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La GAW fête ses 30 ans

16 avril 2019, 2 Commentaire(s)
Thèmes: Météo

Le Programme de Veille de l'Atmosphère Globale (ou Global Atmosphere Watch) de l'OMM célèbre cette année son 30e anniversaire. Ce programme, qui concerne une centaine de pays, vise à forger une compréhension globale de la composition et des changements de l’atmosphère.

LA GAW coordonne les observations à l'échelle locale et mondiale et fournit des informations scientifiques à un large éventail d'utilisateurs, y compris les décideurs, sur des sujets liés à la composition chimique de l'atmosphère. Le programme appuie les accords internationaux sur l'environnement et le climat et améliore notre compréhension du changement climatique et de la pollution grâce à ses travaux sur les gaz à effet de serre, les aérosols et l'ozone troposphérique et stratosphérique.

Un peu d'histoire

Dans les années 1950, l'OMM a lancé un programme sur la chimie atmosphérique et les aspects météorologiques de la pollution atmosphérique permettant de transformer  les premières mesures sporadiques en observations régulières.  Ce programme a déterminé qu'une collecte adéquate des données - et l'analyse de leur impact anthropogénique à l'échelle mondiale - exigerait que toutes les mesures soient exprimées dans les mêmes unités et à la même échelle, afin que les mesures effectuées par différents pays puissent être comparables.

Les premiers pas vers la réalisation de cet objectif ont été faits au cours de l'Année géophysique internationale de 1957. L'OMM a commencé à élaborer des procédures normalisées pour l'observation uniforme de l'ozone et a mis en place le Système mondial d'observation de l'ozone (GO3OS), qui comprend des comparaisons de sondages et de sondes mesurant l’ozone, la préparation des bulletins sur l'ozone et le soutien du Centre de données sur l'ozone à Toronto, au Canada (qui deviendra plus tard le World Ozone and Ultraviolet Radiation Data Centre). L'OMM a également coordonné le réseau de spectrophotomètres Dobson, puis Brewer, pour mesurer l'ozone atmosphérique total.

Affichage aggrandi: Spectrophotomètre Brewer mesurant la colonne d'ozone
Spectrophotomètre Brewer mesurant la colonne d'ozone

A la fin des années 1960, le Réseau de surveillance de la pollution atmosphérique (BAPMoN) a été mis sur pied, axé sur la chimie des précipitations, les aérosols et la mesure du dioxyde de carbone. Le Réseau comprenait des stations dans différents pays ainsi qu'un Centre mondial de données de l'OMM aux USA.

Au cours des années 1970, trois thèmes sont mis en avant  :

1) la menace que représentent les CFC pour la couche d'ozone

2) l'acidification des lacs et des forêts dans de grandes parties de l'Amérique du Nord et de l'Europe, due principalement à la transformation du dioxyde de soufre en acide sulfurique par les processus de précipitation dans l'atmosphère, et

3) le réchauffement planétaire causé par l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Chacun de ces thèmes fait maintenant l'objet de traités ou de conventions internationales. L'élaboration initiale de ces accords et les évaluations ultérieures des mesures d'atténuation qu'ils contiennent reposent dans une large mesure sur les informations tirées du programme d'observation et d'analyse de la composition atmosphérique de l'OMM.

Affichage aggrandi: Station de la GAW Neumayer en Antarctique
Station de la GAW Neumayer en Antarctique
@OMM

En 1989, les deux réseaux d'observation, le BAPMoN et le GO3OS, ont été regroupés dans l'actuel Programme de Veille de l'Atmosphère Globale de l'OMM.

Les observations sur l'augmentation des concentrations de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre sont intégrées dans le Bulletin annuel sur les gaz à effet de serre, qui informe les décideurs lors des négociations annuelles des Nations Unies sur les changements climatiques.  L'OMM est en train de mettre au point un système d'information sur les gaz à effet de serre qui servira de pont entre la science et la politique pour l'identification et la quantification des émissions et puits de gaz à effet de serre.  Le réseau de mesure d’ozone, qui comprend des stations en haute montagne, dans l'Arctique et l'Antarctique et sur des îles isolées, surveille la couche d'ozone stratosphérique protectrice, ainsi que les polluants comme l'ozone troposphérique et les aérosols.

Le réseau en Suisse

La station de recherche alpine de haute altitude Jungfraujoch (3'580 mètres au-dessus de la mer) est l'une des quelques 31 stations du réseau mondial GAW pour la surveillance de l'atmosphère.

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Sa localisation en haute montagne permet de contribuer à la recherche sur  la composition atmosphérique en dehors de la couche limite polluée. Quatre stations du réseau de mesures suisse (Arosa, Payerne, Rigi et Thalwil) font partie du réseau mondial GAW auquel elles fournissent des séries de mesures. Sept autres stations (Berne, Chaumont, Davos, Locarno-Monti, Sion, Tänikon et Zimmerwald) sont rattachées au réseau GAW via des réseaux associés (stations contributrices).

Commentaires (2)

  1. Bernard Bau, 17.04.2019, 10:33

    Bonjour,

    Serait il possible de connaître régulièrement la valeur :
    - de la colonne intégrée en ozone en unités Dobson.
    - des UV A-B-C.
    Peut être la donnez-vous déjà.
    Avec mes salutations

    1. MétéoSuisse, 23.04.2019, 17:10

      Nous ne fournissons pas ces données, mais elles sont accessibles sur le site internet du Centre mondial de données sur l’ozone et le rayonnement ultraviolet. Par contre, je ne pense pas que les données soient mises à jour de façon régulière.

      https://www.woudc.org/data/explore.php?lang=fr