de qq années. La norme collerait ainsi plus à la réalité de la dérive climatique.
    Merci d'avance de votre commentaire

    1. MétéoSuisse, 26.07.2022, 18:00

      Bonjour,
      La norme est sur 30 ans. La norme actuelle est 1991-2020. Les recommandations de l’OMM sont d’ajuster les normes tous les 10 ans. Ainsi, la prochaine norme sera 2001-2030. Elle sera disponible à partir de 2032. Mettre à jour des normes est un gros travail qui prend plus d’une année et qui implique de nombreux collaborateurs. Il ne suffit pas déplacer les mesures d’une année. Il y a également tout un travail d’homogénéisation des données.

  2. Arno, 17.07.2022, 14:59

    Bon... Et si plutôt que de mettre des climatiseurs partout (qui ne font que rejetter l'air chaud dehors) on plantait plus d'arbres en villes et qu'on protégeait nos forêts ?
    Il a été prouvé qu'une forêt en centre ville peut durablement baisser les températures de plusieurs degrés.
    Ça serait pas monstre bien ?
    😶

    1. Serrano Carmen, 19.07.2022, 11:46

      Tout à fait d'accord avec vous!!!! 😃👍🌱🌴🌳🌲

  3. Fehr, 16.07.2022, 09:09

    0,31 degrés d’augmentation des températures mondiales ? Comment cette valeur est-elle calculée? On a pas vraiment l’impression qu’avec 37 degrés ici et des températures qui déjà impactent fortement la vie courante dans des pays tous proches cette valeur est applicable !

    1. MétéoSuisse, 17.07.2022, 21:42

      Bonjour,
      Il s’agit d’une moyenne globale. Bien sûr, cet écart à la norme 1991-2020 peut être plus important sur une petite région avec par exemple 2,6 °C en Suisse. Mais cela est compensé par zones plus fraîches, comme en Amérique du Sud en juin 2022.

  4. Claude Guignard, 11.07.2022, 18:05

    Dans la situation actuelle rien ne laisse encore envisager une augmentation annuelle plus importante du réchauffement climatique. Des lors, il est normal qu'il évolue en fonction de circonstances régionales annuellement variables. Globalement la température moyenne continue de progresser. Cela ne préoccupe hélas pas grand monde...donc on prend note, et encore, dans le meilleur des cas...Merci de nous tenir informés. .

    1. Eric, 13.07.2022, 13:07

      "Dans la situation actuelle rien ne laisse encore envisager une augmentation annuelle plus importante du réchauffement climatique". puis plus loin " Globalement la température moyenne continue de progresser." faudrait savoir ce que vous raconter ça augmente ou pas ?d'autre part je comprend pas comment le réchauffement annuel ne continuerais pas d'augmenter? une explication peut -être où vos seuls sentiments suffisent à tous expliquer.

    2. Chris, 15.07.2022, 12:58

      Claude, ce n'est pas ca le réchauffement climatique, ce n'est pas une légère augmentation de température d'année en année. La température moyenne annuelle globale fluctue beaucoup d'une année à l'autre, en plus ou en moins. Ce que nous constatons et qu'on nomme réchauffement climatique, c'est que sur le très long terme la MOYENNE des températures moyennes annuelle augmente. A la louche on peut dire 1 degré par siècle, peut-être plus pour le prochain. L'humain ne peut donc pas sentir l'augmentation mais seulement la mesurer.

  5. Pascal_fr_39, 11.07.2022, 17:15

    Au delà des disparités géographiques locales ( à l'échelle planétaire), force est de constater que les bilans mensuels que vous dressez sont tous plus semblables les uns que les autres, avec une marge très ténue entre eux. In fine, ces mesures et analyses correllent parfaitement avec les modélisations antérieures, tout se passe donc comme prévu. L'humanité peut même constater de visu les impacts de plus en plus sévères de cette evolution climatique, et l'Europe va certainement être aux premières loges d'un événement marquant dans les tous prochains jours. A suivre, et à écouter.

    1. Casper, 12.07.2022, 11:23

      L’an dernier l’été était pourrie avec de la pluie quasiment tout le temps…

    2. Nathalie, 12.07.2022, 16:50

      @Casper: Le problème c'est qu'un certain nombre de personnes mettent en doute le réchauffement climatique dès qu'il y a un été pourri comme vous le mentionnez, ou un hiver froid. Exemple en 2008-2009 (année à vérifier) où il a fait environ -15 degrés dans une bonne partie de l'Europe

      Mais on peut clairement observer que ce sont majoritairement des records de chaleur qui sont atteints ces 20 dernières années.

      De plus, pour indiquer le +/- par rapport aux normales saisonnières, on se base maintenant sur la moyenne 1991-2020, laquelle est élevée.

      Même si certains sont encore sceptiques quant au réchauffement, on ne peut nier un dérèglement. Qu'il s'agisse de sécheresses, d'inondations ou d'incendies, les événements sont toujours plus extrêmes.

      Peut-être qu'on se dirige vers un hiver comme 2008-2009. Avec la possible pénurie d'électricité ça promet!
      A l'époque la France avait demandé aux industries de type sidérurgies de s'arrêter, afin de laisser assez d'énergie aux ménages!

    3. Nathalie, 12.07.2022, 17:01

      @Casper: (suite de mon commentaire précédent).

      C'était plutôt février 2012 qui a été si froid et pas l'hiver 2008-2009. Désolée ma mémoire me joue des tours. Peut-être que météo suisse peut confirmer.

      Toujours est-il qu'avec le risque de gaz rationné, et aussi d'électricité si nous n'arrivons pas à remplir suffisamment nos barrage d'ici la fin de l'année, j'espère vraiment que l'hiver prochain sera aussi doux que celui qu'on vient d'avoir, et pas un remake de 2012.

    4. Ricardo, 12.07.2022, 17:17

      Humide certes, mais du point de vue des températures, l’été 2021 s’est situé légèrement au-dessus de la moyenne !

    5. Casper, 12.07.2022, 17:54

      Il faut distinguer les conséquences des événements de ceux-ci. Les inondations sont le plus souvent la conséquence de la suppression de haïes et bocages pour faire place à de belle et grande surfaces agricoles uniformes qui ne retiennent plus l’eau et entraînent des coulées de boues dès qu’il pleut beaucoup. Avant cette eau restait sur place et s’infiltrait lentement dans les nappes phréatiques.
      On a aussi construit dans des zones inondables alors que l’on savait pertinemment qu’un jour la rivière repassera à cet endroit.
      Dire que les événements deviennent extrêmes je doute, les conséquences oui car on veut faire en dépit du bon sens. Le Rhin était canalisé et débordait tous les ans en Allemagne et Pays-Bas on a rétabli les zones inondables du Rhin sauvage et depuis ce n’est plus le cas…

    6. Pascal_fr_39, 12.07.2022, 18:54

      @Casper, il est toujours intéressant d'ouvrir un petit débat, merci. Pour y répondre, si l'été 2021 a été très arrosé, il est G7O3EPWVQT73Q isolé en cela depuis 2015 au sein d'un bloc d'étés très chauds. Avant 2015, on observait une alternance entre des saisons froides, chaudes, voire historiques comme en 2003, mais pas de série comme actuellement, et 2022 vient s'y greffer. Quant aux conséquences, faîtes le trajet La Chaux de Fond, Pontarlier, Champagnole, St Claude par exemple, et vous constaterez l'état des forêts de résineux, même si les plantations mono-essence de l'épiciéa jouent un rôle en sa défaveur. Vous pouvez aussi constater la décroissance rapide de tous les glaciers, et la Suisse est aux premières loges.
      @Nathalie, c'est bien en février 2012 qu'une vague de froid a concerné nos regions, la derniere digne de ce nom. Sinon, rappelons les 18 à 20° sur les plateaux du Jura jusqu'à 800 - 900m pour le dernier nouvel an.
      @ Ricardo, un été plus doux que la norme 1981-2010.

    7. Sébastien Huguelet, 13.07.2022, 05:54

      Vous ne doutez pas, vous affirmez. C'est marrant, parce que vous arrivez à nous faire doutez par contre. Pourtant nous devrions savoir que tout ce que vous dites est orienté contradiction, comme la fois des îlots de chaleur urbains qui falsifiaient soit-disant la mesure du record de température en France... (alors qu'au final la station est bien en-dehors de toute urbanisation).