Déjà 4 à 7 journées estivales en avril

26 avril 2018, 5 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

Hier encore, une nouvelle journée estivale a localement été comptabilisée. Pour l’instant, certaines stations de plaine ont déjà connu de 4 à 7 journées estivales en avril. La journée est qualifiée d’estivale lorsque la température maximale atteint ou dépasse 25 degrés.

Photo prise depuis Brunnen/SZ avec vue en direction du canton d’Uri. Photo : S. Lang.
Photo prise depuis Brunnen/SZ avec vue en direction du canton d’Uri. Photo : S. Lang.

Une séquence chaude et précoce

La semaine passée a été particulièrement chaude avec des valeurs estivales relevées du 19 au 22 avril, soit pendant 4 jours consécutifs. A Sion, Coire et Bâle, la séquence estivale a même duré pendant 5 jours consécutifs. On n’avait pas connu une chaleur aussi précoce depuis avril 2007. Pour Genève, il s’agit même de la séquence chaude la plus précoce depuis le début des mesures homogénéisées en 1959. En effet, en avril 2007, les températures avaient atteint des valeurs estivales du 22 au 25 avril.

Cependant, pris de manière isolée, le seuil de la journée estivale a déjà été plus précoce dans le passé. A Genève par exemple, la date la plus précoce a été celle du 8 avril 1961. A Sion, cela a été le 2 avril 2011.

Au niveau du nombre de journées estivales, avril 2018 figurera sans doute au deuxième rang, derrière avril 2007, un mois qui avait été exceptionnellement chaud puisque l’anomalie thermique avait été de l’ordre de 5 degrés. Au 25 avril, le nombre de journées estivales s’élève à 7 pour Sion et Coire, 6 pour Locarno-Monti, 5 pour Genève et Bâle, 4 pour Delémont et Kloten, 3 pour Payerne. Pour toutes ces stations, la norme 1981-2010 du nombre de journées estivales en avril est inférieure à 1 jour (le maximum étant de 0.9 jour à Bâle).

Chaleur remarquable également sur l’ensemble de l’Europe

C’est une grande partie de l’Europe qui a connu cette chaleur remarquable la semaine passée. Le seuil des 25 degrés a même été localement franchi jusqu’en Suède. Le 19 avril, il a fait jusqu’à 29.1 degrés à Saint James Park dans la ville de Londres, à quelques dixièmes du record national pour un mois d’avril (qui est de 29.4 degrés mesurés en 1949). En France, le 22 avril, Strasbourg a connu sa journée tropicale (température égale ou supérieure à 30 degrés) la plus précoce (précédent record de précocité le 28 avril 2012).

La carte ci-dessous montre l’anomalie thermique à l’échelle européenne pour la semaine du 15 au 21 avril.

En Suisse, la station de Sion a battu son record pour un mois d’avril avec 28.9 degrés mesurés le 20 avril (précédent record le 21 avril 1968 avec 28.5 degrés).

Météo et climat

On ne peut pas lier cette séquence chaude au réchauffement climatique. Elle est issue d’une configuration météorologique favorable, à savoir un anticyclone sur l’Europe centrale et un bon ensoleillement pendant plusieurs jours consécutifs. N’oublions pas que le soleil se situe à la même hauteur que celui de la seconde quinzaine d’août. Les journées sont à présent plus longues que les nuits, limitant ainsi de plus en plus le rayonnement nocturne.

En revanche, ces épisodes chauds en avril se manifestent de plus en plus souvent. A Genève, le seuil de la journée estivale en avril a rarement été atteint depuis le début des mesures homogénéisées en 1959 (1 journée en 1961, 3 en 1968, 3 en 1992, 1 en 1994 et 1 en 2000). La fréquence a nettement augmenté ces dernières années avec au moins une journée estivale en 2005, 2007 (5 journées), 2010 (2 journées), 2012, 2013 (2 journées), 2017 et 2018 (5 journées). C’est cette répétition de journées estivales en avril qui est un signe des changements climatiques en cours.

Sur l’ensemble du printemps (du 1er mars au 31 mai), la tendance à l’augmentation du nombre de jours estivaux est très visible. Le graphique ci-dessous pour la station de Genève est très parlant (il n’y a pas encore les chiffres provisoires pour le printemps 2018). On trouvera le même graphique pour d’autres stations en Suisse et également pour d’autres saisons en cliquant sur ce lien.

Commentaires (5)

  1. Thomas Kow, 27.04.2018, 20:03

    L'affirmation "On ne peut pas lier cette séquence chaude au réchauffement climatique" me semble logiquement un peu trop forte, si on constate en même temps "...ces épisodes chauds en avril se manifestent de plus en plus souvent...".

    Si, selon vous, il y a interdiction de mettre le réchauffement en cause pour l’excès de température en avril 2018, il y a logiquement aussi interdiction de le faire pour chacun des excès de température observés dans le passé. Ainsi on fait face à une situation paradoxale : aucune des épisodes d’avril excessivement chauds n’est en lien avec le réchauffement global, mais pris ensemble il y a d’un coup un lien évident avec le réchauffement !

    A moins avis, il serait plus correct de dire: on ne peut pas créer de lien avec le réchauffement, mais on ne peut pas non plus exclure un tel lien. En vérité, il y a un certain lien entre cet avril chaud et le réchauffement qui se situe entre les deux affirmations extrêmes et qui est de nature plus indirect et intangible, car probabilistique.

  2. valazza, 27.04.2018, 09:07

    Merci pour ces informations! Elles m'aident au jardinage. Trop tôt pour planter les melons mais on se baigne déjà dans le lac Majeur.

  3. Mathias, 27.04.2018, 06:28

    Merci d’avoir enfin activé la fonction Zoom sur les photos 👍🏻

  4. Claude Guignard, 26.04.2018, 15:37

    Nous nous étions bien rendu compte que les chaleurs d'il y a quelques jours dépassaient très largement les normales saisonnières. Vous le confirmez et indiquez que cela devient de plus en plus fréquent. Qui s'en plaindrait si ce n'etait pas le signe d'un inéluctable réchauffement climatique global. Le début de l'année a été relativement hors normes. Janvier anormalement doux et bien arrosé. Février froid et mars pire encore. Avril anormalement chaud et sec. Le contraste entre mars et avril est saisissant. En deux ou trois semaines nous sommes passés de l'hiver à l'été. ,

  5. la polka française, 26.04.2018, 14:15

    Toujours plus souvent alors ?