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Des prévisions plus rapides pour le Nord de l'Europe

14 novembre 2021, 4 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

Met Éireann, service national météorologique de l’Irlande, s'associe aux services météorologiques nationaux du Danemark, de l'Islande et des Pays-Bas pour exploiter conjointement un nouveau superordinateur qui permettra de réaliser des avancées significatives dans le domaine des prévisions météorologiques à court terme

Les quatre pays exploitent conjointement un superordinateur (haute performance) qui permettra d'établir des prévisions et des alertes météorologiques plus rapidement et plus précisément afin de protéger les vies et les biens.

La collaboration entre Met Éireann, l'Institut météorologique danois, l'Office météorologique islandais et l'Institut météorologique royal des Pays-Bas s'inscrit dans le cadre de l'initiative "United Weather Centres-West".  Cette initiative fait partie d'une collaboration plus large entre dix services météorologiques nationaux du Nord de l’Europe, connue sous le nom de "United Weather Centres" (UWC), qui prévoit d'exploiter un système commun de prévisions météorologiques multinationales d'ici la fin de la décennie. Dans ce cadre, les quatre pays tentent une réponse scientifique et technique au défi que représente la prévision du temps dans une atmosphère qui continue à se réchauffer et dans laquelle les événements extrêmes devraient être plus marqués et difficiles à prévoir.

Affichage aggrandi:

Prévu pour être opérationnel au début de 2023, le nouveau superordinateur fournira des prévisions météorologiques à haute résolution qui seront utilisées pour :

- fournir des avertissements météorologiques plus précis et opportuns qui permettront aux  services d'urgence de se préparer aux impacts potentiels des phénomènes météorologiques violents ;

- aider les personnes et les communautés à prendre de meilleures décisions pour protéger les vies, les maisons et les entreprises lorsqu'elles sont touchées par des événements météorologiques extrêmes tels que des vagues de chaleur, des inondations ou de fortes chutes de neige ;

- permettre au secteur agricole de prendre des décisions plus rapides pour protéger et mieux gérer cultures et bétail ;

- fournir des informations plus rapides et plus ciblées aux communautés maritimes ;

- soutenir les secteurs du transport et de l'énergie avec des informations météorologiques plus détaillées et plus opportunes afin d'accroître les avantages économiques et environnementaux.

Affichage aggrandi: Représentation d'un modèle de prévision numérique du temps
Représentation d'un modèle de prévision numérique du temps
@Wikipedia

Les prévisions météorologiques modernes reposent sur la prévision numérique du temps, soit un choix d'équations mathématiques offrant une approximation du comportement de l'atmosphère réelle. Ces équations sont résolues, à l'aide d'un ordinateur, pour obtenir une simulation accélérée des états futurs de l'atmosphère sur une grille de calcul représentant les différents points de l'atmosphère dans 3 dimensions. Le logiciel mettant en œuvre cette simulation est appelé un modèle de prévision numérique du temps. Ces prévisions numériques s’appuient donc sur une connaissance précise des lois de la physique de l’atmosphère et une connaissance précise des conditions initiales (c'est à dire des valeurs des variables au moment choisi pour le début de la prévision).

La prévision nécessite ainsi de grandes quantités de données provenant d'observations météorologiques, de conditions atmosphériques et d'images satellites, ainsi qu'une puissance de traitement considérable que seul le calcul à haute performance (CHP) permet d'obtenir. En combinant les ressources nationales, le nouveau supercalculateur de l'UWC-West représentera un énorme bond en avant dans les capacités de prévision météorologique de chaque pays  : il effectuera 4 X 10 puissance 15 calculs par seconde, traitera 10 millions d'observations météorologiques toutes les 24 heures, lira 6 millions de lignes de code. Cela permettra de produire des prévisions météorologiques détaillées toutes les heures, ce qui est particulièrement critique en prévision de phénomènes météorologiques violents.

Entièrement alimenté par des sources d'énergie hydroélectrique et géothermique islandaises renouvelables et tirant parti du climat tempéré local qui maintiendra les composants du superordinateur au frais, les coûts d'exploitation et l'empreinte CO2 seront réduits au minimum, ce qui permettra d'économiser des tonnes de CO2, conformément aux engagements des quatre nations en faveur du "zéro émission".

 

Article original sur le site de Met Éireann

Commentaires (4)

  1. Casper, 14.11.2021, 17:50

    Bonjour,
    Est-ce que cela va permettre de meilleures prévisions pour la Suisse? Depuis une bonne année je constate une baisse de la fiabilité de vos prévisions. Par exemple, hier il ne devait pas y avoir de soleil sur le Leman et aujourd’hui la prévision indiquait des éclaircies qui ont eu lieu. De tels changements étaient rares il y a plus d’un an. Ce constat est fait par de nombreuses personnes de mon entourage. Est-ce du à la baisse du trafic aérien au dessus de l’Atlantique à cause de la pandémie qui réduit le nombre d’observations ?
    Merci pour votre retour.

    1. MétéoSuisse, 17.11.2021, 16:55

      Bonjour,
      Ce regroupement a pour but d'améliorer les prévisions à court terme pour les pays d'Europe du Nord, le modèle en question ne recouvre pas la Suisse.
      Nos prévisions sont vérifiées en continu et les scores de vérification n'accusent aucune baisse de leur qualité sur la dernière année. En revanche, il faut garder à l'esprit que les prévisions locales et les pictogrammes sont générés automatiquement. Lorsque la prévision automatique n'est pas tout à fait juste, ce qui arrive parfois en situation délicate (stratus se dissipant uniquement partiellement, orages etc) il faut s'en tenir aux bulletins textes produits manuellement par les prévisionnistes.

  2. SC, 14.11.2021, 15:10

    Bonjour,

    quelles sont les raisons de ne pas voir plus de synergies telles que celles ci entre les nations qui souvent font des calculs similaires chacun de leur côtés ?

    Merci

    1. MétéoSuisse, 15.11.2021, 10:20

      Bonjour,
      La météorologie est justement un exemple d'excellente collaboration internationale. Les échanges se font au niveau des données récoltées à l'échelle du globe. Les modèles numériques sont presque tous des collaborations internationales, y compris au niveau de modèles à maille fine. Le modèle Cosmo utilisé par MétéoSuisse, par exemple, est un consortium auquel participent aux côtés de la Suisse l'Allemagne, l'Italie, la Grèce, la Roumanie, la Pologne, la Russie et Israël. Dans le domaine de la modélisation du climat, la collaboration internationale est également la règle, par exemple en Europe pour le modèle ECMWF, ou le projet Copernicus.