Très chaud à la fin du mois de mai

30 mai 2017, 2 Commentaire(s)
Thèmes: Climat

Après un début mai frais et pluvieux, des conditions estivales se sont installées en Suisse à partir de la mi-mai. Le temps a été très ensoleillé des deux côtés des Alpes et des températures égales ou supérieures à 25 degrés ont été relevées. Vers la fin du mois, des journées tropicales avec des températures égales ou supérieures à 30 degrés ont été mesurées d’abord au Tessin, puis en Valais et dans plusieurs régions du Nord des Alpes. Moyennée sur l’ensemble de la Suisse, la température en mai a dépassé de 1.2 degré la norme 1981-2010. En montagne, la normale a été dépassée de 1.5 degré. Dans quelques régions, les quantités de précipitations sont restées inférieures à 50% de la norme 1981-2010.

Roses en fleurs formant un coeur
Nature cordiale pour la Fête des mères

Un début mai frais et pluvieux

Les huit premiers jours du mois ont été caractérisés par des conditions globalement dépressionnaires. Les précipitations ont été fréquentes sur toute la Suisse et les températures moyennes journalières étaient souvent inférieures à la normale. Du 1er au 4 mai, le déficit thermique était de l’ordre de 3 à 5 degrés, localement même de 5 à 6 degrés par rapport à la norme 1981-2010. Le soleil s’est peu montré. Seul le 5 mai a été plus ensoleillé dans toute la Suisse grâce à une dorsale mobile. Mais malgré le soleil, les températures moyennes journalières sont restées un peu inférieures à la normale.

Courant instable du sud-ouest

Après le passage d’une nouvelle dorsale mobile les 9 et 10 mai, un courant du sud-ouest a dirigé de l’air doux, humide et instable du 11 au 14 mai. De nombreux orages et averses se sont manifestés et le soleil n’a pas pu beaucoup briller. Plusieurs cellules grêligènes se sont même développées dans l’air lourd et orageux. Le 12 mai, la grêle est tombée en région bâloise, ainsi que le long des Préalpes centrales et orientales. De nouveaux orages avec de la grêle ont éclaté le 13 mai le long des Préalpes et le 14 mai en Suisse orientale.

Arrivée de l’été

L’été est arrivé au cours de la seconde quinzaine du mois. Le 15 mai, une zone anticyclonique s’est installée au-dessus de l’Europe en provenance de l’ouest. Au Nord des Alpes, les températures maximales ont dépassé les 20 degrés. Au Sud des Alpes, elles ont grimpé jusqu’à 28 degré grâce au foehn du nord. Le 17 mai, la journée a été ensoleillée et estivale avec des valeurs maximales entre 25 et 27 degrés des deux côtés des Alpes, de 28 degrés à Genève et à Bâle et même de 29 degrés en Valais central.

Du 18 au 20 mai, l’été a provisoirement reculé. De l’air doux, humide et orageux du sud-ouest a encore permis aux températures de dépasser les 20 degrés. Mais après le passage d’un front froid avec des précipitations étendues, les températures se sont abaissées au-dessous des 20 degrés au Sud le 19 mai, des 17 degrés au Nord le 20 mai. En revanche, le Sud des Alpes a retrouvé des maximales entre 22 et 25 degrés le 20 mai en raison d’un fort foehn du nord avec des rafales atteignant 70 km/h.

A partir du 21 mai, un anticyclone s’est déplacé de l’Atlantique vers l‘Europe. Les conditions estivales sont revenues. Le 23 mai, les valeurs maximales ont atteint 25 à 26 degrés au Nord des Alpes, 26 à 28 degrés au Sud des Alpes, presque 29 degrés en Valais.

Premières journées tropicales de l’année

Le 24 mai, un bon ensoleillement a permis aux températures de franchir le seuil de la journée tropicale pour la première fois de l’année avec des valeurs maximales entre 30 et 30.7 degrés au Tessin. Le 27 mai, le Valais, la région bâloise et le nord du canton d’Argovie ont également connu une journée tropicale. Enfin, les 28 et 29 mai, de nombreux sites de mesures en plaine ont atteint ou dépassé la barre des 30 degrés.

Développement de la végétation plus qu’avec une légère avance de quelques jours

Les forêts de feuillus sont à présent définitivement vertes. Les annonces du réseau d’observations phénologiques pour les stations les plus élevées concernant le déploiement des feuilles du hêtre sont arrivées pour Adelboden (1350 mètres), pour le déploiement des feuilles de l’érable pour Saint-Luc (1650 mètres), pour le déploiement des aiguilles du mélèze et des feuilles du sorbier des oiseleurs pour Saint-Moritz (1800 mètres). Le déploiement des aiguilles de l’épicéa a pu être observé en mai jusqu’à une altitude de 1000 mètres.

Les dents-de-lion et les arbres fruitiers ont fleuri en altitude au-dessus de 1000 mètres. En avril, cette phase a débuté avec une nette avance par rapport à la normale. En mai, l’avance a été réduite et s’est même rapprochée de la moyenne de la période 1981-2010. Les basses températures observées de la mi-avril à début mai ont freiné le développement de la végétation et réduit par conséquent l’avance à quelques jours seulement. De très grosses différences ont été observées pour le déploiement des feuilles du hêtre. Pour toutes les altitudes, cette phase s’est produite avec une forte avance, mais aussi avec un gros retard. Globalement, le déploiement des feuilles du hêtre a été considéré comme normal avec une variation entre 7 jours d’avance et 4 jours de retard par rapport à la moyenne de la période 1981-2010. Les observations parvenues en mai avaient un retard moyen de 7 jours. La floraison des marguerites a été constatée avec une avance moyenne de près de 9 jours. Les sureaux noirs ont fleuri très précocement à la fin du mois d’avril au Sud des Alpes (18 jours d’avance). Au Nord des Alpes, seules quelques observations de floraison générale du sureau noir sont parvenues à partir de la mi-mai. Le sureau noir fleurit habituellement au Nord des Alpes fin mai, début juin.

Le bulletin définitif de mai 2017 sera disponible à partir du 12 juin 2017 dans la rubrique rapports climatiques.

Troisième printemps le plus chaud

La Suisse a vécu son troisième printemps le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. En moyenne nationale, la température a été supérieure de 1.7 degré à la norme 1981-2010. Seuls les printemps des années 2007 et 2011 avaient été encore plus chauds avec un dépassement de la normale de 2.3 degrés, respectivement 2.5 degrés.

Le mois de mars a été le deuxième le plus chaud depuis le début des mesures avec un dépassement de la normale de 3.3 degrés. Avril a connu un excédent de 0.5 degré et mai de 1.2 degré par rapport à la norme 1981-2010. Ce printemps chaud a toutefois été contrasté par des gelées conséquentes qui sont survenues vers la fin du mois d’avril. Les températures minimales à 2 mètres du sol se sont localement abaissées jusqu’à des valeurs proches des records pour une seconde moitié du printemps (du 15 avril au 31 mai). A Viège, la température s’est abaissée jusqu’à une valeur record de -5.5 degrés le 20 avril. Le site de Koppigen/BE a également connu une valeur minimale record de -4.7 degrés le 21 avril. Avec une valeur de -4.8 degrés mesurées le 21 avril, le site de l’aéroport de Zurich a connu sa deuxième valeur la plus basse pour une deuxième partie de printemps.

Déficit pluviométrique

Le printemps en Suisse a été plutôt sec avec des quantités de précipitations souvent déficitaires. Le Nord des Alpes n’a reçu que l’équivalent de 60 à 80% de la norme 1981-2010 des précipitations, localement de 80 à 100%. Au Sud des Alpes et en Engadine, il a été recueilli de 70 à 90% de la norme, localement 100%. Des précipitations autour de la norme, voire excédentaires ont été relevées le long de la partie centrale et orientale des versants nord des Alpes, ainsi qu’en Valais central.

En mars, les précipitations sont restées déficitaires en Haute-Engadine, dans le val Bregaglia, Poschiavo et Müstair. La région alpine et le Tessin, ainsi que la Mesolcina ont reçu des précipitations excédentaires. En avril, les précipitations ont été excédentaires en Suisse centrale et sur le nord-est du pays. Ailleurs, les quantités de pluie sont restées déficitaires. En mai, les précipitations sont restées déficitaires presque partout avec même des régions qui ont recueilli moins de la moitié des précipitations habituellement relevées.

Un ensoleillement printanier très généreux

Le printemps a été très ensoleillé en Suisse. La plupart des régions du pays ont connu  un ensoleillement représentant de 110 à 130% de la norme 1981-2010. Il a atteint jusqu’à 135% de la norme sur le Tessin méridional et même jusqu’à 150% de la norme sur les crêtes du Jura.

En mars, l’ensoleillement a été excédentaire dans la plupart des régions. Seuls le Haut-Valais, le nord du Tessin, la Mesolcina et le val Poschiavo ont connu un ensoleillement déficitaire. En avril, l’ensoleillement a été partout excédentaire avec des valeurs atteignant localement l’équivalent de 150 à 170% de la norme 1981-2010. En mai, grâce à une seconde quinzaine ensoleillée, la plupart des régions ont connu un ensoleillement représentant l’équivalent de 100 à 120% de la norme.

Le bulletin définitif du printemps 2017 sera disponible à partir du 12 juin 2017 dans la rubrique rapports climatiques.

Bulletin climatologique mars 2017

Bulletin climatologique avril 2017

 

Commentaires (2)

  1. MétéoSuisse, 12.06.2017, 16:51

    Bonjour,
    En réponse à vos questions, nous vous invitons à consulter nos pages sur les indices de sécheresse qui sont actualisées tous les jours : http://www.meteosuisse.admin.ch/home/climat/actuel/indices-de-secheresse.html?param=rainanomaly .
    Concernant les nappes phréatiques et la situation hydrologique actuelle, vous pouvez consulter les pages de l'Office fédéral de l'environnement, section hydrologie.
    https://www.hydrodaten.admin.ch/fr

  2. Peter Mosimann, 30.05.2017, 17:14

    Merci pour cette excellente analyse.

    Ce qui me préoccupe est la conjonction de deux phénomènes sur les derniers mois:
    1) une pluviométrie déficitaire
    2) un ensoleillement fort généreux et des températures déjà très hautes et chaudes pour juillet qui renforcent l'évaporation.

    Je me demande comment la nature va aborder les mois d'été traditionnellement chauds et secs par définition.

    Y a-t-il un moyen de calculer combien de jours de pluies manquent actuellement de manière générale et régionalement. Corollaire: où en sont les nappes phréatiques au niveau de leur taux de remplissage?

    Merci beaucoup.