Rapport spécial du GIEC sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique

6 octobre 2019, 8 Commentaire(s)
Thèmes: Climat

25 septembre 2019, Musée Océanographique de Monaco, 11h00 heure locale : le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) présente le résumé de son dernier rapport spécial. De quoi s'agit-il ? Quelles sont les principales conclusions ? Et pourquoi sont-elles pertinentes pour la Suisse ?

www.unsplash.com / Samuel Ferrara
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À intervalles réguliers, le GIEC compile l'état des connaissances sur le changement climatique mondial et ses conséquences dans des rapports dits de situation. Le dernier de ces rapports date de 2014 (plus d'informations ici en anglais). En outre, le GIEC publie des rapports spéciaux qui examinent en détail des sujets spécifiques dans le contexte du changement climatique mondial. Le dernier rapport spécial a été approuvé par les gouvernements des 195 États membres du GIEC à la fin du mois de septembre et présenté ensuite au public.

L’océan et la cryosphère

Dans le rapport spécial intitulé Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate (SROCC), plus de 100 auteurs de 36 pays (dont la Suisse) ont répertorié l'état des connaissances sur les changements dans les océans et dans la cryosphère au cours du changement climatique passé et futur. Le terme cryosphère désigne les composantes gelées du système climatique à la surface des terres et des océans. Il s'agit notamment de la neige, des glaciers, des calottes glaciaires polaires, du pergélisol et de la glace de mer.

L'océan et la cryosphère sont reliés par le cycle global de l'eau : les masses de neige et de glace fondantes s'écoulent sous forme d'eau vers ou sous la surface terrestre. La partie qui ne s'évapore pas dans l'atmosphère en cours de route est rejetée dans l'océan. De là, une partie de l'eau s'évapore et peut ensuite alimenter à nouveau la cryosphère sous forme de neige. À long terme et dans un climat stable, un équilibre avec des réserves stables de neige et de glace est établi. Si cet équilibre est perturbé par le réchauffement à long terme, par exemple, les réserves de neige et de glace continentales peuvent diminuer et l'eau de fonte supplémentaire peut contribuer à l'élévation du niveau de la mer. Une exception est d'ailleurs la fonte des glaces de mer, qui n'entraîne pas une élévation directe du niveau de la mer, puisque la glace flottante déplace autant de volume que son eau de fonte en absorbe par la suite.

Modifications antérieures

Le SROCC montre maintenant clairement que le déséquilibre décrit est bien réel. Le réchauffement de la planète depuis le milieu du XIXe siècle a entraîné une baisse importante des volumes de neige et de glace dans le monde et une augmentation des températures du pergélisol. Aujourd'hui, la fonte des masses de neige et de glace est la principale cause de l'élévation du niveau mondial des mers. Il a augmenté d'environ 19 cm depuis 1900, bien que la hausse se soit fortement accélérée au cours des dernières décennies. La glace de mer arctique est également en recul. Entre-temps, les masses océaniques se sont également réchauffées considérablement et sont de plus en plus acidifiantes en raison de l'absorption d'une partie des émissions humaines de CO2.

Que nous réserve l'avenir ?

Dans l'avenir, certaines de ces tendances observées continueront de s'intensifier. Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d'être élevées, les glaciers du monde perdront plus de 30 % de leur masse actuelle d'ici la fin du siècle. Dans les régions de latitudes moyennes où la glaciation est faible, comme les Alpes, la perte de masse sera supérieure à 80 %. La couverture de neige saisonnière diminuera considérablement, surtout dans les régions basses, et la glace de mer de l'Arctique continuera de reculer considérablement. Les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland perdront considérablement en masse et contribueront en grande partie à l'élévation prévue du niveau mondial de la mer de 84 cm d'ici 2100. Après 2100, l'élévation du niveau de la mer sera supérieure à un mètre.

Les mesures de protection du climat dans le cadre de l'objectif climatique de Paris (limiter le réchauffement climatique à un niveau bien inférieur à 2°C depuis l'époque préindustrielle) peuvent, dans la plupart des cas, réduire l'ampleur de ces changements prévus et les risques associés.

Qu'est-ce que cela signifie pour la Suisse ?

L'avenir climatique de la Suisse a été examiné en détail dans les scénarios climatiques CH2018 récemment publiés. Si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, la Suisse se réchauffera encore de 3,3 à 5,4 °C d'ici la fin du XXIe siècle, avec des conséquences évidentes sur la neige et la glace. Dans les régions basses, la couverture neigeuse hivernale sera réduite de plus de 50% et la plupart des glaciers alpins auront disparu. Les mesures de protection du climat en accord avec l'objectif de deux degrés de Paris peuvent réduire jusqu'à deux tiers les changements prévus.

Les effets de ce futur changement climatique dans l'espace alpin et en Suisse en particulier, ainsi que les possibilités d'adaptation à ce changement, font actuellement l'objet d'un certain nombre de programmes de recherche détaillés. En outre, le premier cycle de l'ETH sur le climat (23 octobre) et le premier Sommet de la haute montagne de l'Organisation météorologique mondiale (OMM ; 29-31 octobre) porteront essentiellement sur le changement climatique et ses conséquences pour les régions de haute montagne.

Commentaires (8)

  1. Bovay-Rohr André, 13.10.2019, 10:58

    En 2014, le Pr. Franz-Karl Reinhart a refait en physique et publié les calculs concernant les effets du CO2 sur l'atmosphère: surprise, ils sont négligeables.
    Par la suite, ont été examinés les modèles décrivant en physique l'effet de serre: autre surprise, dans la troposphère en tout cas, il est physiquement exclu - la théorie de cinétique des gaz et la loi des gaz parfaits l'interdisent. Documentation sur le blog «Toutes les énergies», site http://www.entrelemanetjura.ch/BLOG_WP_351/ .
    Suite à ces découvertes, il faut réviser d'importance les conclusions contenues dans le SROCC et prendre bonne note que l'humanité est bien incapable de modifier le climat global avec des gaz comme la vapeur d'eau, le CO2 ou le méthane.
    Le traité de Paris lui-même en perd l'essentiel de sa substance, la loi suisse sur le CO2 en est invalidée et il n'existe aucune «urgence climatique». Comme nos prédécesseurs, il va falloir subir les changements du climat ...
    Colombier, le 13.10.2019

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    1. MétéoSuisse, 15.10.2019, 08:12

      Des simulations de température ont été modélisées avec un niveau de CO2 équivalent à l’ère préindustrielle. Les simulations n’arrivent pas à reproduire la hausse des températures de ces dernières décennies. La hausse actuelle des températures mondiales ne peut pas être simplement attribuée à la variabilité naturelle.
      L’article du professeur Reinhart n’a jamais été publié dans une revue scientifique. Nous vous invitons à lire l’analyse critique de l’article du professeur Franz Karl Reinhard.
      http://www.conferences-climat-energie.ch/ConferencesClimatEnergie/ClimatoRealistes_files/CritiqueArticleReinhart-1.pdf

  2. David, 09.10.2019, 09:06

    Qu'en est-il de la production d'eau lors de la combustion? On parle tout le temps du dioxyde de carbone, mais la combustion d'hydrocarbures rejette encore plus d'eau que de CO2. Sachant que la vapeur d'eau est de loin le principal gaz a effet de serre, quel est l'effet de toute cette vapeur d'eau libérée par l'homme depuis des décennies?

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    1. MétéoSuisse, 09.10.2019, 19:44

      La quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère varie avec la température. Sa durée de vie est beaucoup plus courte que celle du CO2 par exemple. La vapeur d’eau ajoutée dans l’atmosphère se condense et retombe sous forme de pluie au bout d’une à deux semaines. Par contre, la vapeur d’eau influence l’évolution de la température du globe par une boucle de rétroaction positive. Avec la hausse de la température, l’évaporation augmente et par conséquent la quantité de vapeur d’eau également. Vu qu’il s’agit d’un gaz à effet de serre, cette hausse accentue encore d’avantage la hausse de température. Vous trouverez d’autres explications sur le site de l’OMM : https://tinyurl.com/y3lejs5b

  3. Frédéric, 07.10.2019, 21:34

    Un livre à lire au plus vite :
    "Dormez tranquilles jusqu'en 2100, et autres malentendus sur le climat et l'énergie". J.-M Jankovici. Il éclaire nos réflexions et démontre que les gros problèmes surgiront probablement bien avant la fin du siècle. Bonne lecture.

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  4. Nicolas, 07.10.2019, 06:25

    Moi je m'interroge également sur l'effet que produit nos routes sur le réchauffement climatique. Noires, elles emmagasinent beaucoup de chaleur dans les villes notamment. Jouent-elles également aussi un rôle égal/moins grand que ces fameux gazs à effets de serre ? On en parle jamais de cela...
    Merci pour votre réponse !

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    1. MétéoSuisse, 07.10.2019, 10:50

      Les routes (le bitume) ont probablement un effet sur le changement climatique, mais certainement pas aussi important que l’accroissement d’une ville. En effet, la surface bâtie modifie de manière importante l’albédo (pouvoir réfléchissant d’une surface).

  5. Christophe, 06.10.2019, 20:45

    On va pas y arriver avec tous ces gens qui s'en foutent.
    Demain je vends mes skis

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