“La neige du siècle” du 16-17 février 1985 (2ème partie)

17 février 2020, 38 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

Vous êtes fatigués de cet hiver dépourvu de neige en plaine? Alors plongez avec nous dans une épaisse couche de poudreuse avec le deuxième épisode de notre blog consacré à la "neige du siècle" de février 1985, survenue il y a tout juste 35 ans jour pour jour!

Voiture ensevelie au Petit-Lancy GE, lors de l'épisode neigeux du 16 et 17 février 1985. Image Peter L. Gill

Offensive neigeuse

Affichage aggrandi: Automobilistes dans la région de Lancy GE tentant de dégager leur véhicule durant la journée du 17 février 1985.
Automobilistes dans la région de Lancy GE tentant de dégager leur véhicule durant la journée du 17 février 1985.
Image Peter L. Gill

Il est 18h15 ce samedi 16 février 1985, la nuit tombe sur le bassin lémanique, le ciel est d’un gris uniforme, il fait -4° et une petite bise glacée entre 8 et 18 km/h se fait sentir. Les premiers flocons, fins et légers, apparaissent devant les phares des voitures et sous les lueurs des réverbères. Peu à peu, les flocons se font plus nombreux et sous l’action de la bise, de petits tourbillons de neige se font et défont en glissant mollement sur la chaussée. À l’aéroport de Genève, le météorologue de service au poste d’observation situé en bout de piste côté Versoix observe les flocons qui se font de plus en plus nombreux et la visibilité s’abaisser inexorablement. Chaque demi-heure, il note méticuleusement sur son cahier les détails de son observation et introduit les données de manière codée dans le système METEOR. Le résultat apparait sous la forme d’un message météorologique, appelé METAR, qui est destiné aux pilotes évoluant autour du terminal aéroportuaire.

  • À 20h20, les chutes de neige, jusque-là modérées, sont dès maintenant qualifiée de fortes par l’observateur météo.
  • Dès 20h50, la visibilité tombe à 900 mètres, sous le seuil des 1000 mètres qui est celui du brouillard. Bien que déjà forte d’après les critères météo, les chutes de neige continuent de s’intensifier, abaissant ainsi encore la visibilité météorologique.
  • À 23h20, la visibilité horizontale atteint 400 mètres avec une visibilité verticale de 200 pieds, c’est-à-dire environ 60 mètres.
  • Le 17 février à 00h50, la visibilité atteint sa valeur plancher de 300 mètres et une visibilité verticale de 30 mètres ! L’aéroport est maintenant fermé depuis plusieurs heures et le trafic automobile est lui aussi gagné par la paralysie.

Le même scénario se déroule peu ou prou sur l’ensemble du bassin lémanique et le Chablais, mais avec un décalage d’une à deux heures par rapport à Genève. C’est une véritable tourmente blanche qui s’abat sur toute la région sous une bise moyenne de 20 km/h avec des rafales proches de 40 km/h.

Dès 2h30 du matin, les chutes de neige, toujours continues, deviennent plus irrégulières en intensité, alternant phases modérées et phases intenses. Elles se poursuivent durant toute la journée de dimanche pour cesser entre 19 heures et 21 heures.

Vidéo tournée durant la journée du dimanche 17 février 1985 au Petit-Lancy GE. Auteur : Peter L. Gill

Bise et congères

Ces fortes chutes de neige sont accompagnées d'une bise par moments marquée. Avec le déplacement du noyau faiblement dépressionnaire du Golfe de Gascogne vers le Golfe de Gênes en transitant sur la moitié sud de la France, la bise qui souffle depuis le début de l’offensive neigeuse cède temporairement la place à un faible courant du nord-ouest le dimanche 17 entre 2h et 11h du matin. Ensuite, avec le positionnement de la dépression sur le Golfe de Gênes, la bise reprend du service pour se renforcer dans le courant de l’après-midi avec des pointes proches de 50 km/h. Celle-ci, toujours associée à des températures largement négatives, contribue à former constament de nombreuses congères, compliquant ainsi sérieusement les opérations de déneigement.

Cette situation de bise parfois soutenue perdurera une bonne partie de la semaine suivante.

Le bilan

Pour les stations de plaine du bassin lémanique et du Chablais, une telle accumulation de neige, que ce soit en nouvelle neige ou accumulation totale, est du domaine du jamais vu. Par ailleurs, cette quantité phénoménale est tombée en un peu plus de 24 heures ce qui est tout aussi exceptionnel. Des valeurs de 40 cm en 12 heures ont même été mesurées dans le bassin lémanique.
La couche a atteint les hauteurs suivantes : Pully 50 cm, Aigle 62, Genève 45 et même 90 cm à Thonon-les-Bains et Douvaine, sur la rive française du Léman. Pour le bassin genevois, des mesures officieuses montrent que les 45 cm enregistrés à Genève-aéroport sont plutôt un minimum pour ce secteur puisque des cumuls de 60 à 70 cm ont été mesurés dans le sud-est du canton. Ces valeurs sont d'ailleurs corroborées par la station de Douvaine en Haute-Savoie, qui n'est qu'à 6 km en ligne droite de la frontière genevoise.
À noter que les températures en plaines restèrent largement en dessous de zéro avec des valeurs de -3 à -6°, assurant ainsi un dépôt de neige très poudreuse, ce qui est très rare en plaine. Celle-ci, soufflée par la bise, ne manqua pas de former d’importantes congères.
Plus au nord, le manteau fut nettement plus modeste avec « seulement » 17 cm à Neuchâtel (liés a cet épisode) et un temps généralement sec sur le Plateau alémanique.

Impact sur le territoire

L’importante couche de poudreuse provoqua de nombreux dégâts aux exploitations agricoles par l’effondrement des serres et tunnels en plastique. Les courts de tennis protégés par des bulles subirent aussi des dommages importants.
Par chance, cette évènement tomba sur un week-end, qui dans plusieurs cantons marquait le début des vacances de février, ce qui laissa un peu de temps aux autorités pour organiser le lundi. Malgré cela, c’est bien le chaos qui régna une bonne partie de la semaine avec un trafic routier et ferroviaire pratiquement à l'arrêt et de nombreux villages coupés du monde.
L’armée fut appelée en renfort afin de dégager les rues et des engins de déneigement furent aimablement mis à la disposition de Genève par la ville de La Chaux-de-Fonds.
Comme mentionné plus haut, ce travail de déblaiement fut aussi rendu très difficile par les congères en formation constante sous l’action d’une bise soutenue qui persista pendant plusieurs jours.

Un phénomène mal anticipé

Le modèle européen de l'époque (ECMWF), dont la résolution était très grossière, modélisait bien une zone de précipitations importantes, mais visait essentiellement les Alpes du sud et la Côte d’Azur, la Suisse romande ne devant être touchée que marginalement. Les prévisions officielles de la journée de samedi ne mentionnaient que quelques faibles chutes de neige possibles.
La réalité fut une zone de précipitations nettement plus restreinte et décalée vers le nord.

Affichage aggrandi: Champs de précipitations du modèle du Centre européen à Reading.
Champs de précipitations du modèle du Centre européen à Reading.

Frontogénèse sur place

Avant de blamer les prévisionnistes en poste à l'époque, il faut bien comprendre qu'au matin du samedi 16 février 1985, la perturbation n'existait tout simplement pas. Il y avait bien une limite de masse d'air très nette, mais celle-ci ne générait que des nuages. Ce n'est qu'en fin d'après-midi que ce front s'est activé à partir du sud-ouest du bassin lémanique, prenant totalement au dépourvu les météorologues de Cointrin et les habitants de la région. Cette activation soudaine a certainement été favorisée par le flux confluent en altitude, en aval du split flow mentionné dans le premier épisode de ce récit. Il convient aussi de souligner que dans nos régions, des fronts qui se développent pratiquement sur place sont des événement rares.

La question qui vient immédiatement à l'esprit est : "Ferions-nous mieux aujourd'hui si une situation similaire devait se représenter?" La réponse est "probablement oui".

En effet, les outils dont nous disposons aujourd'hui ont changé du tout au tout. Les modèles ont une bien meilleure résolution, ils sont plus fiables et nous bénéficions d'une couverture radar et satellite plus complète et définie, mais... les situations météorologiques ne se répètent jamais à l'identique et les modèles numériques peuvent encore avoir du mal à cerner précisément une frontogénèse, notamment dans une région où le relief joue un rôle fondamental.

Un tel événement est-il encore possible dans le contexte du réchauffement climatique?

Un évenement extrême est en partie lié à la variabilité naturelle de notre climat et il "suffit" de "malheureux" concours de circonstance pour le déclencher. Dans les hivers à venir, même dans un environnment plus chaud, il y aura encore quelques vagues de froid signficatives. Elles seront simplement moins fréquentes, mais pourront être plus redoutables car nous seront moins habitués à leur survenue. Même si la probabilité est certainement plus faible, la réponse est donc oui, une "neige du siècle" d'ampleur comparable (en plaine) demeure toujours possible, mais avec une neige probablement moins poudreuse. D'ailleurs, les 60 cm de neige tombés à Sion le 10 décembre 2017 en sont le parfait exemple.

Commentaires (38)

  1. Weibel, 22.02.2020, 09:28

    Tout fière de mes cartes postales enneigées, nous avons skier jusqu'à 17h à Arosa ce samedi là. Plus nous roulions ,plus la route devenait difficile mais c'était sans penser qu'il y avait plus de neige à la maison (Cossonay)qu'en vacances ,et nous sommes tout juste arrivé.le lendemain bien sûr impossible de sortir du village.

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  2. Denys, 20.02.2020, 12:51

    Genève se souviendra particulièrement de cet hiver-là, déjà en janvier :

    https://notrehistoire.imgix.net/photos/a/f/afPVdXlXLBQNeJiKTjN7YatplYi0ECIcWUZqP8eo.jpeg?fm=jpg&sharp=3&w=770&s=2f5a4dc04abf803c808761f4ec7784c3

    https://notrehistoire.imgix.net/photos/V/H/VHmV8zZPtUEw3O4OnBg86VKk4IaLD6neUYLZ53EW.jpeg?dpr=3&fm=jpg&sharp=9&w=770&s=75019c79cdcc19e6bceb0aada9863f9f

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  3. Benjamin, 20.02.2020, 11:18

    Bonjour,

    Cette configuration est remarquable.
    Est-il possible à ce stade de l'hiver, qu'un épisode de neige majeur se produise encore ?
    Certains modèles prévoient une chute des températures ainsi que des perturbations, notamment pour la semaine prochaine.
    Bien entendu, il est trop tôt pour se prononcer précisément, mais que pensez-vous de cette situation ?

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    1. MétéoSuisse, 20.02.2020, 13:19

      Tout est encore possible, même en mars. Le 5 mars 2006, on avait mesuré 55 cm de neige à Boncourt, 49 cm à Bâle, 45 cm à Zurich-Kloten, 40 cm à Delémont ou 18 cm à Neuchâtel (événement commenté par BeauFixe).
      Avec Genève, lors de l’hiver 2007/2008, il avait fallu attendre jusqu’au 20 mars 2008 pour avoir la première neige mesurable de la saison.
      Pour ce qui est des modèles de la semaine prochaine, la fiabilité devient très mauvaise à partir de mercredi prochain avec des scénarios qui n’arrêtent pas de changer. Cela deviendra perturbé, mais difficile encore de savoir si le flux perturbé viendra du sud-ouest, de l’ouest ou du nord-ouest.

  4. jca, 20.02.2020, 08:11

    Comment ne pas oublier ces dates. Il a commencé à neiger le 15 février le matin. Vers 10 heures je suis rentré à pied pour rejoindre ma femme. Cela neigeait déjà pas mal. Peu après 11 heure on est arrivé à l'hôpital et ma femme a accouché un peu avant midi. Dehors tout était déjà tout blanc. Cela ne s'arrêta plus pendant deux jours. On s'était demandé après coup si on n'aurait pas dû appeler notre fille Blanche Neige

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  5. Olivier, 20.02.2020, 07:07

    Un film de 17 minutes sur cet événement, issus des fonds des Archives de la Ville de Lausanne.
    https://dartfi.sh/rZUU1Fjfmm3

    Bon visionnement.

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  6. berdoz, 19.02.2020, 19:06

    Je me rappelle bien . On habitait St sulpice vd. Jamais autant de neige!! On a passé le dimanche à déblayer les garages. Le lundi j étais la première au travail car j y allais à pied !!

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  7. Christophe, 19.02.2020, 15:00

    Je me souviens très bien de cette épisode neigeux car nous étions monter avec des amis dans un mayens sur les hauteurs de Veysonnaz à 1500m.
    Le matin quand nous avons voulu sortir du chalet la neige faisait un mur jusqu'au toit. Nous avons dû creuser pour en sortir.
    Magnifique souvenir.

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  8. Anselmo, 19.02.2020, 09:51

    Vous chercher la neige Monter à la Tchaux vous serez servi 🤣🤣🤣

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  9. BeauFixe, 19.02.2020, 09:41

    Nous avions eu un événement très similaire à Bâle du 4 au 5 mars 2006: le samedi peu avant midi la pluie, déjà très forte, avait tourné en neige qui était tombée sans discontinuer jusqu'au dimanche matin vers 4h-5h. Environ 50 cm de neige plutôt humide et assez lourde. Les transports publiques ne fonctionnaient plus et la circulation était presque impossible, les autos se posant pratiquement sur la couche de neige dans les très nombreuses rues pas encore déblayées. Là aussi, c'était très sympa: les gens se retrouvaient au milieu de la nuit pour faire de gros bonhommes de neige ou des batailles de boules de neige ou encore s'entraider pour dégager les autos. Mais "le pire de tout": c'était arrivé 24h avans le Morgenstreich, le début du carnaval de Bâle et il avait même été suggéré d'annuler le Fasnacht ou du moins ses différents cortèges. Chose impensable à Bâle... Impossible n'étant pas bâlois, toute une armanda s'était mobilisée pour enlever en moins de 24h près de 3000 tonnes de neige afin de déblayer les routes traditionnelles du Fasnacht au centre-ville, ce qui avait permis un déroulement assez normal du carnaval. On peut se poser la question du bien-fondé d'une telle mobilisation, mais il faut savoir que le carnaval représente un immense chiffre d'affaire dont l'annulement menacerait l'existence de quelques établissements publics et sociétés

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  10. Cosendai André, 18.02.2020, 21:11

    Au musée des grenouilles à Estavayer, il y a un dessin avec tout un texte écrit à la main racontant le lac de Neuchatel entièrement gelé. Environ 1830 si mes souvenirs sont justes. Y a-t-il une autre mention du lac de Neuchâtel gelé ?
    C'est si impressionnant.
    A. Cosendai

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    1. MétéoSuisse, 19.02.2020, 14:22

      Il est arrivé à plusieurs reprise que le lac de Neuchâtel gèle partiellement. Des sources parlent d'un lac complétement gelé également en 1695.

  11. Jeannine, 18.02.2020, 13:17

    Une petite R12 sur la photo en noir et blanc, chaîner et déchaîner, grelotter dans nos voitures avec les pare-brises couverts de glace que l’on gratte, qui se reforme et qui met du temps à disparaître avec nos chauffages lents à fond... Les routes? Catastrophe: les communes ne s’étaient pas équipées depuis 1976-78. On pourrait écrire un livre.
    Je me souviens pas de cette date de février au Tessin. Par contre nous avions eu droit à d’incroyables masses de neige au début du mois de janvier 1985, et l’année suivante ça avait fait re-belote.
    J’avais remarqué à l’époque que ces épisodes neigeux allaient par paire d’années et se répétaient tous les six/sept ans. Mais à partir de la fin du siècle, mes statistiques de terrain et la neige ont totalement perdu de leur fiabilité.
    Merci encore pour vos deux articles!

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  12. farjon thierry, 18.02.2020, 12:57

    je me rappelle très bien de cette période et j'ai une anecdote a raconter:
    La ville de Genève, face a l'absence de neige a revendu tout ses véhicules de déneigement a la Chaux de Fonds... Et hop 1,5m de neige, toute la ville bloquée, écoles fermées, la ligne du tram 12 transformée en piste de fond. Du coup la ville appelle la Chaux de Fond au secours, et paye le prix fort! Bravo Genève!

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  13. Monique, 18.02.2020, 08:30

    Dans Le 24 heures de ce jour, il y a un reportage de cet événement.
    Je m’en rappelle... à cette date j’étais en Californie en voyage d’étude, et un participant venant de téléphoner en Suisse

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  14. Philippe, 18.02.2020, 07:16

    Articles très intéressants et bien documentés. Si les Smartphones avaient existé, on en aurait retrouvé quelques-uns à la fonte des neiges... Quand un lecteur parle de joie et de cummunicabilité entre passants, c'est qu'on regardait bien plus vers le haut que vers le bas.

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  15. Barbara, 18.02.2020, 00:17

    À Lausanne des personnes prenaient une carte journalière des TL, descendaient le Petit-Chêne à ski et remontaient avec le métro ⛷😊
    Merci bcp pour ces 2 articles super intéressants et détaillés, avec plein d’explications et illustrations! Chaque semaine j’apprends plein de choses en lisant votre blog.

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  16. Véronique, 18.02.2020, 00:09

    Eh oui, ce fut mémorable et magnifique! Les gens se saluaient en ville, à ski sur le pont du Mont Blanc, en luge, à pied... Pas de transports publics, pas de voitures, tout le monde était logé à la même enseigne et une atmosphère irréelle régnait sur la ville. Nous habitions Anières à l'époque, à 1km de l'épicerie la plus proche. Mon mari mit plus d'une heure à pied dans la neige le lundi pour aller chercher des victuailles. Nous avons pellé pendant 2 jours pour déblayer le chemin menant de la maison à la route et tenter de sortir la voiture. Aucun bus ne circulait, la neige et le silence enveloppaient toute la région...

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  17. PC, 17.02.2020, 22:37

    Merci pour cet article très intéressant. À Genève, a-t-on relevé plus de 30 cm de neige gisante à d'autres reprises ? Je crois me souvenir que c'était le cas en décembre 2010.

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    1. MétéoSuisse, 17.02.2020, 23:27

      Il a effectivement abondamment neigé à Genève dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2010 (19 cm de neige) et pendant la journée du 1er décembre (10 cm). Comme il y avait déjà de la neige au sol suite à d’autres épisodes neigeux survenus à la fin du mois de novembre, on a relevé 31 cm de neige gisante le 2 décembre 2010 à 7 heures.

    2. PC, 18.02.2020, 12:17

      Merci. Et cela ne s'est donc jamais produit pendant la période de mesures à part en 1985 et 2010?

    3. MétéoSuisse, 18.02.2020, 17:47

      Le 9 février 1991 il y avait 20 cm au sol. Il y a également eu entre 15 et 20 cm au sol à plusieurs reprises, mais jamais 30 cm.

  18. Olivier, 17.02.2020, 22:37

    Merci pour ce double article très instructif.. c'était effectivement un weekend épique et on en garde malgré tout un bon souvenir !

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  19. Simon, 17.02.2020, 20:06

    Article fort intéressant et bien écrit. Merci beaucoup pour ce travail. Espérons qu’il reneige de la manière dans le mois à venir.🤞

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  20. Pascal_fr_39, 17.02.2020, 19:51

    Les hauteurs de neige sont une chose, les valeurs équivalent eau en sont une autre, quelles quantités de précipitations ce manteau neigeux historique autour du Léman a-t-il représenté en mm d'eau dans vos différentes stations?

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    Répondre à Pascal_fr_39

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    1. MétéoSuisse, 17.02.2020, 23:37

      Sur l’ensemble de l’épisode, il y a 40 à 50 mm de précipitations (en équivalent eau) sur le Bassin lémanique (41 mm à Genève-Cointrin, 40 mm à Pully, 49 mm à Aigle), contre 5 mm à La Chaux-de-Fonds et 0 mm à Delémont.

  21. marche arrière bip, 17.02.2020, 19:41

    Alors super blog qui soulève une question car je ne comprends pas, la bise apporte le soleil et des hautes pressions qui est l'équivalent d'une situation de beau temps en montagne avec du stratus sur le plateau. Donc comment dans cette situation peut elle donner des chutes de neige aussi intense ? Par courent humide du nord ce sont les préalpes qui sont le plus touchées comme ce lundi ou mercredi... vous notez aussi que le courant était dominé secteur sud en altitude, donc la c'est le tessin qui aurais pris le plus de précipitations... donc ma question est : lors de cette situation, par quel courant le frond froid est il arrivé ? Ouest ou sud ? Ou du Nord carrément ? Merci pour vos blog,

    Réponses

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    1. MétéoSuisse, 17.02.2020, 23:33

      Vous trouverez l’explication dans la première partie de ce blog. De l’air doux et humide qui escalade de l’air très froid et sec est le cocktail idéal pour d’abondantes chutes de neige sur le Bassin lémanique.

  22. Didier, 17.02.2020, 18:12

    Merci pour ce rappel et ces belles images ! La neige fait défaut depuis plusieurs années, l’humain en est responsable, mais il ne faut malheureusement pas espérer un changement de mentalité. Nous sommes bien loin de la prise de conscience. Nous sommes habitués au confort et le sans effort !

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  23. Pascal_fr_39, 17.02.2020, 17:32

    Un épisode resté dans ma mémoire, et je me souviens encore très bien de l'incrédulité vu d'ici, Jura occidental des plateaux où il était tombé 25 mm de pluie durant la nuit du samedi au dimanche, en entendant à la radio que le bassin Lémanique était enseveli sous une épiasse couche de neige. La chaîne du Jura avait donc agit en barrage à l'air froid venu du nord est, nous étions dans une masse d'air beaucoup plus douce, +1.5° à 600m d'altitude (votre relevé de La Dôle le mentionne bien), de la neige seulement au-dessus de 900m environ.

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  24. Brin d'Acier, 17.02.2020, 17:08

    Durant cet hiver 84-85, j'ouvrais les routes d'une station de skis en Bas Valais. Je conduisais un puissant tracteur de l'époque où je pouvais soit mettre une lame à neige ou une fraiseuse. J'avais "fraisé" durant 3 jours avec 6 ou 7 heures de repos max. Il y avait des voitures partout bloquées sous des monticules de neige. Vous imaginez bien qu'il y a eu quelques casses matériel!!
    Mais personne râlait. On contraire les gens avaient le sourire et me remerciaient. J'ai reçu des bouteilles, du lard et de la viande séchée.
    35 ans on passé. Maintenant quand je vois les automobilistes rouspéter quand les routes ne sont pas dégagées immédiatement...
    Même si la neige se fait plus rare en plaine ou en moyenne altitude, reste que nous devons garder à l'esprit que nous ne pourrons pas complétement maîtriser ces phénomènes météorologiques.

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  25. Bernard Dunand, 17.02.2020, 16:20

    Juste une anecdote, un collègue de la météo devant commencer son service à 06h.du matin, voyant vers minuit sa 2 cv disparaissant sous la couche de neige est venu à pied à l'aéroport, plus de 1 heure de marche, pour être à l'heure
    au travail et relever son collègue du service de nuit.
    Les immeubles de l'époque étaient moins bien isolés, la neige fondant, il s'est formé d'imposantes stalactites sur les toits et les trottoirs ont été fermés vu le danger.

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  26. Claude Guignard, 17.02.2020, 15:22

    Il n'y a pas grand chose à ajouter à votre excellente description Je confirme que dans le sud-est du canton les chutes de neige ont été bien plus importantes qu'à Cointrin. La situation m'a permis de me rendre à mon travail depuis Vandoeuvres à Geneve à ski de fond, bien conscient que ce serait la première et la dernière fois. Il s 'etait créé une piste de ski de fond le long du lac rive gauche qui a subsisté plusieurs jours. Il a fallu plus d'une semaine pour que s'amorce un dégel et la fonte de la neige n'a pas été rapide.

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  27. valazza, 17.02.2020, 14:38

    Je me souviens enfant qu j'étais avoir une attraction viscérale pour les chutes de neige. Je scrutais la méteo radiophonique dans l'attente d'une annonce telle que "arrivée de courants polaires directs" donc arctiques. Février 1956 me reste en mémoire. Février 1985 aussi. Aujourd'hui on parlerait de "basculement du vortex polaire". Passion de la météo.... Cette année, pas de basculement, mais??? Qui sait?
    l

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    1. Kevin, 18.02.2020, 13:58

      Haha moi je suis un jeune et je scrute la météo mais pour voir quand c’est qu’il fera chaud avec le vent chaud de Sud Ouest. Les habitudes restent au fil des générations mais les temps changent (au sens propre c’est le cas de le dire) ^^

  28. Benji, 17.02.2020, 13:53

    Article très intéressant et bien expliqué dans sa chronologie. Ce qui conforte mes pensées, que la majorité des gros épisodes neigeux pour le bassin lémanique ne se fait pas en flux NO mais bien en flux de sud avec remontées humides et/ou circulation d'anomalies sous blocage le tout avec un conflit de masses d'air. Cf décembre 2010, février 2013 ou février dernier qui aurait pu l'être.
    Difficile d'imaginer cela pour clore cet hiver, les flux méridiens ne veulent pas se montrer.

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  29. Eric Déjardin, 17.02.2020, 13:24

    Quel bon souvenir, cette neige !

    Le lundi matin (enfin... toute la journée), j'étais l'un des seuls automobilistes circulant sans problème majeur à Genève, ayant chaîné ma petite voiture (pas un 4x4) le dimanche en fin de journée...

    Merci de nous le faire revivre ou de le faire découvrir aux plus jeunes.

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    1. Véronique, 18.02.2020, 14:14

      Oui, Monsieur Déjardin, je me souviens aussi de mon père venant des Franches-Montagnes qui avait dû mettre ses chaînes à Versoix pour arriver à Genève. Et il les a enlevées pour remonter dans le Jura. Un comble!