20 octobre 2006 / I. Giunta, T. Comment, G. Seiz
Arrivée de nouvelles technologies spatiales au service de la météorologie et de la climatologie
En quittant Baïkonour le jeudi 19 octobre, la fusée Soyouz a emmené à son bord MetOp-A, le premier satellite météorologique européen à orbite polaire. Les données que ce dernier nous transmettra dès qu'il sera en orbite présenteront de grands bénéfices pour la météorologie et la climatologie. Elles viendront utilement compléter les informations déjà fournies par les satellites européens Météosat à orbite géostationnaire. Elles s'intégreront de plus dans un programme spatial commun avec les Etats-Unis.
Jeudi 19 octobre 2006, le premier satellite européen à orbite polaire a été envoyé dans l'Espace, depuis la base spatiale de Baïkonour, au Kazakhstan. soyuz-on-launchpad.jpg, 145 KB
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MetOp-A est le fruit du travail commun de l'Organisation Européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) et de l'Agence Spatiale Européenne (ESA). ESA est responsable des aspects technologiques du développement jusqu'à la mise en orbite du satellite. Lorsque tous les paramètres orbitaux et instrumentaux seront stabilisés, ESA passera le témoin à EUMETSAT qui prendra seule le contrôle et la responsabilité du satellite.
MetOp est une famille de trois satellites (MetOp-A, MetOp-B et MetOp-C) mis successivement en orbite afin d'obtenir une couverture satellitaire jusqu'en 2019 au moins. Selon la tradition européenne, ces satellites allient une technologie innovatrice de pointe aux connaissances pratiques provenant d'une longue expérience internationale dans le domaine satellitaire.
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En orbite polaire, MetOp-A survolera la Terre à une altitude d'environ 800 km, selon une trajectoire passant par les Pôles. Son orbite sera héliosynchrone, c'est-à-dire qu'elle gardera toujours la même orientation par rapport au soleil. Le satellite effectuera 14 fois le tour de la Terre chaque 24 heures et couvrira tous ses points deux fois par jour.
Situé environ 42 fois plus près de la Terre que les satellites géostationnaires qui orbitent à une altitude proche de 36'000 km, MetOp nous offrira une résolution d'images nettement plus fine, surtout pour les hautes latitudes. Les images actuellement disponibles grâce à Météosat ont une résolution de 1 à 3 km au-dessus de l'Equateur. Cette résolution diminue à mesure que l'on s'éloigne de l'Equateur et que l'on se rapproche des Pôles (la résolution sur la Suisse est de 2 à 5 km). MetOp offrira des images ayant une résolution de l'ordre du kilomètre, pour tous les endroits survolés. Autant dire qu'il nous offrira des informations nouvelles et essentielles sur des lieux ayant jusqu'à présent une mauvaise couverture satellitaire.
Si MetOp-A est le premier satellite européen à orbite polaire, il ne sera cependant pas seul à orbiter selon une trajectoire de ce type. L'Agence Américaine pour l'étude des océans et de l'atmosphère (NOAA) possède depuis plusieurs années des satellites polaires. Afin d'optimiser les passages des différents satellites en un lieu donné, EUMETSAT et NOAA ont signé un programme conjoint (sous la dénomination IJPS) confiant au satellite européen le service de «l'orbite du matin» (c'est-à-dire que le satellite franchira l'Equateur le matin, en heure locale) tandis qu'un satellite américain s'occupera du service de «l'orbite de l'après-midi».
Dans nos régions, MetOp permettra d'obtenir des informations très détaillées, complémentaires de celles livrées par Météosat. Les brouillards ou les orages par exemple, qui sont des événements météorologiques parfois très locaux, pourront être décrits plus précisément, permettant ainsi d'améliorer la qualité des prévisions, et de ce fait la sécurité de certains utilisateurs, dans le domaine aéronautique notamment.
Les modèles numériques de prévision profiteront également de l'arrivée de MetOp. Les informations fournies par le satellite seront directement ou indirectement intégrées dans les modèles de prévision météorologiques sur une échelle globale, européenne et locale; elles permettront d'augmenter encore la précision et la fiabilité de ces derniers. ALMo, le modèle numérique alpin développé par MétéoSuisse devrait notamment tirer bénéfices de ces nouvelles données et voir ses résultats s'améliorer encore.
MetOp-A a emmené à son bord une nouvelle gamme d'instruments de sondage de pointe qui nous livreront des informations essentielles sur la température et l'humidité dans l'atmosphère, avec une grande résolution verticale. L'interféromètre de sondage atmosphérique dans l'infrarouge (IASI) fournira des mesures très détaillées de la température et de la vapeur d'eau atmosphérique. Il permettra de déterminer des profils de température et d'humidité d'une résolution verticale d'un km, avec une précision de 1°C et de 10% respectivement et un échantillonnage horizontal de 20 km. De nouvelles mesures d'ozone et de concentration de gaz particuliers seront également possibles grâce au spectromètre GOME-2. Le scatteromètre ASCAT mesura la direction et la force du vent à la surface des océans; ces nouvelles données nous permettront d'améliorer notablement la qualité des prévisions en toutes régions et non seulement dans les régions océanes. La sonde micro-onde MHS permettra une meilleure description du contenu en eau et en cristaux de glace des masses nuageuses.
Deux entreprises suisses ont participé au développement
Il est à noter que deux entreprises suisses ont participé au développement et à la construction de MetOp. L'entreprise Contraves Space AG à Zurich a développé et construit la structure, c'est-à-dire le squelette du satellite. Elle a également développé et construit le mécanisme de scannage du IASI.
L'entreprise Syderal SA, sise à Gals près de Neuchâtel, a quant à elle développé des composants électroniques centraux pour ASCAT, IASI et MHS, trois des instruments à bord de MetOp.
Renseignements complémentaires
MeteoSvizzera Locarno Monti, Igor Giunta, tél. 091 756 23 11
MétéoSuisse Genève, Tamara Comment, tél. 022 716 28 28
MeteoSchweiz Zürich, Alex Rubli, tél. 044 256 91 11
SBF Bereich Raumfahrt, Urs Frei, tél. 031 322 96 91