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Il y a 55 ans

9 novembre 2020
Thèmes: Météo

En ces temps d’élections américaines et seulement quelques jours après la sortie (provisoire ?) des USA de l’accord de Paris, il est bon de rappeler que les Etats-Unis n’ont pas toujours été à la traîne concernant la prise de conscience du réchauffement climatique.

Manhattan 2013. Image : Didier Ulrich
Manhattan 2013. Image : Didier Ulrich

Contrairement à ce que l’on observe actuellement, les Etats-Unis ont même été souvent précurseurs dans la prise de conscience du réchauffement climatique. Durant les années 1950 et 1960, les dépenses consacrées à la recherche sur les océans et l’atmosphère ont été considérablement augmentées, en grande partie à cause de la guerre froide.

Au début de l’année 1965, le Président Lyndon B. Johnson a été informé par certains scientifiques des bases de la théorie du réchauffement climatique. Le 8 février de cette année-là, soit il y a plus de 55 ans, le Président des Etats-Unis tirait déjà la sonnette d’alarme en adressant un message spécial destiné au Congrès sur la conservation et la restauration de la beauté naturelle.

Vous trouverez le message complet du Président Johnson en suivant ce lien: « Special Message to Congress on Conservation and Restoration of Natural Beauty ».
 

Dans ce message qui malgré son âge reste totalement d’actualité, le Président Johnson avertissait qu’une augmentation constante du dioxyde de carbone (CO2) provenant de la combustion des carburants fossiles était observée. Il déclarait alors que les impacts environnementaux d'une telle pollution n'étaient plus locaux et auraient des conséquences cumulatives, ce qui nécessitait un changement vers des politiques proactives.
 


"The longer we wait to act, the greater the dangers and the larger the problem. Large-scale pollution of air and waterways is no respecter of political boundaries, and its effects extend far beyond those who cause it."
Lyndon B. Johnson, 36ème Président des Etats-Unis, 8 février 1965

« Plus nous attendons pour agir, plus les dangers sont grands et plus le problème est important. La pollution à grande échelle de l'air et des cours d'eau ne respecte pas les frontières politiques et ses effets s'étendent bien au-delà de ceux qui en sont la cause ».
 

Il proposa alors une amélioration du « clean air act » pour permettre au ministre de la santé, de l'éducation et du bien-être d'enquêter sur les problèmes potentiels de pollution de l'air avant que la pollution ne se produise, plutôt que de devoir attendre que les dommages ne soient observés.

Affichage aggrandi: Image satellitaire de l'Australie du 1er janvier 2020 . Les points rouges montrent les incendies en cours et on aperçoit un immense nuage de fumée ocre sur la Mer de Tasman. Source : satellite Suomi NPP de la NOAA-NASA.
Image satellitaire de l'Australie du 1er janvier 2020 . Les points rouges montrent les incendies en cours et on aperçoit un immense nuage de fumée ocre sur la Mer de Tasman. Source : satellite Suomi NPP de la NOAA-NASA.

Plus tard dans l'année, un autre rapport scientifique a été rédigé par un panel de scientifiques dirigé par Roger Revelle, Wallace Broecker et Charles Keeling à l'attention du Président Johnson. Ce rapport revenait sur les changements climatiques provoqués par l'augmentation de la teneur en CO2 et qui pourraient être délétères du point de vue des êtres humains. Ce rapport évoquait même la nécessité d'explorer une solution provoquant délibérément des changements climatiques compensatoires (géo-ingénierie).
 

Sortie des USA de l'accord de Paris

Le 1er juin 2017, le Président Donald J. Trump annonçait la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris ratifié par son pays en avril 2016. Cet accord prévoit de contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C. Cette sortie est devenue effective au lendemain des élections américaines, soit le 4 novembre 2020. Cette sortie devrait cependant n’être que provisoire, vu que le Président élu, Joe R. Biden a promis que les Etats-Unis reviendraient rapidement dans l’accord. A suivre donc…
 

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