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Un météorologue sur Mars

15 novembre 2020, 5 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

En ces temps covidiens, un changement d'horizon sera peut-être bienvenu. Nous n'avons pas lésiné sur la distance. La météo va en effet bientôt se pratiquer sur la planète Mars, la Nasa y ayant dépêché un robot nomade prénommé Perseverance, équipé de divers capteurs.

Source : nasa.gov

Le robot parviendra à son but le 28 février 2021. Tout en explorant le cratère Jezero à la recherche de signes de vie microbienne ancienne, Perseverence collectera les premiers échantillons planétaires qu'une future mission ramènera sur Terre. Mais il fournira aussi des données atmosphériques essentielles, qui permettront aux futurs astronautes de survivre sur la Planète Rouge, dans un environnement sans oxygène respirable, aux températures glaciales, balayé de tempêtes de poussière d'échelle planétaire et sous le rayonnement intense du soleil.

L'instrument qui collectera les données météorologiques se nomme MEDA - Mars Environmental Dynamic Analyser. Une partie de ses objectifs est de collecter les basiques : température, vitesse et direction du vent, pression et humidité relative. Les températures modélisées sur le site d'"atterrissage" de Perseverance s'échelonnent d'une moyenne de -88° C la nuit à -23°C l'après-midi.

Affichage aggrandi: SkyCam est une caméra faisant face au ciel à bord de Perseverance. Elle prendra des images et des vidéos des nuages qui passent dans le ciel martien.
SkyCam est une caméra faisant face au ciel à bord de Perseverance. Elle prendra des images et des vidéos des nuages qui passent dans le ciel martien.
Nasa.gov

Une différence essentielle entre MEDA et ses prédécesseurs : il mesurera la quantité, la forme et la taille des particules de poussière dans l'atmosphère martienne. La poussière est en effet un élément-clé pour toute mission à la surface de Mars. Elle se dépose partout, y compris sur les vaisseaux spatiaux et les panneaux solaires qui pourraient s'y trouver. Elle induit des processus chimiques à la fois en surface et dans l'atmosphère ; elle affecte la température et la météo. Mieux les connaître permettra aussi de mieux planifier les opérations menées sur Mars par l'hélicoptère Ingenuity.

Même si les tempêtes de poussière ne sont pas aussi violentes que dans les films (l'atmosphère de Mars est trop mince pour celà), elles peuvent créer une épaisse couche de poussière. C'est une tempête de poussière géante durant l'été 2018 qui a mis fin à la mission d'Opportunity, le robot nomade le plus ancien de la Nasa, après 15 ans d'opérations.

Même les jours calmes, la poussière sur Mars est pénétrante et envahissante.

Les astronautes d'Apollo considéraient la poussière lunaire comme une nuisance générale, pénétrant les hublots des casques, collant aux scaphandres et affectant leur système de refroidissement. Les missions d'Apollo ne duraient que quelques jours, tandis que les missions humaines sur Mars seront probablement bien plus longues.

Nuageux et froid, avec beaucoup de rayonnement

La poussière en suspension affecte également la quantité de rayonnement solaire qui bombarde la surface de Mars. Sur Terre, notre atmosphère, ainsi que le champ magnétique de la planète, nous protègent du rayonnement solaire. Mais il n'y a pas de champ magnétique global sur Mars, et la densité de son atmosphère représente 1% de celle de la Terre. Mesurer la poussière et le rayonnement sur Mars vont donc de pair, en particulier pour la conception des scaphandres.

SkyCam prendra des photos et des vidéos du ciel et des nuages, tout en monitorant la luminosité du ciel dans une gamme de longueurs d'onde, afin de mieux comprendre l'environnement radiatif sur Mars.

Davantage d'infos sur : nasa.gov/perseverance

 

Commentaires (5)

  1. JL Pélissier., 16.11.2020, 23:45

    Les films et livres de science-fiction des années cinquante mettaient en vedette les petits hommes verts, mais pas la poussière.

    En médecine, les minuscules virus sont le défi le plus important de l'homme. En astronomie, ce sont les particules de poussière qui jouent ce rôle.

    Quand on les découvrira, les extra-terrestres seront probablement moins difficiles à affronter qu'on ne le pense.

  2. Fabien, 16.11.2020, 09:33

    Il semblerait qu'il y ait des diables de poussières (dust devil) de plusieurs kilomètres de haut et de large sur Mars. Le site de la NASA mentionne la possibilité qu'ils soient suffisement chargés pour que des décharges électrostatiques se déroulent.
    On se réjouit que vous envoyez Dean Gill sur Mars pour une petite séance de "Storm chasing" extraterrestre.

  3. Claude Guignard, 15.11.2020, 17:40

    Dans un but purement scientifique et pour mieux connaître les corps célestes qui nous entourent, il est certainement important d'étudier les phénomènes météo qui se produisent sur la planète Mars. Penser par contre que des êtres humains s'y rendront une fois et même y séjourneront tient de la pure utopie. Dans les circonstances actuelles c'est rigoureusement irréalisable et ne présente au surplus aucun intérêt car personne n'y vivra jamais. Il me paraît plus important d'éviter de rendre la Terre inhabitable par un dérèglement climatique qui a d'ailleurs déjà commencé que de perdre son temps sur des projets absurdes.

  4. -88 nonmaisalloquoi, 15.11.2020, 16:03

    Ouah -88 revenez sur terre d

  5. Eric Déjardin, 15.11.2020, 14:29

    Au delà de la présence possible de traces de vie passée, l'intérêt, pour moi qui préfère rester les pieds sur Terre, de la mesure du taux d'humidité relative sera une donnée sans doute essentielle.
    Ledit taux pourrait-il être suffisant pour envisager de la récolter, la distiller et l'utiliser ?

    La météo spatiale est aussi passionnante que la terrestre... à une échelle toutefois très... différente.
    J'attends impatiemment des nouvelles de la météo martienne, dans un futur blog.

    Par contre, je ne suis pas certain qu'il nous faille exporter l'humain...