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Le réchauffement du climat et des inondations

13 juin 2016, 2 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

Le réchauffement global du climat augmente la fréquence des inondations en Europe

Les nouvelles générations de projections climatiques permettent d'étudier les impacts du changement climatique sur l'Europe. On étudie aujourd'hui les effets potentiels d'un monde plus chaud sur les extrêmes météorologiques et hydrologiques à l'échelle régionale. Une étude du Joint Research Centre à Ispra en Italie montre l'évolution du danger d'inondation en Europe durant ce siècle. Les résultats indiquent que le changement de fréquence de décharges extrêmes pourrait avoir un impact plus important sur le danger général d'inondation que le changement de leur magnitude.

En moyenne en Europe, on prévoit que les crues qui ont une période de retour de plus de 100 ans vont doubler en fréquence durant les trois prochaines décennies.

Affichage aggrandi: Précipitations annuelles (à gauche) et maximum journalier de précipitations par année (à droite). Moyenne climatologique (en haut) et changement relatif pour la période 2066-2095 (en bas).
Précipitations annuelles (à gauche) et maximum journalier de précipitations par année (à droite). Moyenne climatologique (en haut) et changement relatif pour la période 2066-2095 (en bas).

Le résultat de ce travail montre avec un fort consensus des différents modèles, un changement dans le cycle d'afflux et de ruissellement du réseau de rivières en Europe. D'ici la fin du siècle, la valeur moyenne annuelle des précipitations et de décharge moyenne devraient diminuer au Sud de l'Europe et augmenter au Nord-Est de l'Europe, tandis que le Centre de l'Europe ne montre pas de trend. Les valeurs extrêmes montrent un trend moins important et une répartition spatiale différente entre les précipitations et la décharge.

Ce travail a également révélé que la fréquence des crues ayant une période de retour de plus de 100 ans devrait nettement augmenter dans la plupart des pays européens considérés, incluant certains pays où le nombre total d'événements extrêmes devraient diminuer.

Les auteurs de cette étude ont également fait un travail sur des mesures d'adaptation qui permettrait de réduire l'impact des inondations sur les hommes et les biens. Il en ressort que les efforts d'adaptation devraient se concentrer sur la réduction des impacts des crues plutôt que d'essayer de les éviter. Inversément, les plans d'adaptation basés uniquement sur les protections des crues entraînent une réduction de la fréquence des petites inondations mais exposent la population à des crues moins fréquentes mais plus catastrophiques et donc des processus de réhabilitation potentiellement plus longs.

Commentaires (2)

  1. Martin, 17.07.2016, 21:05

    Dans le Sciences et Vie qui vient de paraitre (n1187), un article, concernant ces inondations, confirme le rôle du réchauffement climatique. 310mm de précipitations durant les mois de mars, avril et mai. Des précipitations inédites depuis 300 ans, selon cet article. Il serait temps de diminuer drastiquement nos émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre. La sensibilisation n'a eu aucun impact pour l'instant. Quand on voit le que nombre de gros véhicules neufs vendus (et diesel classe A, donc exempt de taxes durant 3 ans) a augmenté ces dernières années ainsi que le trafic aérien qui augmente également, il serait temps de taxer sérieusement les énergies fossiles. Une taxe sur le kérosène serait aussi nécessaire. Si, soit disant, les avions consomment tellement peu, une taxe de quelques dizaines de centimes par litre, ne devrait pas gêner les compagnies aériennes. Quand je constate le nombre de personnes qui partent régulièrement en week-end en avion, les autres efforts pour émettre moins de CO2 ne servent strictement à rien.

  2. Hennequin Dominique, 14.06.2016, 06:41

    Bonjour,
    En ce qui concerne les inondations en Ile de France, j'aimerai ajouter:
    1/ Les bassins de retenue d'eau étaient quasi pleins en sortie d'hiver.
    2/ Les surfaces asphaltées sont bien plus importantes d'années en années et ne permettent plus suffisamment l'absorbtion de l'eau.
    3/ Certaines constructions ont été implantées en zones inondables.
    4/ Si nous revivions les précipitations de 1910 combinées à la fonte des neige du plateau de Langres nous aurions aujourd'hui non pas 8m62 d'eau mais peut-ètre 9 à 10m...
    Le réchauffement climatique est une des causes parmis tant d'autres.