Série de blogs sur les orages - La Suisse au cœur de la recherche sur la grêle

10 août 2017
Thèmes: Service

Dans les deux derniers articles de ce blog, nous nous sommes concentrés sur les orages. Maintenant, nous allons aborder le sujet de la grêle en Suisse.

La deuxième conférence européenne sur la grêle s'est déroulée du 19 au 24 avril 2017 sous la direction commune du Oeschger-Zentrum für Klimaforschung (OCCR), du Karlsruher Institut für Technologie (KIT), du Mobiliar Lab für Naturrisiken de l'Université de Berne et de l'Office fédéral de météorologie MétéoSuisse. L'objectif principal de cette conférence, qui a lieu tous les trois ans, est un échange de connaissances et d'expériences entre les spécialistes. Quelque 140 chercheurs, météorologues et assureurs de 27 pays se sont retrouvés à Berne pour présenter les dernières découvertes et innovations dans ce domaine.

Les orages violents avec averses de grêle se produisent surtout aux latitudes tempérées, notamment en Europe, où de nombreuses régions sont concernées, mais aussi aux États-Unis, en Chine et dans le sud de l'Australie. Uniquement en Europe, les intempéries liées à la grêle provoquent chaque année des dommages de plusieurs milliards d'euros. En conséquence, les attentes concernant une analyse exhaustive de ces phénomènes météorologiques et le développement de systèmes fiables d'alerte précoce sont élevées, aussi bien dans les services météorologiques que chez les assureurs. Bien que de nombreux orages éclatent chaque été, ils sont plus rares, heureusement, à produire de fortes chutes de grêle. Ils sont généralement de brève  durée et ne concernent que des zones limitées. Il n'est donc pas facile de collecter des données fiables et des observations précises sur les orages de grêle. Souvent, on ne peut utiliser à cet effet que des systèmes de télédétection, notamment des radars et satellites météorologiques. Ils ne sont certes pas en situation de localiser directement chaque grêlon, mais ils peuvent mesurer et déterminer indirectement si de la grêle est en cours de formation au sein d'un nuage. Sans aucun doute, la recherche scientifique a fait des progrès ces dernières années, mais certaines étapes du processus qui mènent à la formation de grêle dans les nuages d'orages restent encore... nébuleuses.

A l'occasion de cette conférence, les quatre thèmes principaux suivant ont été abordés :

  1. Climatologie des chutes de grêle ; où et quand les averses de grêle s'abattent-elles sur une zone donnée ?

Les assureurs, tout comme les responsables de la protection contre la grêle, ont besoin d'informations importantes concernant la grêle : où et quand se produisent les averses de grêle ? De nombreux pays (notamment la Suisse, l'Allemagne, la France et la Belgique) suivent des approches différentes et se penchent actuellement sur le développement de leur recherche climatique indépendante. La science s'accorde sur le fait qu'une climatologie européenne est digne d'intérêt, même si sa mise en place oppose d'importants obstacles en raison d'une collecte des données non homogène. Vous pouvez contribuer à répondre directement à la question : quand et où ? Les observations de grêle peuvent être déclarées directement dans l'App de MétéoSuisse.

2.    Influence des changements climatiques sur les phénomènes de grêle

Avec les changements climatiques, on est en droit de se poser la question de l'évolution de la fréquence et de la répartition des chutes de grêle à l'échelle mondiale. Les simulations de différents modèles mathématiques ont montré que les orages à gros grêlons devraient se multiplier à l'avenir, et les orages à petits grêlons devenir plus rares. Mais là encore, il reste beaucoup de travail pour valider ces suppositions.

3.    Les microprocessus au sein des nuages d'orage

Pour comprendre les phénomènes au sein des nuages d'orage, il faut reconstruire les processus qui s'y déroulent à l'échelle microscopique. Idéalement, il faudrait pouvoir effectuer des mesures directement à l'intérieur des nuages, mais c'est extrêmement difficile (et cela peut se révéler dangereux). Cependant, les chercheurs progressent peu à peu dans la connaissance de ces processus en analysant les mesures au sol et les données qui sont reçues des systèmes de télédétection.

4.   Systèmes spécifiques d'alerte précoce de la grêle

Malgré les progrès réalisés au cours des dernières décennies, les phénomènes orageux ne sont aujourd'hui encore que difficilement prévisibles. De nouveaux systèmes d'alerte précoce, qui annoncent les chutes de grêle sont en cours de développement. Dans ce domaine aussi, MétéoSuisse est l'un des acteurs principaux. Aujourd'hui, un évènement de grêle ne peut être prévu que 10 à 20 minutes à l'avance.

De nombreux présentateurs sont intervenus pendant la conférence. Des professeurs de différentes universités, ainsi que des chercheurs, spécialistes des assurances et météorologues ont présenté les derniers résultats. Des étudiants également ont pu mettre en avant les résultats de travaux de grande qualité qui sont conduits et mis en œuvre dans ce domaine.

En Suisse, la recherche sur la grêle peut se targuer d'une assez longue histoire : il y a déjà 60 ans, les premiers systèmes d'alerte précoce ont été développés pour protéger l'agriculture suisse des dommages dus à la grêle. Les premières mesures par radar météorologique ont été effectuées à Locarno-Monti dans le cadre d'un projet de recherche qui étudiait les dommages répétés dus aux chutes de grêle dans les champs de tabac de la plaine de Magadino. Dans ce domaine, MétéoSuisse a été dès le début un partenaire important des universités. Dans le cadre d'un projet de coopération avec MétéoSuisse, l'Université de Berne a réussi en 2012 à relancer la recherche suisse sur la grêle, et à exécuter une nouvelle analyse climatologique dans la région alpine sur la base de données de radars météorologiques. Ces nouveaux résultats climatologiques, récemment publiés, présentent la fréquence des épisodes de grêle en Suisse et dans les régions limitrophes.

Vous pouvez accéder ici à la publication Radar Based Hail Distribution .

Cette nouvelle impulsion a conduit à de nouveaux contacts avec des centres de recherche au-delà des frontières, notamment avec le KIT en Allemagne. C'est dans le cadre de cette collaboration que l'idée a surgi d'organiser en 2014 la première conférence européenne sur la grêle. Grâce à ces synergies, nées de la collaboration entre MétéoSuisse et les hautes écoles impliquées, les activités de recherche progressent à un rythme élevé, et vont continuer au cours des prochaines années.

Pour plus d'informations, les lecteurs peuvent se référer au lien qui suit : ils y trouveront le programme détaillé du dernier atelier et les différentes présentations. Des enregistrements audio (en anglais) effectués pendant la conférence sont également disponibles et permettent d'écouter de manière vivante les différentes présentations.

Lien vers les présentations et les données audio.

La population participe à la recherche, grâce à l'App de MétéoSuisse

Chacun peut transmettre des observations de grêle par l'App de MétéoSuisse et contribuer ainsi à la recherche sur la grêle. Ces observations de grêle au sol devraient permettre d'améliorer les algorithmes de grêle des radars météorologiques. Ceci pourra former une base pour des informations fiables sur la fréquence des averses de grêle.

App de MétéoSuisse

Suivi de la grêle à l’aide de l'App de MétéoSuisse (Communiqué de presse)

Scrutons la grêle ensemble (article de blog)

Informations supplémentaires

Orage de grêle sur Thoune  (article de blog en allemand)

Orage avec grêle et rafales de vent  (article de blog en allemand)

Série de blogs sur les orages

Comment les orages se forment-ils ?

Comment un orage se transfrome-t-il en supercellule ?

 

Dernière modification 10/08/2017

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