2019, deuxième année la plus chaude au niveau mondial

13 janvier 2020, 7 Commentaire(s)
Thèmes: Climat

Globalement, 2019 a été 0,59 °C plus chaud que la moyenne 1981-2010, ce qui en fait la deuxième année la plus chaude depuis le début des mesures, derrière l’année 2016 qui avait connu un dépassement de la moyenne de 0,63 °C. En Europe, 2019 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, devançant légèrement les années 2014, 2015 et 2018, comme le montre l’analyse de Copernicus. En Suisse, l’année 2019 a été la cinquième la plus chaude depuis le début des mesures en 1864.

Figure 1. Anomalie thermique au-dessus de la planète par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus
Figure 1. Anomalie thermique au-dessus de la planète par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus

Deuxième année la plus chaude au niveau mondial, juste derrière 2016

Copernicus, le programme de surveillance d'observation de la Terre de l'Union Européenne, traite du climat européen et mondial. Ce programme publie également des bulletins mensuels sur le climat. L'information présentée ci-dessous est tirée en grande partie du bulletin Copernicus du mois de décembre. Des données proviennent également de différents centres nationaux.

Au niveau mondial, la température a présenté en 2019 une anomalie de +0,59 °C par rapport à la moyenne 1981-2010. Il s’agit de la deuxième année la plus chaude depuis le début des mesures, derrière 2016 (+0,63 °C), mais devant 2017 (+0,54 °C).

Affichage aggrandi: Figure 2. Moyenne glissante sur 12 mois des anomalies de la température de l’air au niveau mondial par rapport à la période 1981-2010. Les barres de couleur noire représentent la moyenne pour chacune des années civiles de 1970 à 2019. Sources : ERA5 / Copernicus.
Figure 2. Moyenne glissante sur 12 mois des anomalies de la température de l’air au niveau mondial par rapport à la période 1981-2010. Les barres de couleur noire représentent la moyenne pour chacune des années civiles de 1970 à 2019. Sources : ERA5 / Copernicus.

A noter que l’année 2016 avait connu un coup de pouce en raison d’un événement El Niño qui contribue à réchauffer la planète. En 2019, les conditions dans le Pacifique équatorial ont plutôt été qualifié de neutres.

Sachant qu’il faut ajouter 0,63 °C par rapport à l’ère préindustrielle, l’anomalie pour 2019 a donc été de +1,22 °C. Rappelons que l’Accord de Paris sur le climat prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et si possible de viser à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ».

La plupart des régions de la planète ont connu une température au-dessus de la moyenne. Quelques régions maritimes et terrestres ont connu des températures proches ou inférieures à la moyenne. Le centre et le sud-est du Canada ont connu des températures bien inférieures à la moyenne. Cela n’a pas été le cas en Alaska qui a connu des températures largement supérieures à la moyenne. Ainsi, l’année 2019 a été la plus chaude depuis le début des mesures en Alaska en 1925.

L'année 2019 a été la plus chaude jamais observée en Australie depuis le début des mesures en 1910, avec une anomalie de température annuelle de +1,5 °C au-dessus de la moyenne 1961-1990, battant l'année 2013 (+1,3 °C).

D’autres régions ont connu des températures ont connu en 2019 l’année la plus chaude depuis le début mesures comme à Hong Kong (début des mesures en 1884) ou à La Réunion.

Année la plus chaude en Europe

Affichage aggrandi: Figure 3. Anomalie thermique au-dessus de l'Europe par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus
Figure 3. Anomalie thermique au-dessus de l'Europe par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus

L’Europe a connu son année la plus chaude avec une température dépassant la moyenne 1981-2010 de 1,24 °C, devançant légèrement les années 2015 (+1,2 °C) et 2014 (+1,19 °C).

L’anomalie la plus marquée s’est surtout retrouvée sur l’Europe orientale. Par exemple, la Serbie a connu son année la plus chaude depuis le début des relevés en 1951 au niveau national et la ville de Belgrade a connu son année la plus chaude depuis le début des mesures en 1888.

La Hongrie a également connu son année la plus chaude depuis le début des mesures en 1901, battant le record de l’année 2018.

La Lituanie, la Lettonie, le centre et l’ouest de la Russie, y compris la ville de Moscou, ont connu l’année la plus chaude depuis le début des mesures. A Vilnius, capitale de la Lituanie, il s’agit de l’année la plus chaude depuis le début des mesures en 1778.

En Pologne, avec une anomalie d’environ 2 °C au-dessus de la normale 1981-2010, l’année 2019 a été la plus chaude jamais observée au moins depuis 1781, battant les années 2018 et 2015.

En Allemagne, 2019 a été la deuxième la plus chaude depuis le début des mesures en 1881, à égalité avec 2014. L’année la plus chaude reste celle de 2018.

En Autriche, l’année 2019 a été la troisième la plus chaude depuis le début des mesures en 1768, derrière 2014 et surtout 2018 qui reste l’année la plus chaude.

En France, la température moyenne a dépassé la normale 1981-2010 de 1,1 °C, plaçant l'année 2019 au troisième rang des années les plus chaudes depuis 1900, derrière 2018 (+1,4 °C) et 2014 (+1,2 °C).

Pour l'Italie, 2019, avec une anomalie de 1,9 °C par rapport à la moyenne de la période de référence 1981-2010, a été la quatrième année la plus chaude depuis 1800. 

Cinquième année la plus chaude en Suisse

En moyenne nationale, la Suisse a enregistré une température annuelle de 1,1 °C au-dessus de la norme 1981-2010, ce qui correspond à la cinquième année la plus chaude depuis le début des mesures en 1864. L’année la plus chaude en Suisse a été mesurée en 2018.

Le bulletin annuel définitif donne un aperçu complet de l’année 2019 en Suisse.

Affichage aggrandi: Figure 4. Anomalie des températures en 2019 en Suisse par rapport à la norme climatologique 1981-2010.
Figure 4. Anomalie des températures en 2019 en Suisse par rapport à la norme climatologique 1981-2010.

Température de l’air en décembre 2019

A l'échelle mondiale, décembre 2019 a été 0,7 °C plus chaud que la moyenne de décembre pour la période 1981-2010, ce qui correspond au mois de décembre le plus chaud, à égalité avec décembre 2015. 

En Europe, avec une anomalie de 3,2°C de plus que la moyenne 1981-2010, il s’agit aussi du mois de décembre le plus chaud jamais enregistré, à égalité avec décembre 2015.

En Suisse, la température en décembre a dépassé la norme 1981-2010 de 2,5 °C en moyenne nationale. Il s’agit du troisième mois de décembre le plus doux depuis le début des mesures en 1864, derrière décembre 2015 et décembre 1868.

Le bulletin mensuel définitif donne un aperçu complet du mois de décembre 2019 en Suisse.      

Affichage aggrandi: Figure 5. Anomalie thermique au niveau mondial et au-dessus de l’Europe en décembre 2019 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus.
Figure 5. Anomalie thermique au niveau mondial et au-dessus de l’Europe en décembre 2019 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : Copernicus.

Le bulletin de Copernicus  pour décembre 2019 et l’année est 2019 disponible en anglais.

Commentaires (7)

  1. thierry Barez, 27.01.2020, 13:11

    Bonjour,
    Les mesures sont faites à partir de 1864, soit sauf erreur , juste après ce qui a été appelé : « le petit âge glaciaire »
    Sans remettre en cause le réchauffement climatique, ni la concentration de CO2 ,ni la pollution, quelles seraient les données si elles étaient comparées à l’optimum climatique du moyen âge (950-1350) et/ ou à l’optimum climatique romain (-250 (AJC)-400 de notre ère) en terme d’augmentation de t° ?

    Réponses

    Répondre à thierry Barez

    * Champ obligatoire

    Merci beaucoup de votre contribution. Chaque contribution est vérifiée par la rédaction avant d'être validée. Cette vérification peut durer un certain temps.

    Merci de votre compréhension

    Votre contribution n'a malheureusement pas pu être transmise. Veuillez réessayer ultérieurement.

    Merci de votre compréhension

    1. MétéoSuisse, 27.01.2020, 18:06

      Les mesures de plusieurs stations suisses sont effectivement homogénéisées depuis 1864. Des séries de données plus longues sont cependant disponibles pour certaines stations comme Genève (depuis 1753). Il y a d'autres sources de données qui permettent de connaître l'évolution de la températures sur plusieurs siècles ou millénaires, comme par exemple les cercles de croissance des arbres ou les carottes de glaces de l'Antarctique et du Groenland. Il est difficile de répondre à votre question en quelques lignes. Cela dépend surtout si l'on parle de la température moyenne globale ou plus précisément d'une région. Si l'on prend la température moyenne pour l'hémisphère nord, celle-ci était environ 0,7 à 1 degré plus basse durant l'optimum climatique du Moyen Âge par rapport à aujourd'hui. Même chose pour l'optimum climatique romain. Au niveau global, la température moyenne au Moyen Âge n'était donc pas aussi élevée qu'actuellement. Si l'on s'intéresse seulement à l'Europe la température moyenne était alors un peu plus proche des valeurs actuelles.

      Vous trouverez dans le rapport du GIEC (p. 78) un graphique montrant l'évolution de la température moyenne dans l'hémisphère nord au cours du dernier millénaire : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/WG1AR5_TS_FINAL.pdf

  2. Thiange, 23.01.2020, 06:56

    Bonjour, comment explique t on la différence entre la moyenne de +0,59 de Copernicus et de 0,44 de Huntsville, qui analyse les données satellitaires tant européens que américains ? Merci

    https://www.nsstc.uah.edu/climate/2019/December2019/GTR_2019112Dec_1.pdf

    Réponses

    Répondre à Thiange

    * Champ obligatoire

    Merci beaucoup de votre contribution. Chaque contribution est vérifiée par la rédaction avant d'être validée. Cette vérification peut durer un certain temps.

    Merci de votre compréhension

    Votre contribution n'a malheureusement pas pu être transmise. Veuillez réessayer ultérieurement.

    Merci de votre compréhension

    1. MétéoSuisse, 29.01.2020, 15:13

      Comme vous le dites, les données de l'University of Alabama in Huntsville proviennent de mesures satellitaires. Il s'agit d'une température calculée à partir de mesures sur plusieurs couches de la troposphère entre la surface et 12 km. Les données Copernicus indiquent la température à la surface de la Terre. Ces données proviennent de la réanalyse ERA5, c'est-à-dire de mesures de surface et satellitaires intégrées dans un modèle.

      Les données de Huntsville diffèrent également avec d'autres séries de données satellitaires (comme celles du groupe Remote Sensing System, RSS). Le satellites ne mesurent pas directement la température, mais le rayonnement à différentes longueurs d'onde. La température est ensuite calculée à partir de ces données. Les méthodes de calcul varient et par conséquents les températures moyennes déduites également. Avec les données satellitaires il faut également tenir compte du vieillissement des instruments de mesure et des variations dans l'orbite des satellites.

  3. Claude Guignard, 14.01.2020, 12:22

    Les chiffres et indications donnés ne laissent pas subsister le moindre doute quant à l'existence d'un réchauffement climatique. Certes l'augmentation de température n'est pas linéaire msis sur la durée les moyennes s'élèvent inexorablement. Si pour la Suisse les conséquences peuvent globalemrnt apparaître positives, il s'agit d'une évolution extrêmement préoccupante au niveau mondial.

    Réponses

    Répondre à Claude Guignard

    * Champ obligatoire

    Merci beaucoup de votre contribution. Chaque contribution est vérifiée par la rédaction avant d'être validée. Cette vérification peut durer un certain temps.

    Merci de votre compréhension

    Votre contribution n'a malheureusement pas pu être transmise. Veuillez réessayer ultérieurement.

    Merci de votre compréhension

  4. Éléonore, 13.01.2020, 22:57

    Bonjour, imaginons que l'on arrête d'émettre du CO2 du jour au lendemain. Est-ce que dans ce monde utopique les températures continueraient tout de même de monter pendant quelques années du à un certain "élan" provoqué par le réchauffement très abrupte de ces dernières décennies?

    Réponses

    Répondre à Éléonore

    * Champ obligatoire

    Merci beaucoup de votre contribution. Chaque contribution est vérifiée par la rédaction avant d'être validée. Cette vérification peut durer un certain temps.

    Merci de votre compréhension

    Votre contribution n'a malheureusement pas pu être transmise. Veuillez réessayer ultérieurement.

    Merci de votre compréhension

    1. MétéoSuisse, 14.01.2020, 14:36

      La température continuerait effectivement de monter au niveau global pendant quelques temps. Une étude de l'EPFZ estime même que la hausse de la température se poursuivrait durant plusieurs siècles.

      https://www.nature.com/articles/nclimate2060