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Nouveaux rapports du GIEC – Adaptation et atténuation du changement climatique

4 avril 2022, 12 Commentaire(s)
Thèmes: Climat

Le troisième rapport partiel du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sur les possibilités d'atténuation du changement climatique paraît aujourd'hui. Il présente donc les mesures possibles pour réduire activement les émissions de gaz à effet de serre. Des sources d'énergie à faible ou sans émission de CO2 et une réduction de la consommation de combustibles fossiles sont impératives pour limiter le réchauffement global à 1,5 °C. En outre, l'élimination du dioxyde de carbone de l'atmosphère à l’échelle globale est nécessaire pour compenser les émissions difficilement évitables et pour atteindre l'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre au milieu de ce siècle. Nous présentons les principales conclusions scientifiques des deux rapports les plus récents sur le climat.

Depuis 1990 déjà, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) publie des rapports scientifiques qui résument l'état de la recherche internationale sur le changement climatique. En août 2021 et février 2022, les premières parties du sixième rapport mondial sur le climat ont été publiées. Celles-ci portaient notamment sur les conséquences du changement climatique sur les écosystèmes ainsi que sur les humains et la société, les cultures et les infrastructures. Aujourd'hui, le troisième rapport partiel a été publié. Celui-ci se penche sur les possibilités techniques, économiques et sociales de réduire les émissions de gaz à effet de serre, également appelées mitigation. Dans cet article, nous présentons les conclusions scientifiques des deux rapports partiels sur l'adaptation et l'atténuation du changement climatique.

Le deuxième rapport partiel : conséquences du changement climatique, vulnérabilité et adaptation

Ce rapport partiel se concentre sur les effets négatifs du changement climatique d'origine humaine et sur les pertes et dommages qui en résultent pour la nature et l'humain : les écosystèmes et notre société sont de plus en plus vulnérables aux risques liés au changement climatique. Toutefois, des progrès ont également été constatés en matière d'adaptation au changement climatique dans tous les secteurs et toutes les régions. Des mesures globales, efficaces et innovantes sont nécessaires de toute urgence pour que la société devienne résiliente face au changement climatique. De tels développements sont par exemple encouragés lorsque les gouvernements, les sociétés et le secteur privé prennent des décisions qui favorisent les mesures de protection techniques et basées sur la nature, mais aussi lorsqu'ils créent des structures politiques inclusives et permettent la coopération internationale.

Aperçu des déclarations importantes :

  • L'augmentation des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes a eu pour conséquence de solliciter la population et la nature au-delà de leur capacité d'adaptation. Il en résulte des évolutions irréversibles (p. ex. l'extinction d'espèces).
  • Si le réchauffement global atteint 1,5 °C (Figure 1) dans un avenir proche, les dangers climatiques tels que la poursuite de l'élévation du niveau de la mer augmenteront et entraîneront des risques pour les écosystèmes et les populations.
  • Des mesures rapides et cohérentes limitant le réchauffement global à environ 1,5 °C réduiraient les pertes et dommages attendus liés au changement climatique, mais ne pourraient pas les éliminer.
Affichage aggrandi: Figure 1. L'évolution de la température à la surface du globe (augmentation par rapport à la période 1850-1900). Les abréviations représentent les cinq scénarios d'émissions.
Figure 1. L'évolution de la température à la surface du globe (augmentation par rapport à la période 1850-1900). Les abréviations représentent les cinq scénarios d'émissions.
Source : Figure adaptée du GIEC 2022.

Le troisième rapport partiel : les possibilités d'atténuation du changement climatique

Le troisième rapport partiel du GIEC affirme que le changement climatique est le résultat de décennies d'utilisation d'énergies fossiles, de l'application de modes de production et de consommation non durables et d'une utilisation non durable des terres. Les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine ne cessent d'augmenter dans le monde entier. Si l'on veut limiter le réchauffement à moins de 1,5 °C, il est nécessaire de réduire en profondeur les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs et toutes les régions - par exemple en utilisant des sources d'énergie à émissions faibles ou nulles. Le recours à des mesures d'élimination du CO2 de l'atmosphère est également nécessaire à l'échelle mondiale pour compenser les émissions difficilement évitables et atteindre l'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre. Sans un renforcement des mesures de protection du climat à l'échelle mondiale, les émissions de gaz à effet de serre continueront d'augmenter et conduiront très probablement à un réchauffement mondial de 3,2 °C d'ici 2100.  La température moyenne mondiale a déjà augmenté d'environ 1,1 °C depuis le début de l'industrialisation, la température en Suisse ayant augmenté environ deux fois plus que la moyenne mondiale  (CH2018).

Affichage aggrandi: Figure 2. Gaz à effet de serre d’origine anthropique.
Figure 2. Gaz à effet de serre d’origine anthropique.
Source : MétéoSuisse

Déclarations importantes additionnelles  :

  • De plus en plus de personnes vivent dans des zones urbaines. Cela crée des opportunités pour améliorer l'efficacité des ressources. Les villes peuvent, par exemple, parvenir à réduire considérablement les émissions en transformant les infrastructures, les systèmes énergétiques et les chaînes d'approvisionnement.
  • Dans le secteur des transports, les technologies à émissions nulles ou faibles peuvent réduire les émissions (par exemple, les véhicules électriques pour le transport terrestre ; l'hydrogène pour le transport maritime et aérien). Parallèlement, il est possible de réduire la demande de transport en investissant dans le transport local ou la mobilité partagée.
  • Le domaine de la construction, l'industrie et l'utilisation des sols présentent un grand potentiel de réduction des émissions. Par exemple, en utilisant des matériaux de construction à faibles émissions et des sources d'énergie renouvelables, et en réduisant la surface nécessaire par habitant. Dans l'industrie, des mesures sont nécessaires tout au long de la chaîne de création de valeur. En ce qui concerne l'utilisation des terres, la protection et la restauration des écosystèmes naturels font partie des mesures dont les avantages sont multiples.
  • Selon le GIEC, les consommateurs peuvent également influer sur leurs propres émissions et les réduire. Éviter le gaspillage alimentaire, veiller à la réutilisation des produits et utiliser les transports publics ne sont que quelques-unes des nombreuses possibilités.

 

Quelle est la prochaine étape ?

En octobre 2022, le dernier volet du cycle du GIEC sera publié : le rapport de synthèse. Il résume les trois rapports partiels. Nous en parlerons ici dans un prochain article.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) résume à intervalles réguliers l'état actuel des connaissances sur le changement climatique. Il crée ainsi la base pour des décisions politiques basées sur la science en matière de protection du climat et d'adaptation au climat. Chaque cycle de rapport du GIEC est divisé thématiquement en trois rapports, publiés à quelques mois d'intervalle et attribués chacun à un groupe de travail. Vous trouverez plus d'informations sur le GIEC et son fonctionnement dans notre blog du 21 juillet 2021 et sur notre site Internet.

Commentaires (12)

  1. daniel strubin, 10.04.2022, 17:29

    Bonjour,

    Personnellement, ça fait plus de 40 ans que j'essaie d'agir dans ma consommation d'énergie. Mais il a une forte passivité des autorités, freinant tout ce qui est énergies renouvelables, j'ai vécu et je vis encore des refus d'autoriser des panneaux solaires thermiques {1995), refus 4 fois de poser des panneaux voltaïques {2021}, refus de subventionner le chauffage au bois, que j'ai tout de même installé, abandon des SIG-Ge des contrats de rétribution de l'énergie solaire RPC, refus de donner une aide financière pour la pose de 2 pompes à chaleur pour remplacer un chauffage central électrique, et j'en passe. C'est très dur de se battre pour faire des économies, lorsqu'on reçoit un non par lettre recommandée.
    Je continue à mes frais.
    Bon courage pour vous autres.

    1. P. Gapany, 16.04.2022, 18:32

      Pourquoi attendre des subventions du gouvernemaman? Faites-le! Pourquoi faudrait-il aider ceux qui ont les moyens de poser du PV sur leur toit (donc qui ont déjà les moyens de s'acheter une villa) ou de s'acheter une Tesla à 50 kFr et plus (et qui mettent leur vieille bagnole (5 ans) à la casse)? Aidons plutôt et de manière ciblée (pas d'arrosage) ceux qui en ont besoin simplement pour vivre !

    2. Sébastien, 19.04.2022, 13:22

      @ P. Gapany : n'est-ce pas pas ce qu'il dit faire quand même ? Et quand il parle de refus, je crois comprendre qu'il parle de permis de construire, alors... Et quand nous sommes locataires, autant dire que nous n'avons aucun pouvoir, tant que les propriétaires ne participeront pas/plus aux charges énergétiques leur appât du gain maximum ne les fera pas investir nos loyers dans des choses qui ne leur font rien gagner (à par leur morale, haha)

  2. Hericourt Philippe, 09.04.2022, 16:40

    Merci et persévérance, persévérance.
    1 solution: Avec les cartes de payement ... Facturer la taxe aux litre, 1x par année (L impacte sera beaucoup plus grand) Partie de celle ci diminuant la facture transports en commun pour les plus faibles (Via la feuille d impôt / revenus / facturation TP) Sans 1/2 tarif: beaucoup trop cher. Construction de parking obligatoire à l exterrieure des gd. villes / gares de campagne (Remboursé aux plus faibles) Véhicules modifiers interdit à la revente, sans nouvelle Garantis Constructeur. Plus de valorisation des véhicules hybrides. Vehicules électriques seulement si le client compence en surface de PS. Consommation de carburant garantie par l EMPA (Les normes actuelles sont toujours minorée) Installation de régulateurs de consommation liée au GPS.(Plus d accélération intempestives possible. Facile avec l electronique) Plus d aide à la pose de PS en dessous de 70m2 (C est du vol) Vous avez l efficacité nécessaire pour transmettre plus HAUT.
    Merci:

    1. Casper, 14.04.2022, 16:23

      Pouvez-vous traduire en Français? Votre commentaire est incompréhensible. Merci

  3. Casper, 08.04.2022, 13:12

    Ce qui est intéressant dans la figure 1 avec les différents scénarios c’est que cela représente les différentes tendances des contributeurs du GIEC, mais je préfère parler de l’IPCC ( International Panel on Climate Change) qui est son vrai nom, a savoir un Panel ouvert à tout le monde, experts ou non y compris militants écologistes radicaux. C’est là tout le problème de l’IPCC, des experts arrivent à un scénario à degré en 2100 et des associations écologistes mettent 8 degrés sur la table sans aucune preuve, le Panel doit inclure toutes les valeurs dans son rapport. Au final on arrive à un rapport consensuel qui fait la moyenne d’études sérieuses et de contributions totalement farfelues.
    Il convient de lire le rapport de manière très critique en regardant l’origine des données présentées et en vérifiant la qualification du rapporteur ( un précédent rapporteur n’avait jamais eu les diplômes qu’il avait mis en avant).
    Bonne lecture…

    1. MétéoSuisse, 08.04.2022, 15:56

      Bonjour, vous faites probablement référence à Sven Teske, membre de Greenpeace et auteur d'un rapport qui a été cité dans le rapport du groupe 3 du GIEC en 2011. Ce troisième groupe du GIEC s'occupe des mesures politiques et technologiques de lutte contre le réchauffement climatique. En parlant de la Figure 1, vous parlez du premier groupe du GIEC qui référence les bases scientifiques sur le climat et son évolution. Il n'y a aucune contribution d'une quelconque ONG et les scénarios sont établis à partir d'articles scientifiques "peer-reviewed". À noter encore qu'avant d'être publiés, les rapports du GIEC sont passés en revue et approuvés par les membres de l'ONU.

  4. Gio. J., 08.04.2022, 13:08

    Bonjour, un grand nombre d'entre nous, fidèles lecteurs, souhaiteraient que Meteosuisse soit considérablement plus impliqué dans la lutte contre le réchauffement climatique. Plusieurs fois, au travers de vos blogs, vous nous expliquez que l'un de vos rôles est la protection de la population avec par exemple la mise en place de votre nouveau système d'alertes, la communication permanente avec le trafic aérien, les festivals, etc.
    En conséquence, une plus grande visibilité de vos précieuses connaissances à ce sujet est primordiale pour notre avenir, afin de nous sensibiliser aux innombrables risques encourus.

    1. MétéoSuisse, 08.04.2022, 16:33

      Bonjour, nous communiquons sur le sujet principalement via notre site Internet, notre application ou encore avec des communiqués de presse destinés aux médias. Même s'il est sûrement possible d'élargir nos moyens pour communiquer sur le sujet, ce n'est pas notre rôle de dire quelles mesures doivent être prises pour lutter contre le réchauffement climatique. Le rôle de MétéoSuisse est de fournir les informations sur l'évolution du climat et ses conséquences en Suisse Les mesures de lutte sont prises par le Parlement et le Conseil Fédéral (ou peuvent bien entendu résulter d'initiatives individuelles).

  5. Claude Guignard, 04.04.2022, 23:14

    Le GIEC ne peut que répéter ce qu'il dit depuis plus de 30 ans, d'autant plus que les changements substantiels qu'il demande, sans demeurer lettre morte tardent infinimenent trop à se réaliser. Il réclame aussi maintenant une modification du mode de vie mais là on se demande bien qui va l'accepter. Personne n'entend modifier en quoi que ce soit les déplorables habitudes prises et qui, elles aussi, contribuent au réchauffement climatique et à la dégradation générale. Cela aussi c'est essentiel et il le faut absolument. Le GIEC tombe à un très mauvais moment, en pleines autres préoccupations. Dans de telles conditions on voit mal le réchauffement pouvoir être limité à 1,5 degré. Ce sera le double, voire pire. La Terre a c'est vrai déjà connu des changements climatiques, pour diverses causes. La différence c'est qu'à ces époques il n'y avait pas les milliards d'individus actuels... Actuellement on ne peut vraiment pas être optimiste.

    1. Sarah, 07.04.2022, 22:48

      Plus que les individus les groupes et marques ont une belle marge de manoeuvre pour montrer l exemple, sensibiliser et proposer des actions à valeur ajoutée climatique, le tout en fidélisant la clientèle. Tout est de nos jours suréclairé en permanence : quand est-ce que quelqu un va prendre l initiative d enlever les ampoules d un éclairage sur 2 ou de changer ces vieux éclairages rectangulaires à plusieurs néons ? Quand est-ce que les ampoules vont cesser d être éclairées sur les rayonnages des magasins qui en vendent ?
      Ce serait des gestes simples à mettre en place mais je trouve que bien souvent tout le monde se renvoie la responsabilité de l inaction : l effet témoin ?

    2. Sébastien Huguelet, 19.04.2022, 13:24

      Vous dites très bien ce qui est et sera encore une réalité à l'avenir, à moins d'un miracle en lequel tout le monde semble croire... Mais les miracles ça n'existe pas, ou bien ?
      En tout cas, je ne sais pas si ça peut réconforter ou donner encore un peu d'espoir, moi je vis déjà depuis de très nombreuses années bien en-dessous de "2 planètes" (voire de 1.5), faute de pouvoir mieux faire dans une société qui ne le permet pas vraiment.
      On me reproche souvent d'être négatif ou trop embarrassant avec mes considérations écologiques, mais ce qui me gêne le plus c'est l'exclusion qui en découle parfois, sans aucune reconnaissance factuelle de la société, et la sensation que mes efforts sont anéantis en 2 temps 3 mouvements par ceux qui "s'en fiche".
      Bien à vous tous